PARTIE II
« Celui qui s’y aventure est tombé a demi
dans le péché. »
Tel est l’avis d’un poëto, mais je ne puis compléter le distique. — Peu importe d’ailleurs, car c’est une pauvre sentence, en vérité, que celle qui ne doit son mérite qu’a son mètre. — Le poids, et non la mesure, constitue le véritable titre de la monnaie sterlimf.
14. — L’habitude s’impose trop facilement en devenant une seconde nature. — Cela ne devrait avoir lieu que pour les choses indifl’érontes. Quant aux autres, l’usage ne fait qu’en rendre l’abus familier, et l’habitude plus répréhensible.
15. — Les gens sensés prévoient wuc crise et temporisent avec l’occasion. — Les gens a courte vue ne se plient a l’occasion que lorsqu’elle devient une nécessité, — et souvent alors il est trop tard.
16. — Beaucoup d’individus supposent qu’il suffit d'être bon chrétien, sans être homme de bien. — Aussi passent-ils leur vie a courir les filles, a boire, à voler — et à prier.
17. — Bien des gens vivent sobrement et religieusement, sans savoir pourquoi ou sans s’en préoccuper. — Aussi vont-ils au ciel, purement par la force de l’habitude, comme des idiots.
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18. — Les chrétiens mécaniques font de leurs bancs à l’église un bureau d’expédition d’affaires.
19. — Prier dans de mauvaises dispositions, c’est assister h un lever en négligé.
Il existe, dans un grand nombre d’ouvrages célèbres, des traits de ce genre, où l’exemple pècbe par la comparaison.
‘20. — Avant la venue de notre Sauveur, la religion était trop abstraite. — L'anthropoinorpbisme de la Divinité a présenté k notre adoration un objet sensible, — absolument nécessaire pour captiver l’adoration de la foule. — Une relUfion philosophique n’est une religion — que pour un philosophe.
21 . — Marc-Aurèle dit avoir appris d’Apollonius à ne pas s'emporter qua7id ses arguments n’étaient pas compris.
Je pense qu’en dehors de la raison |>hilosopbique il en existe une autre pour en agir ainsi. — Un individu ne peut (|u’être flatté de sa supériorité de savoir ou d’intelligence ; il doit donc être porté plutôt à la pitié qu’a la colère.
‘22. —I .es individus qui sont toujours k veiller sur leur santé ressemblent aux avares qui amassent des trésors dont ils n'ont jamais l'esprit de jouir.
PAHTIE II.
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