‹ Sterilisation De L'eau De Boisson: D'une Troupe En Marche Aux ColoniesChapitre 10 sur 16 · DES · texte numérisé non relu

DES

)ercée de trous. et recouverte d'amiante, dont l'extrémité. ure porte un embout qui sort “par ouverture du

sl : PRET ET A |

se > Denucoup à désirer ; il résulte d° expériences faites da ‘ils SRE sont peu efficaces pour arrêler les germes, ne donnant ainsi qu une sécurité illusoire, ils retiennent, en outre, en suspension, une partie des sels contenus dans l’eau. Ils sont donc “loin d'avoir atteint le but visé.

Il ressort de tout ceci que la filtration simple dé l'eau nous apparaît comme pratiquement inutilisable pour les troupes en marche. Son principal défaut est d'offrir d'autant moins de sécurité que son débit est plus rapide. Les filtres rapides | ne sont que des clarificateurs, ils laissent passer les germes. Les filtres lents ne peuvent être bons que pour des forma- tions fixes. es DE AE re Ar IN RE

SR es

Purification chimique.

Un procédé très en faveur aujourd'hui, à juste raison d’ailleurs, est l’épuration de l’eau par l'addition de substances chimiques. C’est une opération simple, facile, ne nécessitant la plupart du temps aucun matériel encombrant.

Bien des substances ont été indiquées comme susceptibles de stériliser l’eau d’une manière efficace.

Les anciens s’adressèrent d’abord aux plantes aromatiques pour rendre bonne à boire une eau souillée: la menthe, les amandes amères, les feuilles de laurier-rose, les semences de ricin ont été tour à tour employées. I est bien entendu que ces divers traitements ne sont nullement efficaces au point de vue microbien, ils se bornent à masquer le goût de Peau en lui donnant une saveur amère, le thé, le café, employés ainsi n agissent que par lébullition nécessaire pour faire l'infusion. L'alcool, le vin, la bière, agissent par leurs acides. | |

Nous arrivons aux substances chimiques proprement dites. Ce qu'il importe, avant tout, c’est que la substance microbicide, mélangée à l’eau ne donne pas naissance à des composés toxiques, qu'elle puisse être neutralisée facilement si elle est employée en excès, et qu'elle ne modifie pas les qualités organoleptiques de l’eau.

L’alun, utilisé depuis fort longtemps par les Chinois, pré-

Et

| conisé par Cornil en 1892 et Paul 1893, agit par précipitation, # par collage des matières organiques. [Il se forme du sulfate de chaux, et l’alumine, en se précipitant, englobe les substances en suspension dans l’eau. L’alun n’a aucune action sur les germes qu'il entraîne simplement dans un précipité gélatineux comme dans «un filet à mailles très serrées ». On ajoute un gramme d'alun par 3 litres d’eau, on obtient un précipité qui par le repos s’agglomère au fond du récipient, il ne reste plus qu'à décanter pour obtenir une cau excessivement limpide. Mais il ne suffit pas qu’elle soit limpide pour être bonne à boire et dans le cas présent Max Teich, de Vienne, a démontré que l’alun n'avait que peu ou pas d'action microbicide, le bacille typhique et le vibrion cholérique, entre autres, résistent à des doses très fortes de substance; il y a entraînement des matières organiques terreuses et parfois d’une partie des germes, mais l’alun n’est en somme qu'un clarificateur ne donnant qu'une sécurité trompeuse. C’est à ce titre de clarificateur qu'il est fort souvent employé par les troupes allemandes qui font ensuite bouillir l’eau traitée par l’alun ou s’en servent pour faire leurs infusions de thé ou de café.

É Les Indiens utilisent une graine, le Tétan-Cotté, agissant ab- . solument comme l’alun.

L'eau de chaux additionnée à l’eau à purifier sature lacide carbonique. précipitant les sels terreux avee une forte pro-

portion de matières organiques, mais elle est sans action

VE

sur les bactéries. ,

Plus intéressant est un procédé adopté officiellement en Autriche. la purification par l’hypochlorite de chaux. Etudié par Traube, il résulte des expériences de ce dernier qu'une très petite quantité de sel suffit pour détruire dans une eau, les germes pathogènes des principales maladies, de

= la fièvre typhoïde ou du choléra en particulier, mais Loede a ‘ montré que le bactérium-coli n'était pas détruit au bout de deux heures, qu'il fallait 30 fois plus de chlorure de chaux que ne l'avait indiqué Traube, qu'il fallait laisser

le sel en contact avec l’eau pendant plus de 30 minutes.

