QUINZIÈME CAHIER
Lundi, 6 ventôse. — Maximum ofwit of my life (2).
Je sors à trois heures et demie de chezLouason ; j'ai été. pour la première fois de ma vie, brillant avec prudence et non point avec passion. Je me suis toujours vu aller, mai sans sêne pour cela, sans embarras ; je crois que je n'ai jamais été si brillant, ni si bien rempli mon rôle. J'étais en gilet, culotte de soie et bas noirs, avec un habit (bronze-
(1 ) Note de Beyleaubas de tapage : « Tendre passion, exemple frappant du ton servant de commentaire à la conduite, et du style servant de commentaire aux expressions ; tendre là est, ou d'un gamin, ou de Racine : le ton du style dit qu'il est à la Racine. » Maximum d'espVit de ma vie. (Str.
3o STENDHAL
cannelle), une cravate très bien mise, un jabot superbe. Jamais, je crois, ma laideur n'a été plus effacée par ma physionomie (i) ; j'y ai trouvé Felipe seule, qui est venue m' ouvrir. Elle a été enchantée de moi, et m'a donné beau jeu pour lui faire une déclaration, je lui apportais Racine.
Après quatre minutes de tête-à-tête, on a sonné, on n'a pas ouvert, je suis allé ouvrir moi-même. C'était Louason avec Mmo Mortier.
)Im° M-, arrivée devant la cheminée, m'a dit : — Il est impossible d'être mieux, etc., un compliment sur ma tournure en noir. L. me regardait et sentait le compliment. J'y ai répondu avec une gaieté noble et la politesse la plus aisée et la plus extrême. Voilà ce que j'ai été toute la séance, surtout envers Louason, mais cette politesse était bien loin de l'amour tendre et abandonné des autres jours.
Je l'ai très peu regardée en la faisant répéter. Voilà la seule chose qui ait pu paraître affectée, à elle seule ; les autres ne se sont aperçus que d'un peu de relâche dans ma manière d'être, enflammée ordinaire, et elle était parfaitement dans mon rôle (2).
Je lui ai appris quej'étais hier aux Français où elle était; cela a paru l'étonner. Dès ce moment, la passion a été réveillée en elle, elle a commencé à faire attention à ce qu'elle faisait.
En disant son rôle (le deuxième acte à' Ariane), elle m'a souvent pris la main avec toute la tendresse du rôle; elle l'a même, ce me semble, serrée trois ou quatre fois; j'étais extrêmement poli, mais je ne l'ai pas serrée.
Pendant le rôle, j'étais d'une galanterie charmante pour la petite Felipe. J'ai développé toute la beauté et toute la grâce dont je suis susceptible. J'ai dansé un instant avec
(1) Toute mon âme paraissait, elle avait fait oublier le corps, je paraissais un très bel homme, dans Je genre de Talma. (Note de Beyle au bas de la paçe.)
(2) Dz. a pris cette tranquillité chez moi, pour l'annonce du succès, t c'est le sens du couplet de Moncrif qu'il nous a chanté. (Note de Beyle.)
elle. Aussi, elle avait à sortir, elle a dit qu'elle reviendrait, et est effectivement revenue, chose qu'elle n'a, je crois, jamais faite.
Louason était, ce me semble, étonnée, attentive et immobile : voilà l'esprit de sa conduite.
Elle faisait des compliments à la petite Felipe sur son chapeau vert de mer, sur ce qu'elle pouvait porter cette couleur, et en même temps elle disait qu'il était mal fait. Je me suis approché et j'ai dit des choses agréables à F. ; elle a ôté son bonnet, il a été question de le mettre à Louason ; elle s'en est défendue, enfin elle s'est mise à me le mettre; j'y ai consenti, à condition qu'elle le prendrait ensuite. Elle trouvait, je crois, du plaisir dans l'action de me le mettre.
