Parues dans la Revue des Deux- Mondes de 1836 à
Retour de Stendhal à Cività-Vecchia. — Cabale contre le cardinal Tosti. — Pronostics pour le futur conclave. — Affaires de détail du consulat de Cività-Vecchia. — Affaire du Dante. — Les statues de Cerveteri. — Départ définitif de Stendhal.
Beyle rentra à Cività-Vecchia dans les premiers jours du mois d'août 1839.
« D'après les ordres de Votre Excellence, écrit-il au ministre, j'ai repris la gérance du consulat de Cività-Vecchia aujourd'hui dix août... Je serais arrivé plus tôt, mais j'ai été retenu d'abord à Gênes, puis à Livourne, par des douleurs de goutte. »
Il retrouva les affaires de la cour romaine dans le môme état de désordre qu'à son départ. Le cardinal de Gregorio, en mourant, avait laissé au ministre des finances, le cardinal Tosti, la place libre auprès du pape. Ce prince était excellent.
« On aurait bien de Ja peine, disait Beyle, à trouver un homme aussi bon, aussi inoffensif' »; mais il se laissait trop dominer par son entourage. L'autorité dont jouissait le favori Gaetano Morone, d'abord barbier, puis valet de chambre du Saint-Père et fameux dans Rome sous le nom de Gaëlanino, devenait un véritable scandale. Quant au cardinal Tosti, il trouvait moyen de subvenir tant bien que mal aux besoins de la cour pontificale et de se maintenir ainsi; mais il était, à cause même de cette habileté et de la faveur qui en résultait, haï de tout le monde. « C'est le Prina de ce pays-ci^ », disait Stendhal, et il ajoutait encore : « Toute la cour de Rome, cardinaux, prélats, etc., montre de la haine pour M. le cardinal Tosti, pro-trésorier : on voudrait le faire passer à la place de secrétaire d'État pour les affaires intérieures, occupée par S. E. M. le cardinal Gamberini, avocat à Milan du temps du prince Eugène, et plus qu'octogénaire; mais M. le cardinal Gamberini ne veut pas donner sa démission et Sa Sainteté ne tient pas à le destituer. »