PARTIE II. 4ti
23. — Quand je vois mourir d'honnêtes gens et vivre d'indignes coquins, je sens vivement toute la vérité de ce passage des psaumes : — Le Seigneur ne veut pas la mort du pécheur,
24. — Les morsures des critiques, comme les vers dans un fromage, déprécient un livre pour les uns, mais en augmentent le prix pour les autres. Cherchez. —
25. — Les hommes se fatiguent pour atteindre le repos. La réplique de Callisthènes à Alexandre peut s'appliquer ici. — Etait-ce Callisthènes, ou....? Peu importe, — bien qu'il puisse venir a l'idée de quelque niais littéraire de faire une esclandre à ce propos.
26. — C'est prostituer d'une manière impie les sacrements que de les administrer à l'adultère , à l'oppresseur, ou a titre d'épreuve et comme condition d'aptitude a remplir une charge temporelle. On ne devrait admettre k la communion que ceux qui se rendent dignes de la vie future, — et non ceux qui ne la reçoivent qu'en vue de la vie présente.
27. — Les titres de noblesse ressemblent aux empreintes des monnaies, — qui n'ajoutent aucune valeur k l'or ni k l'aident, et ne servent qu'k donner cours au cuivre.
28. — Le vrai bonheur n'existe pas dans la vie. La plus juste définition qu'on en ait donnée est celleci : Un acquiescement tranquille à une agréable UlU" sion. — Je ne me rappelle plus où.
29. — J'ai connu beaucoup d'hommes qui, longtemps avant de mourir, avaient perdu le peu de sens dont la nature les avait gratifiés. — Cependant, comme ils avaient été dressés à une fonction ou à un métier quelconque, — tels que V armée ou VÉglise, — ils continuaient à poursuivre leur route, comme des enfants, dans un chariot, sans se défier d'eux-mêmes ou sans être pénétrés par les autres.
Si vous coupez la tête k un dindon pendant qu'il court, il continue à marcher quelque temps avant de tomber, avec la même allure superbe.
J'ai vu des individus traverser la vie, assez agréablement, avec aussi peu de cervelle qu'un dindon décapité,
50. — Épicure a bien raison de dire : Stultus semper indpit vivere,
31 . — La chanson d'amour de Swift, dans le goût moderne^ qui commence ainsi :
« En voltigeant, gentil Cupidon, étends tes ailes de pourpre sur mon cœur ; je suis esclave dans tes états. — La nature doit céder le pas k l'art, »