Je l'ai ôté, et, comme je la pressais de le prendre, elle m'a dit à mi-voix : « Vous voulez donc vous débouter de moi? » Ce propos me semble décisif. Je crois que j'ai répondu : « J'en ai besoin. •»
J'ai dit ensuite le deuxième acte du Misanthrope, et j'ai dit à Felipe, avec toute la grâce et la demi-passion (du monde) possibles : « Divine Felipe, venez répéter avec moi. »
La charmante grâce de ma déclamation a interdit Louason ; elle est restée étonnée, immobile, sans respiration.
Dz. a dit, au bout de vingt vers, à Mme M. de prendre Célimène. F. s'est allée mettre à côté de L. et Wagner, qui était le maximum du g-enre allemand aujourd'hui ; entre deux, L. leur a, je crois, parlé de moi.
Dz. m'a fait compliment sur une réplique de quatre vers ; il m'a dit qu'ils étaient parfaits, dans le caractère, etc. Au milieu de mon rôle, j'ai vu Louason demander du papier pour faire un billet. Elle l'a fait, je me suis approché d'elle, sans affectation, et je lui ai demandé si elle s'en allait; elle m'a dit qu'elle mourait de faim, et s'est assise.
Pendant son rôle, Dz. nous a chanté, à elle particulièrement, avec toute la g'aieté et la grâce possibles, un charmant couplet de Moncrif :
Belle bergère, vous avez tous les bergers tour à tour. Maïs je ne m'en plaindrai pas, vous faites passer un jour si doux (i).
Cela voulait dire : Après Wagner, vous avez Beyle (2). Au bout de quelque temps, j'ai été interrompu ; elle s'est levée pour s'en aller. Dz. a dit à Mme Mortier de commencer. Je suis sorti deux secondes après elle, que j'ai employées à donner mon billet à Dz.
Quand nous avons été tous les deux seuls sur l'escalier, elle était muette, interdite, sans résolution dans ses actions, me disant qu'elle ne me donnait pas le bras pour tenir sa robe, et me le donnant au même instant (3).
Elle avait son livre et son mouchoir à la main ; elle n'a pas osé me les donner; je lui ai demandé s'ils la gênaient, elle m'a dit que oui, et me les a donnés.
Nous avons continué, de chez Dz. chez elle, de la même manière : elle, parlant de ses rôles, sans amour (quelle différence avec la manière dont elle en parlait le jour du goûter! ) (4)- Ce jour-là, le rôle était, pour le moment, bien au-dessus de moi").
Nous sommes arrivés sous sa porte, je lui ai demandé si je pouvais monter, elle a paru étonnée de la question et m'a répondu avec un air qui disait: — Mais oui, bien entendu. Je tenais par hasard son livre de la même manière que le jour que je le lui rendis à la même place et que je m'en allais sans monter. Ça l'a troublée, je crois. Elle m'a dit quelques mots que je n'ai pas compris, elle était embarrassée ; elle m'a dit : « C'est que vous teniez mon livre comme le jour que vous me l'avez rendu et que vous vous êtes en allé. » Cela à peu près. Arrivés chez elle, le même ton a
(1) Beyle ne cite pas le couplet, mais en donne le sens. (Str.)
(2) Qui est dans une meilleure position pour juger que Dz. et qui a plus d'esprit pour cela, et cependant il se trompe également, je crois, sur nous deux. Puis fiez-vous aux on-dit du monde! (Note, de Beyle.)
(3j La finesse des parties qu'embrassent les arts est différente. Voilà qui est du domaine de la déclamation et qui est trop fin pour la poésie, mais il faut que le poète le sache, il doit y être profond. (Note de Beyle.)
(4, Le jour du goûter (3 ventôse}, Louason est appelée Mélanie. (Str.
continué, trouble de sa part et un peu de trouble aussi de la mienne ; tout ce qu'il m'en fallait pour être bien dans mon rôle.
Elle m'a dit, dans la route, qu'elle irait demain aux Français (à cause de Phèdre ).
