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Les procédés employés jusqu'ici dans ce but n’ont donné que des résultats incomplets. Les filtres au charbon et à l'amiante (filtres Maignen, Breyer), clarifient l’eau, mais laissent passer des germes’ pathogènes.
Le filtre Chamberland, dit de campagne, est lourd, d’un transport difficile à la suite des colonnes de troupe dans les pays chauds, et il subit des détériorations qui le mettent rapidement hors de service. Les expériences faites pendant les expéditions du Dahomey et de Madagascar montrent que ce filtre ne peut être employé utilement que dans des postes fixes. PE. i à
D'autre part, le filtre Chamberland ne peut pas être utilisé par les hommes isolés. YA
Les mêmes objections s'adressent au filtre Berkefeld.
L’ébullition de l’eau donne d'excellents résultats; beaucoup de voyageurs ont échappé aux maladies endémiques des pays chauds, grâce à la précaution qu’ils prenaient de ne boire que de l’eau bouillie, sous forme d’infusions légères de thé, ou de café; mais, dans les pays chauds surtout, on ne peut pas demander au soldat fatigué, mourant de soif, de faire bouillir l’eau qu’il peut se procurer et d'attendre, pour la boire, qu’elle se soit refroidie,
L’alunage, employé en Chine et en Cochinchine, est très utile dans ces pays, où les eaux des fleuves sont fortement terreuses, mais, pour que ce procédé soit efficace, il est nécessaire que le dépôt auquel donne lieu laddition d’alun ait le temps de se faire; or, il faut au soldat un procédé rapide de purification de l’eau. L’alunage ne détruit, d'ailleurs, ou ne précipite qu'une partie des germes en suspension dans l’eau. :
La poudre qui a été préconisée par M. le docteur Burlureaux (chaux vive, bicarbonate de soude et alun) a les mêmes inconvénients.
« Dans le procédé que M. Lapeyrère propose d'appliquer à la purification de l’eau en campagne, l'eau est traitée d’abord par une poudre complexe, dont l'élément le plus actif est
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le permanganate de potasse, elle est ensuite filtrée sur un tissu réducteur, qui la clarifie et la débarrasse du permanganate en excès.
La composition de la poudre est la suivante:
Chaux vive, délitée et tamisée...…...…..,..…… 8 parties AUD LR TE NES Porte RE Carbonate = dérSondere om ie ve 4 — Permanganafe-de potasse,..5.....… Mr Ne Lee
L’alun en se décomposant en présence de la chaux, donne du sulfate de chaux; c’est pour débarrasser l’eau d’une partie du sulfate de chaux ainsi produit que du carbonate de soude à été ajouté à la poudre; il se forme, par double décomposition, du sulfate de soude et du carbonate de chaux insoluble.
La dose de poudre, par litre d’eau, varie de 0 gr, 25 à O0 gr. 50; c’est seulement pour des eaux très impures qu’il faut dépasser cette dernière dose. Une petite mesure est fixée au couvercle de la boîte dans laquelle est renfermée la poudre.
A un litre d’eau qu’il s’agit de purifier, on ajoute une mesure de poudre, soit Ogr.25, on agite et on attend quelques minutes: si la coloration rose de l’eau persiste, celà indique que la quantité de poudre employée est suffisante, sinon, on ajoute une deuxième mesure, et même une troisième, ou une quatrième.
Lorsqu'on s’est assuré que la coloration rose est persistante, on filtre Veau. de manière à la clarifier et à la débarrasser de Pexcès de permanganate.
Le filtre imaginé par M. Lapeyrère, se compose d’un étui en aluminium ou en laiton nickelé, de 6 cent. 1/2 de long, sur 18 millimètres de diamètre, ouvert à un bout, fermé à l’autre, par une rondelle métallique, que traverse un court tuyau auquel on adapte un tube de caoutchouc. Dans Fintérieur de l’étui métallique, on place la matière filtrante et réductricé du permanganate en excès. On peut employer,
pour cel usage, soit une éponge fine, soit un tissu de laine convenablement préparé. Le molleton de laine à longs poils des Pyrénées donne de bons résultats; il est rendu réducteur par des saturations et des dégorgements alternatifs de permanganate de potasse, |
Pour faire fonctionner le filtre, on le plonge dans le récipient où se trouve l’eau, en ayant soin d'élever un peu ce récipient et on aspire à l'extrémité du tube en caoutchouc. Une fois amorcé, le filtre continue à fonctionner par le mécanisme du siphon.
Le débit qui jau début de la filtration, est de un litre en 20 ou 25 minutes, baisse assez rapidement et d'autant plus vite que l’eau est plus souillée, le précipité plus abondant à la suite de l'addition de la poudre, mais il suffit de nettoyer le molleton placé dans le filtre, sans même avoir besoin de le sécher, pour que le débit remonte au chiffre initial.
Pour nettoyer le filtre, on retire le molleton et on le lave dans de l’eau additionnée de la poudre au permanganate de potasse.
Le filtre de soldat ne diffère du précédent que par sa longueur plus grande; il peut entrer dans le bidon du modèle réglementaire; on le laisse à demeure dans le bidon, en le fixant avec un morceau de caoutchouc, ou bien on le retire et on le met dans le sac. É
Le soldat remplit d’eau son bidon aux 5/6 environ, il ajoute Ogr.50 de poudre, puis il agite. Le filtre fonctionne comme le précédent; on peut aussi aspirer directement l’eau par le tube métallique sans se servir du caoutchouc.
Le procédé d'épuration de l’eau proposé par M. Lapeyrère est-il efficace? est-il pratique, notamment pour les troupes en campagne ?
Nous nous sommes assurés que les microbes pathogènes qui souillent le plus souvent l’eau (bacilles de la fièvre tvphoiïde, spirille du choléra), sont détruits dans l’eau purifiée par ce procédé; certains microbes sporulés, comme le « Bacillus Subtilis », résistent, mais il s’agit presque toujours de microbes non pathogènes.