Voy. Correspondance, t. II, p
présence de M. Beyle n'était plus nécessaire à Ancône. Je dois des éloges au zèle qui l'a porté à se charger de cette commission désagréable et difficile. Il Ta remplie avec beaucoup de talent et de sagesse. Je prie Votre Excellence de lui en exprimer sa satisfaction. Je pense aussi qu'il sera de toute justice de lui tenir compte des frais extraordinaires auxquels il a dû se voir entraîné. J'aurai l'honneur de faire, à cet égard, des propositions à Votre Excellence, quand je me serai procuré les renseignements nécessaires. »
Stendhal profita de la bonne impression produite au ministère, tant par les rapports très complets qu'il adressait sur la situation politique en Italie que par le succès de sa mission à Ancône, pour solliciter un congé que ses atfaires personnelles lui rendaient indispensable :
« Des affaires de famille, écrivait-il, me font désirer de passer quelques jours à Grenoble, ma patrie, pendant le mois de juin ou de juillet. J'ai l'honneur de solliciter auprès de Votre Excellence un congé d'un mois. Mon service ne souffrirait nullement de cette courte absence ; tout se passera comme pendant la mission que je viens de remplir à Ancône. Mon chancelier s'est acquitté d'une
manière fort convenable des fonctions qui lui avaient été confiées. Je ne me servirai du congé d'un mois que je sollicite des bontés de Votre Excellence qu'autant que ma présence sera absolument nécessaire à Grenoble. »
Sa demande ayant été ajournée, il la renouvela quelques mois après avec plus d'instances :
« Je prends la liberté de solliciter de nouveau auprès de Votre Excellence un congé d'un mois pour aller à Grenoble, ma patrie, terminer des affaires de famille. J'avais eu l'honneur de demander ce congé pour le mois d'août ; ma demande, approuvée par S. E. M. le comte de Sainte-Aulaire, a été ajournée jusqu'à l'époque où les comptes des dépenses faites à Ancône seraient parvenus au ministère de la Marine. Ces comptes ont été reçus. Si je puis parvenir à arranger mes petites affaires par lettres, je ne ferai pas usage du congé que je sollicite auprès de Votre Excellence. »
Le congé demandé lui fut enfin accordé le 16 octobre 1S32. C'était la juste récompense des services rendus et des précieux renseignements que ses dépèches, sous une forme toujours claire et souvent spirituelle, fournissaient sur les affaires d'Italie. Beyle avait su profiter des circonstances
pour faire apprécier sa droiture d'esprit et sa sûreté de coup d'œil. Il avait bien débuté, et, dans la lettre qu'il écrivit au ministre en janvier 1833 pour le remercier de la faveur obtenue, il pouvait dire de lui: « J'ai établi les rapports les plus désirables avec les autorités du pays, et M. l'ambassadeur a daigné, plusieurs fois, rendre hommage à la façon dont se fait le service du consulat que S. M. m'a confié. »
Ses rapports avec M. de Sainte-Aulaire, ce « chevalier français », étaient en effet excellents. « Si le hasard, disait-il, m'avait fait aide de camp d'un tel homme à dix huit ans, au lieu du général Michaud, je serais bien plus poli \ x> Quant à la bonne opinion que Beyle avait de lui-même comme consul, c'est en étudiant sa vie dans les fonctions modestes mais délicates, où désormais il va être obligé de se renfermer, que nous pourrons en apprécier la justesse. Pour être d'un intérêt moins général, sa correspondance officielle ne nous en offrira pas moins encore plus d'une page intéressante. Mais avant de nous fixer dans la ville où