‹ Stendhal diplomateChapitre 4 sur 59 · Correspondance, t. II, pp. 134 et 137 et passim · texte numérisé non relu

Correspondance, t. II, pp. 134 et 137 et passim

D'une rare puissance d'analyse et de pénétration, à la fois assez cosmopolite pour s'adapter à la vie du pays dans lequel il habitait et assez patriote pour ne jamais oublier les devoirs qui s'imposent au représentant d'une grande nation, capable de se faire bien venir aussi bien dans la meilleure société que parmi les petites gens. Stendhal avait donc beaucoup des qualités qui font le diplomate. La meilleure preuve que nous en puissions donner, c'est de le voir à l'œuvre.

Le mariage de Marie-Louise. — Le conclave de 18"29. — Stendhal consulté par la cour de France sur le choii d'un pape. — Chateaubriand ambassadeur à Rome. — Election de Pie VIII.

Si Ton en croit le meilleur biographe de Beyle, M. R. Colomb, qui fut son ami d'enfance et son exécuteur testamentaire, l auteur de Le Rouge et le ydr aurait fait ses premières armes dans la carrière diplomatique en ISIO, k l'occasion du mariage de Marie-Louise etde Napoléon « Beyle, dit-il, dont la capacité et la discrétion avaient pu être appréciées dans maintes circonstances, participa aux travaux et aux négociations qui précédèrent ce grand événements » M. R. Colomb est généraralement trop bien informé pour qu'il soit possible de révoquer en doute son assertion, mais le rôle de Beyle dans l'affaire du mariage de l'archiduchesse

1. R. Colomb. Notice biograpJiique sur M. Beyle (de Stendhal), p. 25.

dut être assez peu important. NiThiers, ni d'Haussonville, ni Welschinger, si complets pour tout ce qui regarde cette négociation, ne prononcent son nom. 11 n'est pas non plus cité dans la correspondance de notre ambassadeur à Vienne, le comte Otto, bien qu'il s'y trouve plusieurs lettres du comte Daru à la personne duquel il était alors attaché. Enfin les mémoires de Metternich, récemment publiés, sont également muets à son endroit et luimême, dans les fragments qui nous restent sous le titre de vie de Napoléon, ne dit rien de la part qu'il prit à cette affaire.

Son rôle est plus certain dans l'affaire du conclave de 1829, qui donna le pape Pie VIII comme successeur à Léon XII. Ce rôle avait déjà été indiqué, bien qu'avec inexactitude, dans un article de M. Auguste Bussière publié par la Revue des Deux- Mondes presque au lendemain de la mort de Stendhal* ; mais depuis, il a été exposé avec détails par M. R. Colomb -, et enfin les Promenades dans Rome nous fournissent à ce sujet de précieux renseignements.

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