‹ Stéphanie; romanChapitre 2 sur 6 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

individualisme actuel. Instruite par l'audace sexu-elle des Agnès mêmes, si près de tout honnir, pour embrasser le bel Horace, que peut une adolescente contre son instinct chaleureuxi* L'écolier, qui, dès la tendre enfance, a vu son père, son oncle et son parrain applaudir Scapin bâtonnant son maître dans un sac, Chrysale préférant la soupe et les reprises du haut-de-cbausse aux curiosités- spirituelles, Mascarille réduisant au burlesque l'esprit des précieuses, Diafoirus transformant la science en âneries, comment peut-il, jeune homme, se défendre d'une indulgence périlleuse à l'égard des fripons, ou d'un goût honteux pour la médiocrité repue et chaudement culottée, ou d'un ignoble dédain pour la culture mentale?

Deux cent cinquante ans, les acteurs les plus vantés enseignèrent cette morale déplorable avec l'approbation des critiques, des professeurs, des académies. Bien pis> on., a, durant cette époque, averti l'univers que le véritable génie de la France, sou expression même, c'était la comédie de Molière! En sorte que les étrangers, malveillants, ou informés à

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demi de nos trésors réels, ricanent avec mison en comparant à ces panégyriques des humbles appétits les thèsesiiifiniment supérieures, symboligées dans les Deaxi Faust de Gœtke, dans VHamlet ou le Jules. Gé&aràe Shakespeare, dans le Sol/iess d'Ibsen. Tont naturellement puisque les Uttérateurs d ici, peu soucieux^ de notre gloire, démontrent si mal notre excellence incluse dans les Essais de Montaigne, le Polyeucte de Corneille, Y Armance de Stendhal, la Comédie Humaine de Balzac, h Satyre de Hugo et la Tentation de Flaubert.

Le « mal classique », c'est-à-dire le culte de la passion, dédaignant toutes les nécessités du groupe social, et les soumettant à la fièvre des appétits immédiats, ce culte prêché, sous d'autres formes, par Phèdre, Hermione et Bérénice, créatures de Racine trop émouvantes pour conseiller aux admirateurs 1 énergie d'Hippolyte, de Pyrrhus ou de Titus, ce culte de la passion exagéré par les romantiques encore, nous prépara la jeunesse inquiétante d'hier. Jusqu!au natui-alisme moralisateur à la façon des moines véhéments écoutés durant le moyen âge, tout le théâtre et le roman du

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