‹ Stirner et NietzscheChapitre 25 sur 55 · Cf Stirner, der Enzige iind sein Eigentum, p · texte numérisé non relu

Cf Stirner, der Enzige iind sein Eigentum, p

a donné sans cloute au sujet sa première liberté en montrant que la nature était vaine, finie et éphémère : il faut maintenant que le Moi absolu mette fin à la domination de l'esprit.

Nietzsche comme Stirner considère que la moralité n'est au début que le respect de la tradition. Il importe peu qu'on s'y soumette de bon gré; on n'est blâmable que si on ne se considère pas comme lié par la coutume. La morale de la piété est ainsi la plusanciennedesmorales'. Nietzsche estimeaussi que le progrès est dû aux individus qui ne se laissent pas lier, aux esprits libres, qui résistent à l'éducation qu'on leur impose. Mais Nietzsche se garde bien d'exalter la liberté aux dépens de la tradition comme le fait Stirner : il considère que la tradition est aussi nécessaire que l'aptitude au progrès. Pour qu'un organisme individuel ou collectif ait des chances de durée, il faut qu'il ait un caractère constant : or, Nietzsche admet avec Machiavel que la durée a bien plus de valeur que la liberté -. Il reconnaît donc qu'il faut, tout en prenant des précautions contre l'autorité qui pourrait s'opposer à tout changement, ausfmenter la stabilité.

Par là-même, Nietzsche est obligé de réserver la liberté à une minorité : il reconnaît comme Stirner que les représentations morales religieuses ou mé-

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