CHAPITRE VIII
nif.RESSiON si:r i.’esprit
Qu’est-ce que l’esprit? — Ce n’est point un produit. — Il ne peut s’extraire de rentondement à force d’étude et de travail, comme l)on sens, la raison et la science. — Les idées, ainsi (jue l’indiquent ces mots qui leur sont si bien applicables, \ umiées de pied en cap, naissent spontanément, tout / d’une pièce, dans le cerveau, sans intervention an- / cune de la réflexion.
.Ainsi, il m’est arrivé parfois de dire sans intention certaines choses, et de ne m’apercevoir qu’elles renfermaient quelque trait spirituel qti’au moment où le son des mots venait alarmer mes oreilles ou faire dresser celles des autres. Si l’esprit avait été matière a pendaison, — et il aurait pu^l’être en raison du mal qu’il peut produire, — j’aurais ainsi encouru le châtiment d’une sorte de trahison fortuite.
En de telles circonstances, il m’eût fallu du temps et ' de la réflexion pour m’exprimer plus mal, — c’està-dire conformément à la loi.
LE KORAW.
Pourquoi, sur deux personnes également sensées et savantes, une image frappe-t-elle l’une et jamais l’autre? — Pourquoi, en regardant un champ vert garni de bétail nouvellement tondu, un homme n’y voit-il que de l’herbe et des moutons, et un autre l'assimile-t-il à un plat de tanaisie aux amandes?
Pourquoi un individu dit-il simplement d’un beau jour d’hiver que le soleil brille sans donner de chaleur, — tandis qu’au même instànt un autre compare cet astre à un joyau à la fois éclatant et froid, etc.?
Vous le voyez, l’esprit n’est donc qu'une double entente. — Quel malheur, Ladies, que les doubles ententes ne soient pas aussi toujours de l’esprit !
Tout au contraire, le pnide Cowley, malheureusement pour nous, en a fait une des définitions négatives de l’esprit :
« Encore moins peut-on accorder une place à ce qui ferait se voiler une vierge; — le feu doit détruire de telles impuretés. Il est juste que l'écrivain rougisse de ce dont le lecteur rougirait. >