A MADAME.,., A PARIS
Paris, le... 1824.
Quand je t'ai vue trois jours de suite, mon ange, il me semble toujours que je t'aime davantage, s'il est possible ; c'est que nous sommes plus intimes, c'est que ce qui nous sépare, ce sont les préjugés qui viennent de ta voiture, et qu'après trois jours d'intimité, chacun de nous, apparemment, ne tient plus à ses préjugés, et ne songe qu'à aimer et à être heureux.
Mon Dieu! que j'ai été heureux hier mercredi! Je mar-
que ce jour, car Dieu sait quand j'oserai t'envoyer cette lettre. Je t'écris per sfogarmi. Je t'aime tant aujourd'hui, je suis tellement dévoué, que j'ai besoin de l'écrire, ne pouvant le dire à personne. Si nous passions huit jours ensemble et que nos cœurs battissent toujours avec autant d'ardeur, je crois que nous finirions par ne plus nous séparer.
J'ai été moins heureux mardi, le jour des Frères Provençaux; j'étais un peu choqué. Mais le dîner d'hier a été parfait de bonheur, d'intimité, de douceur. Voilà, suivant moi, du moins, de ces moments qu'on ne trouve jamais, quand on se permet déjouer la comédie avec ce qu'on aime. — Je crois que je t'ai expliqué ce mot italien.