Schumburg, de Berlin, insiste en outre sur la difficulté qu'il

y a à transporter l’hypochlorite de chaux, car ce corps

s’altère vite sous l'influence de fa lumière, il perd ainsi

de sa teneur en chlore. Impossible à mettre en comprimés, il doit se transporter en poudre, mais sous l’action de la lumière il devient pâteux et deliquescent; le dosage en devient très difficile. L'eau traitée ainsi conserve un excès de chlore qui lui donne un goût très prononcé. Ce chlore peut être neutralisé par un peu d’'hyposulfite de soude, mais c’est une complication qui exige en plus une filtration conséculive.

. Le perchlorure de fer utilisé quelquefois, précipite les matières terreuses et organiques, il clarifie, mais ne purifie pas.

Le bisulfate de soude a été très employé en Angleterre durant la campagne sud-africaine pour tâcher d’enrayer les progrès de la fièvre typhoiïde. MM. Parkes et Rideal firent fabriquer des comprimés de 0 gr. 30 prétendant que cette dose était suffisante pour tuer les bacilles typhiques contenus dans un litre d’eau, après un contact de 5 minutes. M. le major Fith, qui expérimenta par la suite, ne donna pas de résultats aussi favorables; il confirma bien l’action bactéricide du bisulfate de soude, mais il faut 5 grammes de sel par litre d’eau pour opérer en 5 minutes. Cette dose, on le comprend, pourrait amener des troubles sérieux, s’il fallait faire un usage quotidien d’une eau ainsi traitée.

Il faut, en outre, neutraliser par du carbonate de soude l'acidité trop marquée de l’eau stérilisée par le bisulfate, ce qui complique encore l'opération.

Plus rapide et plus efficace est l’action des gaz oxydant, tels que l’ozone et le peroxyde de chlore.

On a beaucoup compté sur la stérilisation par l'ozone, . car grâce à ses propriétés oxydantes énergiques, c'est un bactéricide puissant, mais sa production nécessite des installations électriques importantes qui ne sauraient s'imposer aux troupes en marche aux colonies.

… F < \ ÿ } Ÿ À pa É

; 5 milligrammes de peroxyde de chlore employés par M.

Bergé stérilisent un litre d’eau d'égouts. Ce gaz est obtenu facilement par l'action de l’acide sulfurique sur le chlorate Fdé potasse, il nest pas toxique en solution étendue, l'excès

de gaz, une fois l'eau purifiée, s’élimine facilement, soit par

décomposition spontanée, soit en faisant passer le liquide QE travers une couche de coke, son énergie stérilisatrice est considérable; il semblerait donc que ce fut un procédé essenà tiellement pratique. Il n’en est rien, car le transport d'acide

Ss: sulfurique nécessaire à la formation du gaz est dangereux.

M. Bergé a cherché à résoudre cette question en employant

des solutions concentrées préparées à l'avance. Mais ces so- lutions doivent être enfermées en tubes scellés qui ne seront

ouverts qu'au moment précis de l'emploi, or le maniement, l'ouverture de ces tubes est une opération plutôt délicate

et non à la portée du premier venu; la fragilité de ces mé-

mes tubes en contredit de plus l’usage pour une colonne expéditionnaire. À

L'eau oxygénée à été utilisée à la dose de 5 centimètres cubes par litre. Mais ce procédé très coûteux n’est nullement

pratique en ce sens que l’eau oxygénée s’altère très vite.

Un médecin allemand, Schumburg, emploie le brome à la dose de 0 gr. 06 cent. par litre d’eau. La solution dont on se sert dans la pratique est la suivante:

PDODL RAM MTL AE Ne re te PE Apr iOt Bromure de potassium . .... 20 gr SE AO RE ee OT 100 gr.

: 20 cent. cubes de cette solution doivent stériliser 100 lLi-

tres d’eau, l'excès de brome est neutralisé par de l’ammoniaque, à 3 0/0. Ce procédé préconisé en Italie par le Professeur Testi a été employé par le service de santé militaire italien à l’occasion de la dernière campagne de Chine; mais il faut bien

considérer qu'après l'addition dammoniaque, il se forme de lhypobromite et du bromure d’ammonium, que ces corps

Page 1