Arrivée chez elle, elle s'est mise à faire l'éloge de la petite Felipe ; il paraît que c'est là sa manière pour toutes les personnes qu'elle craint, elle est adroite. J'ai été très modéré et très poli sur cet éloge. Elle s'est mise à me dire que je l'avais accompagnée avant-hier, et que la petite lui avait dit que je lui avais fait tant de plaisanteries en passant devant le Palais-Royal qu'elle en avait ri aux éclats tout le Iondu chemin. La petite lui aura exprimé, par ces mots, que j'avais été on ne peut plus aimable avec elle (i). Je lui ai répondu qu'il n'était pas, je crois, difficile de la faire beaucoup rire. Eli e m'a dit, après quelques mots embarrassés, pendant lesquels elle se promenait par sa chambre, tandis que je soufflais le feu, que mes grimaces, l'autre jour, l'avaient bien fait rire, lors de l'arrivée de M. Le Blanc. Je me suis défendu avec grâce, et, en abordant la passion sur le mot grimace, elle m'a répondu, en s'arrêtent devant son miroir, que, quand je serais son amant, ce dont j'étais bien loin.je ne l'empêcherais pas de recevoir du monde. L'explication que nous attendions tous deux commençait enfin.
Moi, au lieu de me lever et d'entrer en scène, comme j'en ai quelquefois la mauvaise habitude, j'ai continué à souffler le feu ; je lui ai fait une plaisanterie qu'elle n'a pas comprise. Tout en tripotant, j'avais l'oreille fixée sur ce que sa femme de chambre lui dirait; elle lui a dit à demi voix : «M. Le Blanc est venu à deux heures un quart, croyant qu'il en était trois.» J'ai recueilli. Nous en étions là, lorsque M. Chàteauneuf est venu pour la seconde fois. Nous
'i) La vérité est que je la fis rire deux ou trois fois, et que, le reste du temps, je l'occupai fortement d'elle. Je la plaisantai doucement et finement sur Lafond qui l'a eue ou l'a, et qu'elle aime un peu, je crois. Donc, occupez les gens d'eux. (Note de Beylc.)
allions nous expliquer, le raccommodement ne paraissait être que manqué, M- Le Blanc devant arriver à trois heures. J'ai vu arriver Châteauneuf avec un plaisir qui m'a étonné ; je croyais devoir en être triste et j'en étais content. Je ne démêle qu'à cette heure la cause de mon plaisir. Ces deux sensations sont curieuses à développer pour la connaissance de la tête et du cœur de l'homme.
J'ai reçu M. de Châteauneuf avec beaucoup de politesse, il nous a raconté sa vie; sa conversation était lente et infertile, au milieu des plus beaux matériaux possibles. Cet homme a l'esprit lent.
Je me suis bientôt rendu maître de la conversation, et je le faisais divaguer et changer de sujet avec une facilité qui m'étonnait. Il a demandé le Cid, MlleL. a cherché le livre, le lui a enfin donné ; à peine a-t-il dit un mot sur ce rôle et Lafond, que je l'ai fait parler d'autre chose, le livre à la main.
Je ne sais si L. aura remarqué cette preuve d'esprit, mais elle manquait à ma brillante journée, et j'en ai été bien aise.
Après avoir fait galoper mon homme par tout ce qu'on peut dire, je l'ai amené à Alfieri; il s'est trouvé qu'il l'avait beaucoup connu, et qu'il avait demeuré un mois chez lui, à Florence. A ces choses, mon enthousiasme pour ce grand homme s'est réveillé ; il m'a dit pendant quelque temps qu'il savait l'italien ; qu'Alfieri se plaisait à lui faire lire ses pièces, etc. — Je buvais ces détails, je me tenais coi, — enfin qu'il lui avait fait un sonnet sur le rôle d'Orosmane, qu'il avait joué devant lui, que 'ce sonnet avait couru toute l'Italie, etc.
Enfin, il m'a demandé avec négligence, par manière d'acquit, et comme sûr d'un non :
— Savez-vous l'italien?
— (Aveclameilleure prononciation) : Si, lo capiscomolto, sono siato tre anni in Italie, etc. (i) — Sa figure a
(i) Oui, je le comprends très bien, j'ai été (rois ans en Italie. (Sir.)
exprimé le plus vif étonnement et du plaisir. J'ai été beau jusqu'au sublime pour lui, et même j'ai commencé à être sublime. (Termes de l'art d'émouvoir, de la Poésie.)
