CHAPITRE PREMIER
LE MOYEN AGE
Origines de Stockholm : la Cite; I'enceinte. — Le chateau.
rEo-Hse allemande.
Les eglises : Storkyrkan ;
Le plus aiicien document ecrit relatif a Stockholm date de 1252 ; cadette de maintes cites suedoises surgies autour des bois sacres et des temples paiens, la future capitale n'a point d'origines mytliologiques ; la legende en fait I'heritiere de I'antique Birka detruite vers I'an 1000, ou plus precisement de Sigtuna, qui, mieux protegee, semble avoir lierite de la prosperite de Birka. Un tronc d'arbre abandonne au fil de I'eau aurait designe a ses premiers habitants 1' emplacement de la nouvelle ville ; I'histoire ne doute pas que d'imperieuses raisons strategiques n'aient determine la miraculeuse odyssee. De tout temps, le lac Mselar, ouvert aux navigateurs de la Baltique, avait ete une grande voie civilisatrice ; c'est sur ses bords qu'apparaissent, aux premiers siecles de I'histoire, les groupements d'hommes les plus denses, et les premiers embryons de puissance politique : ses criques, on les rigueurs du climat s'attenuent, abritaient de nombreuses bour-
gades. Stockholm iiait, vers la fin du xii*^ ou le commencement du xiii^ siecle, quand il devient necessaire de proteger ce riche bassin interieur en barrant fortement I'entree du Mselar.
Situation unique en une region de confuse topographie : vers Test, la terre suedoise, submergee par la Baltique, egrene jusqu'a plus de quatrevingts kilometres la dure poussiere d'innombrables ilots ; vers I'ouest, le Mselar se repand, par les anfractuosites d'un sous-sol etrangement crevasse, jusqu'au coeur du pays ; partout d'abruptes falaises, des sommets chaotiques, des moraines, des eaux prisonnieres ; le desordre d'un paj^s denude et ruineux, ou le geologue epele les flagrantes peripeties de I'age glaciaire ; un <( as », une de ces collines de sable et de cailloux roules qui cheminent a travers toute la vScandinavie, et en chevauchent capricieusement le relief, francliit I'unique deversoir du systeme lacustre, et I'encombre d'une ile et de quelques ilots. Un double chenal limite I'etroit domaine du primitif Stockholm.
C'est en effet une ile qui porte la « Cite » proprement dite, Staden, heritiere, dit-on, d'une station de pecheurs, Ague fit ; vers le milieu du xiii'^ siecle, Birger Jarl (considere comme le fondateur de la ville, qui tint de lui ses premiers privileges) y eleve un chateau, la fortifie, et forge la « serrure » du Mselar. Une forteresse parmi des rocs et des forets ; nulle ressource ; a peine quelques marais desseches devaient-ils 9a et la tenter I'agriculteur ; apres huit siecles de constants labeurs, on n'y voit que quelques maigres champs, des jardins recroquevilles... Mais Stockholm, maitre des routes d'eau et de la voie terrestre entre I'Uppland au nord et le Sodermanland au sud, concentrait dans le site le plus magnifique les promesses de la politique et du iiegoce.
Situe a I'extremite nord-est de Tile de la Cite, le premier chateau royal surplombait le flot marin ; ses tours epaisses et ses murs creneles s'etageaient en une double masse autour d'un donjon fameux, que le moj^-en age appela Kdrnan, puis Trois-Couronnes, a cause du triple embleme dont I'orna le blason royal. U'enceinte s'en detachait, encerclait de ses deux murailles qui se rejoignaient au sud, la partie elevee de I'ile. Cite bien etroite, s'il faut en chercher les limites dans le voisinage, mais a I'interieur des deux rues convergentes. de Vasterlanggatan et d'CEsterlanggatan ; au centre la Grand'Place (Stortorgcl), meublee d'une fontaine et d'un pilori ; le palais communal occupait I'emplacement de la Bourse actuelle ; une eglise dediee au patron des navigateurs, saint Nicolas, et un cimetiere la separaient du chateau ; aujourd'hui encore les ruelles enchevetrees de ce quartier orientent le passant selon le caprice des plus anciens habitants ; la rue des Freres-
LE MOYEN AGE 9
Noirs (Svai'tbrodragatan actuelle Svaytmangatan) desservait le monastere des Dominicains, et conduisait a la porte du sud. Au nord, le potager royal s'etalait a I'ombre de Saint-Nicolas.
