REFLEXION SUR MOI-MEME
Quelle cruelle destinée que la mienne ! Avoir Tardeur, la gaieté, la joie, les tendres affections du jeune âge, et pas de nerfs qui répondent a mes sen* timents! — Je le regrette, non pour mes jouissances personnelles, — mais je voudrais posséder activité et vigueur pour les consacrer aux autres.
Souvent je regarde fixement les jeunes femmes. — C'est Ta une des choses qui ont été mal interprétées chez moi. — Le monde ne possède que de mauvais grammairiens de mes principes et de mon caractère. — Ce n'est point leur beauté que je convoite, c'est leur jeunesse que j'envie. — Je contemple les hommes avec autant de tendresse , — et
je ne suis pas un — J'embrasse les petits
enfants que je rencontre dans les rues, — et je ne suis pas un voleur d'enfants. -— J'aimerais, si je le pouvais, a vivre au milieu d'eux, comme le vieil
t)8 LE KORAN.
Ueimipjms (1), — non par amour de la vie, — mais par tendresse.
Mais dire tout ce que je voudrais faire ou souffrir pour Tamour de Thumanité ressemblerait trop a un blasphème.
(1) Oa assure qu'il parWnl à alleindre un âge très-avancé, en jouant constamment avec des petits garçons et des petites filles, — et en nourrissant ses vieux poumons des efiluves balsamiques de leurs jeunes
lialeiues. (Note de Sterne.)