PRÉFACE. XIX
du Robespierre-à-cheval, frappa tant les esprits, par son apparente fatalité, que les poètes imaginèrent de justifier l'homme de proie, le conquérant, le bandit, celui qui fonde les empires autour de sa caverne ou de son aire. Le mépris farouche des faibles, l'ironie de Méphistophélès, cet aïeul de Zarathustra, furent empruntés aux imaginations allemandes et Scandinaves. L'orgueil d'Hernani et des Burgraves, la rage de Ruy Blas, le triomphe de l'Homme qui Rit, c'était de l'esprit nordique importé, en i8i4, dans les caissons des Alliés. Rien ne fut moins latin en notre terre gallo-romaine. Plus tard seulement, Hugo devait comprendre l'erreur. Il entonnera le chant magnifique de la Méditerranée, il dira la légende des siècles et la synthèse harmonieuse conçue par le Satyre en communion avec la totalité de l'univers sensible.
Hernani et le Satyre. La passion intime, jalouse, concrète, offensive. La passion altruiste, embrassante, abstraite qui saisit l'univers dans sa force. Voilà les deux figures de l'énergie humaine. Laquelle £aut-il choisir afin de voir clair sur la route de la "vie.^ Faut-il,