CHAPITRE V
iVxiilVAIN XIXISTtP.IKL
Mon oncle m’employa ii écrire un pamphlet pour défendre le ministre, — non pas celui de l’Évangih'. J’obéis a ses ordres et lui remis un manuscrit qu’il porta comme étant de lui a Sir Robert.
Ce dernier l’approuva; mon œuvre fut envoyée à l’impression et procura de ravancement à mon oncle, — mais elle nuisit a Sa Seigneurie, — (jn elle tint en dehors de la Chambre des Lords pcmdaul le resle de la session septennale .
Voici la méthode dont j’usai dans ce pamphlet. — Je r(‘unis tous les griefs élevés contre le ministre depuis son entrée dans l’administration, et lui-méuu‘ répondit par une négation absolue a chaque j)oiul d’accusation; — j’appuyai 1e tout sur mes projires hiformations positives et autres autorités irrécusables: — j’allirmai que j’étais, non pas un rourtisati , je n’en avais même jamais connu aucun , mais un simple gentilhomme campagnard , jouissant d’une fortune indépendante , el ne s’étant jamais
Digilized by Coogle
cassé la télé a propos ùcs disputeft des partis, vulgairement appelés politiques ; — mais que, choqué delà licence des temps, je m’étaisengagé comme volontaire au service de mon roi et de mon pays, pour défendre la vertu et l’intégrité ministérielles.
d'affirmai que le prix élevé des denrées, dont on se plaignait tant, avait pour causes la richesse et rabondance qui afiluaient journellement dans le royaume, sous les auspices de notre ministre, — que l’augmentation des impôts et l’élévation des loyers étaient le gage le plus certain de la prospérité d’une nation, — que la cherté du marché et les nouvelles taxes du gouvernement doublaient nécessairement l’industrie, — et qu’un accroissement de celte espèce naturelle de produits ajoutait au capital de la communauté.
Je déplorai les effets désastreux qu’on devait attendre de toutes ces colères, de toutes ces animosités, de toutes ces injures qui, j'avais de bonnes raisons pour l’affirmer, disais-je, n’étaient qu’un moyen détourné de pousser a la trahison, — car, en malmenant le ministre, c’était le roi qu’on attaquait.
C’est ainsi que les prêtres dissolus, tombés en horreur ou en mépris, déclament contre l’impiété du siècle et rejettent sur l’athéisme des laïques le scandale et les reproches qu’ils ont attirés euxmêmes sur leurs fonctions.