Nietzsche, Werke, II
taphysiqucs sont des chaînes, mais il ne vont pas qu'on brise ces chaînes inconsidérément. La plus grande prudence est nécessaire : on ne doit accorder la liberté qu'à riiomme parvenu à la noblesse morale : le temps n'est pas encore venu d'afl'ranchir tous les hommes*.
Nietzsche est aristocrate dans sa deuxième période comme dans sa première : il a siin[)lement substitué l'oligarchie des esprits libres à l'ordre des génies créateurs en art ou en religion; aussi quand, dans La gaie science^ il veut opposer la liberté à la moralité traditionnelle, c'est l'exemple de Richard Wagner qui lui revient à l'esprit'. Stirner, dupe malgré tout de la métaphysique supranaturaliste (ju'il combat, oppose toujours le sujet à la substance et veut que la liberté absolue du Moi triom[)hc de tous les objets qui lui l'ont obstacle ; de son côté, Nietzsche demeure fidèle au fond aux idées de sa première période en dépit de sa conversion superficielle: les hommes supérieurs sont toujours à ses yeux la raison d'être de l'humanité. Ainsi les différences fondamentales subsistent sous les ressemblances apparentes.
c). L'immoralisme
En parlant de sa conception du Moi unique et libre, Stirner devait aboutir par deux voies à Tim-