Correspondance, t. II, p
de la visite du pape suffisent à montrer en effet que, si ce prince échappait en de rares instants aux idées et aux préjugés de son entourage immédiat, il était le plus souvent soumis à des influences qui s'exerçaient presque toujours dans un sens hostile à la France et aux idées qu'elle représentait. Les extraits suivants permettront d'en juger :
« Hier, 21, Sa Sainteté est allée aux Alumières; aujourd'hui elle est allée voir les salines de Corneto. J'espère que ce soir elle honorera de sa présence le bateau à vapeur le Sully. Je me suis entendu à ce sujet avec M^' Fieschi, maestro di caméra de Sa Sainteté. Sa Sainteté montre la vigueur, la force et la gaieté d'un homme de vingt
ans. xM. Sebregondi est constamment avec elle
Sa Sainteté est arrivée aujourd'hui à une heure après midi. Sa voiture a été dételée aux Case- Nuove, à cinq cents pas de la ville. Les premiers négociants de la ville, >IM. Guglielmotti, Defilippi, Alberti, etc., ont traîné la voiture du pape jusqu'à la porte. Là, Sa Sainteté est descendue et elle a traversé à pied toute la ville pour venir à son palais. Sa Sainteté s'est arrêtée pour lire l'inscription de l'arc de triomphe qu'on avait élevé sur la place de Saint-François ; elle est entrée dans l'église
de ce nom pour faire sa prière. Sa Sainteté paraissait fort sensible à l'accueil qu'elle recevait et qui, réellement, n'a rien laissé à désirer.
« Je suis dans mon lit avec la fièvre et la goutte depuis deux jours ^; je me suis fait soigner aujourd'hui et j'espère demain pouvoir me présenter à l'audience de Sa Sainteté avec les autres consuls.
« ... Sa Sainteté est arrivée de Rome à Cività- Vecchia le 20 mai ; elle était accompagnée de sa cour, de MM. les ministres des finances et de la guerre et de M. Sebregondi, agent autrichien, qui ne l'a pas quittée un instant. Sa Sainteté a été reçue de la façon la plus satisfaisante. J'étais retenu au lit depuis deux jours par la fièvre, ce qui m'a empêché de me rendre à l'audience que Sa Sainteté a accordée aux consulsMe jour de son arrivée. J'ai envoyé à ma place M. Lysimaque Tavernier, chancelier du consulat, lequel a été reçu de la façon la plus distinguée ; Sa Sainteté ayant témoigné une vive curiosité relativement au procès que la cour des Pairs juge à Paris, j'ai cru devoir adresser à M^^Fieschi, maestro di caméra, les deux premières dépèches télégraphiques des 6 et 7, que je venais