PARTIE II. J
être un certain accablement de cœur qui, en provoquant le délire au cerveau, peut nous donner une apparence de bravade bien éloignée de notre pensée. — C*est ainsi que, parfois, le désespoir inspire aux poltrons une sorte de témérité.
Cette supposition peut être une réalité. Aussi ne doit-on, pas plus que les égarements de la fièvre, imputer a crime Tabsence d une gravité et d'un décorum convenables dans une circonstance aussi sc'»rieuse et solennelle.
Je n'entends pas médire ici de la résignation chrétienne ou du calme philosophique en pareille occurrence .
87. — Je partage l'opinion d'Érasme sur la Trinité. — Satis est credere, — Aussi ne me troublerai-je jamais l'esprit a philosopher sur cette matière ou a la traiter théologiquement.
88. — L'entêtement est une faiblesse absurde. — Si vous avez raison, il amoindrit votre triomphe; -r si vous avez tort, il rend honteuse votre défaite.
89. — Un original peut se comparer a un monstre; — on s'en étonne plus qu'on ne \ estime,
90. — Le désir est une passion dans la jeunesse, — un vice dans la vieillesse. — Tant qu'il nous sol-
licite, il est excusable ; — mais, quand nous débauchons pour lui, — quelle honte 1
91. — Les amis sont comme le vin. — Le nouveau est plus pur et chaque goutte en est buvable ;
— Le vieux est plus riche, — mais il dépose parfois une certaine lie de vieillesse. Cherchez.
92. — On peut également comparer un livre au vin. — Le raisonnement en est la s^ve et Tesprit le houqxieX. Ne cherchez pas.