Louason était attentive.
Après que ce sentiment a été puisé (naturellement, nous appuyions sur notre conversation, nous y mettions de grands temps), il m'a dit le sonnet du grand Alfieri dont les sixième, septième, etc., vers sont magnifiques, grands et profonds, et hautes vérités exprimées le mieux possible, dans un langage pompeux et plein de sentiment. J'ai laissé éclater mon sentiment, c'était l'expression de la plus vive admiration.
Louason lui a dit :
— Si vous continuez, Monsieur, il va devenir fou. Alors j'ai un peu contenu mon admiration ; il a fini, il
me donnait quelques faits sur Alfieri, qu'il dit marié à la princesse Albani ; on a sonné. Depuis l'entrée de M. Châteauneuf jusqu'à mon départ, mes regards ont exprimé à Louason la plus vive tendresse, elle en a baissé une fois les yeux de plaisir. On a sonné, j'ai changé trois ou quatre fois de position avec embarras, comme à l'approche d'une personne qu'on hait et à qui on veut faire bonne mine, tout cela pendant que L. B. (i) ouvrait les portes par où il faut passer pour entrer. J'ai oublié de dire, avant l'arrivée de Châteauneuf, que je lui avais parlé de L. B. avec haine, et, comme elle se préparait à me dire de quel droit je le haïssais, j'ai vu la question dans ses yeux et .je lui ai répondu :
— Il a des yeux qui me déplaisent ; c'est un homme qui me déplaît, vous ne l'empêcherez pas, j'espère.
Voilà le sens, son trouble augmentait, elle m'a dit en se rajustant devant sa glace :
— Vous êtes fou, je pense.
Châteauneuf est entré.
(i) Le Blanc, le rival de Beyle auprès de .Mélanie (Louason). (Sir.)
Au moment de l'entrée de Le Blanc, mon parti a été pris. Châteauneuf m'aimait pour les grands mouvements qu'il venait de causer en moi ; j'ai dit: « Jouons l'enthousiasme, ayons l'air entièrement absorbé dans ce que me dira Châteauneuf, faisons qu'il me parle et ayons l'oreille et l'attention fixées sur Louason et Le Blanc. » J'ai exécuté cela avec tant de force que j'ai été plusieurs moments sans concevoir ce que Châteauneuf m'adressait à moi seul, avec le plus vif intérêt. Je souriais et fronçais le sourcil de temps en temps, le moins mal à propos que je pouvais.
Voici ce qu'ont fait les deux personnages que j'observais : L. a pris l'air d'une femme qui reçoit son entreteneur, tendresse et amitié jouées ; elle s'est mise dans un fauteuil, donnant sa place à Le Blanc; celui-ci, voyant que Châteauneuf et moi étions absorbés ensemble, s'est mis à lui parler bas (le bas de la société de Paris, qui n'est pas soufflé comme le bas de province); il lui serrait les genoux, il s'est anis à tenir plusieurs propos d'entreteneur, entre autres : « Après les jours gras I »
Quoi après les jours gras? Vous verrez quelque surprise agréable qu'il lui prépare pour après les jours gras. Elle l'en a remercié par un sourire, mais non pas des yeux ;
Joué"
Pendant ce temps, sa lèvre supérieure changeait entièrement de forme, elle perdait la tendresse angélique pour prendre l'enjouement d'une catin, mais d'une âme tendre catin, comme Mars doit être dans la même occasion. Sa lèvre est ordinairement presque aussi droite que la mienne, elle est devenue presque aussi cambrée que celle de Mante; voilà mon idée, la première position, l'habitude ; la seconde, celle de volupté de catin.
(La nuit et la faim me chassent, je continue après dîner; deux heures et demie pour écrire ce qui précède.)
