PARTIE I
ne pas essayer a les appliquer un j>eu à iiion prolit!
Je venais d’entrer dans les ordres. — J’écrivis un sermon, je le prêchai et le publiai. — Mais il in’csi aussi odieux de raconter deux fois une hisloire qu’aux autres de l'entendre une seule.
Je formai alors le dessein d’écrire mes i»ropres mémoires. — Pourquoi pas? lout Enseigne français le fait bien. Si nous sommes de peu de conséquence pour le monde, nous en avons certainement une grande à nos yeux. Nous sentons notre propre importance, — et qu’il est naturel d’exprimer ses sentiiueiits !
Afin d'embellir mon œuvre, j’esquissai le personnage de mon oncle. — Le portrait était assez piquant, j’en conviens, — il était vrai. — Mais lorsque je montrai ce trait a quelques amis, ils me blâmèrent. « Les prêtres, me dirent-ils, Dieu le sait, ont déjà assez d'ennemis; — ils ne doivent pas .se déchirer entre eux. »
l’ersonne mieux (jiie moi n'accepte une nuTcuriale, — et je ne sais pas longtemps garder rancune. — Ma nature est sans fiel — mon sang est du lait et se caille 'a l’idée du malheur d’autrui. — J’avais depuis longtemps pardonné ’a mon oncle, et j’avais été tenté, et non provoqué, a le mettre' en scène jelutôt par caprice que par malice.
Je changeai immédiatement mon plan. — Mais, comme cette suppression avait laissé un hiatus (/c=
flendüs dans ma pièce, — mes écrits ne sont que des / pièces de rapport, — je comblai le vide de ce personnage dramatique par un oncle Toby imaginaire, bien connu aujourd’hui dans le monde.
Quelques années auparavant, je m’étais marié, — sed chartæ silent. — Le lecteur modeste, et je n’en désire pas d’autres, me permettra certainement de tirer ici le rideau. — Ainsi linit le sixième chapitre.