‹ Sterne inédit Le Koran traduitChapitre 13 sur 157 · LE FÉVRE · texte numérisé non relu

LE FÉVRE

El maintenant il est grand temps d’on commencer un nouveau. — Mais me voila courant encore la poste; — j’ai toujours été un écervelé. On doit accorder au lecteur le loisir de digérer. — Reprenons donc mon histoire un peu plus haut.

Mon père était Anglais et ofûcicr dans l'armée.

— Il était en garnison en Irlande h r»*poque de ma

naissance, qui arriva, — j’ai oublié l'année, — dans la ville de Clonmel. — Je restai en Irlande jusqu’à l’âge de douze ans, — et j’y reçus les premiers éléments de littérature, grâce a la bienveillance et a la bonté d'un lieutenant au même corps que mon père. — 11 s’appelait Le Fèvre. {

Mais en vérité je lui dois inünimcnt plus que ma ^ grammaire latine. Ce fut lui qui m’enseigna la gram- | maire de la vertu. — Ce fut ce très-excellent homme l qui le premier grava dans mon esprit les principes,

— non d’un prêtre, — mais d’un saint. — Ce fut ^ lui qui satura mon âme d’humanité, de bienveil- j lance et de charité. — Ce fut lui qui m’inspira j

LE KÜUAN.

pour les malheurs de l’homme celle vibralion ,

« Oui, pareille à l’aiguille aimantée, s’agite au eonlaet des iii- Coi lunes d’autnii, et tremble en tournant (1). »

— Ce fui lui (pii m’apprit que la temp('*rance est la véritable source de la charité. C’est dans ce sens seulement qu’il est permis de dire quelle commence pur soi-méme. — Lecteurs, jetez aux pauvres vos gouttes, vos coli(pies, vos scorbuts,

— Ce fut lui qui me laissa cet admirable stimulant a la bienfaisance, — que jilus une personne est pauvre et moins U faut pour lui être utile. — Ce fut lui qui adoucit ma nature et la doua de celte tendre sensibilité et de cette indulgente sympalbie qui ont donné naissance aux douleurs et aux joies les plus , vives de ma vie, et qui, je m’en lie a Dieu, m’assureront dans l’autre monde un bonheur sans mélange. — Amen !

Ce digne homme est mort depuis longtemps; et c’est dans un sentiment de vénération reconnaissante pour sa mémoire ipie j’ai mentionné son nom ailleurs. — C’était tout ce que je pouvais faire! — Si j’avais vu pousser une ortie sur sa tombe, je l'en aurais arrachée; — car certainement il n’y avait, dans les humeurs de sou corps ou dans le tempérament de son esprit, rien dont une telle plante «o/i me taiKjere oiü pu se nourrir ou di^venir l’emblème.

(1) Oilc lie M” üreville. {^ote de Sterne,)

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