CHAPITRE XXXIV
ÎJN OBSTACLE A l/ AVANCEMENT.
L'indulgence de mes expressions a l'égard de toute syncope de ce genre; l'humanité, la charité et le pardon que je suis parvenu souvent a inspirer aux autres, pour quelques-unes de ces infortunées, ont donné lieu, sur ma moralité, a des suppositions qui ont grandement nui a ma carrière cléricale.
Un certain évêque, qui ne permettait qu'au Christ de s'asseoir au milieu des publicains et des pécheurs, répondit a un de mes amis qui sollicitait pour moi un bénéfice :.— « Il m'est impossible de songer jamais k accorder de l'avancement a Tristram, — non pas seulement a cause de la légèreté de ses écrits, mais surtout a cause de la licence de sa conduite. — MaisYorik, — Yorik, milord. — Eh bien, à mon avis, le poste le plus élevé auquel Yorik aurait pu prétendre, et j'emploie le mot dans le sens de ses ouvrages, c'est celui d'aumônier iVun régiment de dragons. »
Une certaine lady, ce que les Français appellent
un diseur de bons mois, k laquelle je demandais un jour un secours pour renvoyer dans sa famille une malheureuse jeune femme enlevée de Bath, quelques années auparavant, a Taide d'une promesse de mariage et alors abandonnée à la charité publique, me refusa son aumône et m'appela, en faisant allusion k ma ligure de spectre et a mon ministère de pardon, le lugubre desseiDont des succursales de la paroisse de Covent-Garden (1).
C'est ainsi que ma charité excessive aflaiblit celle des autres.
(i) Allusion aux nombreuses maisons de proslitution agglomérées alors autour de CovenUGarden. (Note du Trad.)