‹ Stendhal et ses amis; notes d'un curieuxChapitre 10 sur 16 · fr · texte numérisé non relu

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1 Voici comment le domaine de Claix entra dans la famille Beyle, d'après les pièces publiées en 1772 à Grenoble, d'un procès intenté par M' GiÉLv contre Jeanne Duperox :

n Le (loiiiaine de Ciaiv appartciioit à un sieur l$aron,qui institua pour son hérilier Joseph Beyle. légua une somme de GOOO livres à un sieur d'Armand, et une pension annuelle et perpétuelle de 60 liv. aux pauvres de Claix. .Joseph Beyle paya le legs de 6000 livres, et se rédima de la pension en albergeant deux articles de fonds à deux différents partu;uliers, sous la rente de 30 livres le chacun, qu'il délégua aux pauvres qui en jouissent encore actuellement. Ce domaine étoit d'ailleurs soumis à des cens

« Il y a So.ooo francs de dettes criardes; on suppose qu'elles sont trop fail)les de moitié.

« La gangrène est dans la fortune de mon père depuis quatre ou cinq ans qu'il emprunte à 8 %. »

Quand le père de lîeyle mourut, le -xo juin 1819, il

l'ont de Claix.

et renli's envers M'' de Saint-Ange ; Joseph Beyle les racheta au prix d'environ cinq mille livres. Il acquit d'ailleurs un fond de vingt sétérées de la première qualité, qui étoil complanté et environné de plus de deux cents noyers, que la demoiselle Duperon a fait couper pour le planter en hautins. Pour payer le legs de 6000 livres du sieur d'Armand, racheter les rentes de M'', de Saint-Ange et acquérir le fond de vingt sétérées, Joseph Beyle vendit un domaine qu'il avoit à la Tronche. »

Joseph Beyle, procureur au Parlement de Grenohle, mort en mars 1738. avait épousé Eléonore Coffe, morte le 28 mai 1763, chez son gendre Ollacnier où elle habitait. Joseph Beyle eut six enfants : l» Pierre Beyle, procureur au Parlement de Grenoble, époux de Jeanne Dlperon; 2° Joseph Beyle Despérouses, avocat au parlement de Grenoble, mort subitement le 17 novembre 1764, qui eut de son mariage avec Marie- Macjdeleine Monier, veuve Alrert, une fille Marie- Marcclinc-Eléonor qui épousa, en janvier 1764, Esjnit-Jean-Baptiste-Hnbert Giély, avocat au Parlement de Grenoble; 3° Catherine, épouse Allard Dlplantier; A° Jeanne, épouse Ollacnier; 5° Chérubin, cordelier; 6° Françoise, religieuse de Sainte-Marie.

4r, STENDIIAI.

laissait une fortune fortement amoindrie. An lien des 4.000 francs de rentes qne Beyle espérait, il ne tronva ponr sa part d'héritage qn'nne somme variant de ')0 à 5o.ooo francs; il perdit même le tiers de son avoir en i83i, l'année même de sa nomination au consulat de Civita-Vecchia. Voici une lettre qu'il adressait à son protecteur, Daru,au milieu des difficultés que soulevait le règlement de la succession paternelle.

<( Grenoble, le 30 août 1819.

(( Monsieur,

n J'ai eu le malheur de perdre mon père en juin. J'arrive d'Italie, et je trouve que la plupart des lettres que j'ai écrites depuis six mois ne sont pas parvenues en France. Je désire qu'une lettre que j'ai eu l'honneur de vous adresser au mois d'avril ait été plus heureuse. Je me féliciterais comme Français qu'on vous eut rendu quelque influence sur la chose publique; comme particulier, je prends une part bien vive à ce qui peut vous être agréable. Je dois aux dignités dont vous avez été revêtu de n'être pas un petit bourgeois plus ou moins ridicule, et d'avoir vu l'Furope et apprécié les avantages des places.

(( ]Mon père laisse des dettes énormes. S'il me reste 4.000 francs de rente en terre, je retournerai vivre à Milan; dans le cas contraire, j'irai faire à Paris le pénible métier de solliciteur. Comme la liquidation marche lentement, j'aurai le tems d'aller passer quelques

ET SDS AMIS. 47

semaines à Paris, et de vous renouveler de vive voix l'assurance de toute ma reconnaissance et du respect avec lequel j'ai l'honneur d'être,

« Monsieur, ce Votre très humble et très obéissant serviteur,

« H. Beyle. ))

« Monsieur le Comte Dani,

« Pair de France^ « Rue de Grenelle^ N" (S;>», Fi^. St-Germalii.

« Paris. ^ »

Beyle écrivait deux jours plus tard à l'un de ses amis : (^ Tl laisse dei dehiti infiniti; j'aurai de trente à cincpiante mille francs, voilà tout. J'ai trouvé cent vingt mille francs de dettes, phis deux mille cinq cents francs de rentes viagères, à servir annuellement; tous les aperçus (ju'on m'avait envoyés étaient exagérés, et ce n'est, comme vous voyez, qu'après vingt jours de courses et d'attention soutenue que j'y vois clair, w

Ils étaient loin les projets que formait Henri Beyle, un mois auparavant, le ^4 juillet, alors qu'il était encore en Italie :

« Si Henri avait pour sa part cent mille francs, comme cela paraît probable, il mettrait :

1 CuUecUon Henri Cordier.

4o.ooo f'r. à tonds perdu, à lop. loo. 4-o<>o f'-

4o.ooo fr. en rente i2.5oo

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