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L'eau filtrée est claire, incolore, l’excès de permanganate est très complètement réduit.
Le petit filtre cylindrique de voyage, imaginé par M. Lapeyrère, est pratique, il est léger, solide, de très petit volume; son fonctionnement est simple, son nettoyage facile. Le tissu réducteur employé pour débarrasser l’eau de l'excès de permanganate de potasse, donne d'excellents résultats.
Le bidon-filtre destiné au soldat nous semble beaucoup moins pratique que le précédent. Le soldat qui mettra l’eau dans son bidon et qui ajoutera ensuite une mesure de la poudre, ne saura pas sj cette quantité est suffisante, si la coloration rose persistante de l’eau a été obtenue.
Le bidon, qui est en métal, réduira le permanganate, alors même que le métal employé sera l'aluminium; d’ailleurs, le soldat met souvent dans son bidon une infusion de thé ou de café, dont les restes réduiront rapidement le permanganate.
La purification de l’eau sera donc aléatoire et l'emploi de la poudre inspirera une sécurité trompeuse.
Le bidon, encrassé, sera difficile à nettoyer, et le métal s’altérera. |
Pour ces motifs nous doutons que le bidon-filtre, mis entre les mains des soldats, puisse donner de bons résultats.
Nous pensons qu'en campagne, la purification de l’eau destinée à la boisson, se fera mieux si elle est pratiquée par un groupe d'hommes (escouade où compagnie), que si elle est laissée à l'initiative individuelle, et par suite, mal surveillée.
Les hommes ne sont pas souvent isolés en campagne, pour ce cas particulier on pourrait avoir en réserve des filtres analogues au filtre cylindrique de poche imaginé par M. Lapeyrère, ce modèle nous paraît bien supérieur au bidonfiltre.
En terminant ce rapport, nous sommes heureux de constater que les recherches de M. Lapevyrère sur la purification de l’eau en campagne, présentent un grand intérêt et qu’elles marquent un progrès dans l'étude de cette importante question,
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Nous proposons de classer très honorablement le travail de M. Lapeyrère dans nos archives et d'adresser des remerciements à l’auteur.
Les conclusions du présent rapport, mises aux voix, sont adoptées. |
Le 9 janvier 1900, M. Laveran revenait sur cette question et faisait un nouveau rapport à l’Académie de Médecine, nous en extrayons les principaux passages:
« Dans notre premier rapport, nous avons, M. Hanriot et moi, constaté l'efficacité du procédé de purification de l’eau préconisé par M. Lapeyrère, tout en faisant des réserves au sujet du modèle de filtre individuel du soldat, modèle qui nous paraissait peu pratique; nous avons émis l’opinion qu'un filtre d’escouade serait moins sujet à se détériorer qu'un filtre individuel et qu'il serait plus facile à surveiller, : ce qui est un point des plus importants pour les filtres en général et pour les filtres qui doivent être mis entre les mains du soldat en particulier.
» M. Lapeyrère, tenant compte de ces considérations, a fait construire un nouveau modèle de filtre qu'il décrit sous le nom de filtre d’escouade ou de famille.
» Dans le premier travail qu'il a adressé à l'Académie, M. Lapeyrère préconisait, comme matière réductrice, un tissu de laine à longs poils, débarrassé de suint et saturé ensuite d'oxyde brun de manganèse; en présence du permanganate, cet oxyde passe à un degré supérieur d'oxydation, et le permanganate est décoloré; notre confrère donne aujourd'hui la préférence à la tourbe purifiée, qui reste inaltérable dans l’eau, à l'abri de l'air; la tourbe, d’un maniement facile, possède un pouvoir réducteur considérable et très constant.
» La tourbe, ou ulmine, fixe rapidement l'oxygène à l’état naissant en formant de l'acide ulmique.
» La quantité d'acide ulmique qui reste dans l’eau filtrée est trop faible pour exercer une action nuisible.
» Ce filtre, dit d’escouade ou de ménage, nous paraît bien préférable au modèle de filtre individuel du soldat, qui avait