Toute ma conversation avec Châteauneuf tendait à l'engager à former une troupe où Louason jouerait. Dans cet endroit, la conversation est devenue générale. Le B. a dit
qu'il avait une salle en vue, mais que c'était encore dans les nuages. Quelques minutes après, Ghâteauneuf a dit : « J'ai aussi une salle en vue,
Mais nos mystères sombres Doivent s'ensevelir dans la mort et dans l'ombre. »
Je lui ai dit qu'il était terrible avec la mort, et qu'il fallait le fuir. Là-dessus, ne comprenant pas la plaisanterie, il m'a dit que c'étaient deux vers de Mahomet; j'ai continué à plaisanter, j'ai (pris mon chapeau et je suis sorti; je me suis donné un coup à la tète en passant la première porte. L. a dit, non pas avec beaucoup de tendresse, mais avec beaucoup d'émotion, de curiosité : « Vous allez vous tuer, » et puis aux autres, quand j'ai eu fermé la porte sur moi : « C'est un salpêtre ! » Ce mot avec beaucoup d'expression. Je ne pouvais pas finir la journée par une plus belle sortie.
Voilà sans doute la plus belle journée de ma vie (1); je puis avoir de plus grands succès, jamais je ne déploierai plus de talents. La perception n'était que juste ce qu'il fallait pour guider la sensation ; un peu plus, et je me laissais entraîner par la seconde. La perception me donnait assez de politique pour sentir s'il fallait dire un couplet, et, le premier mot lâché, je sentais ce que je disais ; il est impossible de mieux jouer la passion, puisqueje la sentais en effet. J'étais amoureux de Felipe lorsque je lui ai dit : « Divine Felipe, venez répéter avec moi. » Voilà ce qui me manquera à l'avenir. La perception l'emportera sans cesse davantage sur la sensation; je jouerai la passion avec plus de facilité, mais bien moins à s'y méprendre. Voilà, je crois, ce que fait Pacé, et j'avais un auditoire digne de moi! L., avec son âme, son genre d'étude et son expérience, est peutêtre la femme la plus difficile à tromper sur l'expression de l'amour.
(1) Pour le talent. Celle où je l'aurais serait bien plus belle. 1 Note ,de Baylc.)
J'ai déployé un grand talent; c'est la première fois que je l'ai vu en moi à ce point; c'est assurément le cas d'avoir une jouissance de vanité. Eh bien ! je l'ai senti hier, et je le sens encore aujourd'hui (7 v.), j'en suis absolument incapable. C'est l'amour seul qui me faittrouverde la douceur dans le souvenir de ma journée. Je ne désire que le bonheur que je puis goûter par l'amour de Mélanie, le reste est peu de chose.
Quand je me figure, à sa place, Mme Mortier, que je crois incapable de me donner aucun bonheur de sentiment, mon contentement cesse ; auprès d'elle, ma journée au milieu de ces succès renouvelés à chaque instant, eût été bien ennuyeuse.
Bien plus, quand je me figure Adèle of the gâte (1), tout le bonheur que j'ai n'est que celui que j'espère qu'elle pourrait me donner par le sentiment; et, comme j'en espérais très peu auprès d'elle, il est très petit.
Il en est de même en supposant Charlotte; je n'ai encore que le bonheur de l'amour.
Les jouissances de vanité existent donc à peine pour moi ; je ne les considère un instant que poussé par le désir universel que j'ai de connaître tout ce qui se passe dans l'homme.
Basset, Boissat, Tencin n'ont pas assez d'esprit pour concevoir un pareil succès; mais s'ils l'avaient, ils en seraient ivres pendant plusieurs jours.
Le soir, j'étais absolument épuisé, je n'ai rien pu faire ; j'aurais eu besoin d'une société où je pusse me reposer, un concert dans une maison où j'aurais été parfaitement libre; ne l'ayant pas, je me couchai à huit heures.
Pour exprimer la perfection du g-enre dans lequel j'ai excellé, je pourrais dire que j'ai joué, comme Mole, un rôle tel que Molière aurait pu l'écrire, en étant en même temps auteur et acteur.
(1) De la porte. (Str.)