I,a rapide fortune de Stockholm est attestee par la proliferation des faubourgs qui, des la fin du xiiie siecle, recouvrent la bande de rivage non comprise dans 1' enceinte ; des ruelles descendirent a la greve ; simples sentiers entre les maisons entassees, on les designa du nom d'un proprietaire,
La Bourse et la Grand'Pla
ou par un numero d'ordre (de nos jours, en maint endroit, noms et plans demeurent reconnaissables) . Deux espaces libres s'ouvraient, sur le Msslar au marche au ble (Kornhamnstorg) , sur la Baltique au marclie au poisson. Une nouvelle enceinte etait necessaire : elle engloba presque tout le terrain solicle, se herissa de doubles obstacles aux environs des ponts : une lourde poterne couvrit au sud I'entree de la ville (actuelle place de la Monnaie, Mynttorget) ; au nord, les travaux de defense deborderent sur le double ilot dont est forme le piedestal du palais du Riksdag [Helgeandsholmen ; I'un des deux ilots primitifs, Stockholmen, a donne son noma la ville). A I'ouest, Grdmunkehohnen (ilot des P*reres Gris ; depuis, Riddarholmen, ilot
des Chevaliers) fut rattache a la ^'ille ; les Franciscains, s'en etant vu attribuer la propriete par le roi ]\Iagnus I^adulas (1286), 3' eleverent un monastere et une eglise ou s'accumuleront les plus glorieux souvenirs de I'histoire suedoise. Hors de la Cite, le meme Magnus Ladulas avait fonde le couvent de Clarisses dont le temple de Klara perpetue la memoire. Au nord, la coUine de .Brunkeberg, plus longue et plus large qu'elle ne Test aujourd'hui, fut longtemps peu habitee, frequentee surtout par des ermites, dominee par un gibet ; un hopital Saint-Georges accueillait les lepreux sur I'emplacement de I'actuelle eglise Johannes. Ces pentes rocheuses ne s'animaient que lorsqu'y brillaient les feux des assaillants de la Cite. Au sud, le grand chemin suivait a peu pres le trace de Gotgatan; la s'elevait une chapelle de la Sainte-Croix, eloignee, disait-on, de I'Hotel de Ville autant qu'en Judee le Golgotha de la maison de Pilate ; un chemin de croix de pierre jalonnait cette voie ; une des stations en aete reedifiee en 1851.
Pendant tout le mo^'en age, Stockholm demeure le gardien, frequemment ranconne, de ses ponts de Norrstrom (bras nord) et Soderstrom (bras sud) ; une couronne d'estacades (Kransen) interdit I'approche de ses murs aux vaisseaux ennemis et I'entoure d'un port quasi circulaire ; sept villes riveraines du Mselar contribuent a I'entretien de ses fortificattions, Vasteras Arboga, Uppsala, Enkoping, vSigtuna, Strangnas. Des privileges commerciaux I'indemnisent de ses responsabilites militaires ; vStockholm s'attribue de fructueux monopoles, traite avec la Hanse, interdit aux armateursclu golfe de Bothnie les vo^-ages au long cours. Peuple de commercants, de maitres et de compagnons accourus de I,iibeck et de Dantzig, il est a demi allemand ; la loi municipale doit ordonner que la m.oitie au moins des horgmastarc et des rddman seront suedcis. Stockholm, non plus que le reste de la Suede, ne saurait se soustraire a I'empire economique des opulentes cites hanseatiques ; il s'en accomniode ; une foule bilingue se presse les jours de fete a Stortorget pcur entendre les notifications proclamees du balcon (bursprdket) de I'hotel de ville. Tasse autour de son chateau, de ses monasteres, de ses confreries (ou Gillen, de Sainte-Catherine, Notre-Dame, Saintg-Gertrude, Saint-Corps), il doit ressembler fort a mainte cite maritime de I'Allemagne feodale ; nombreuses sont les humbles masures de bois a toit de tourbe : peu a peu les riches etrangers font triompher le gout des maisons de brique, ou encore de ces facades a poutres apparentes, a etages en saillie, surchargees de sculptures, et surtout de ces hautes denieures de pierre a pignons a redans, dont les modeles se multiplient a Stralsund et a lyiibeck. De tout ce decor, aujourd'hui evanoui dans la capitale suedoise, on se fera uire idee en visitant la deliciense ville de Visbv dans I'ile de Gotland.
LE MOYEN AGE ii
Du moyen age, Stockholm n'a garde presque aucun vestige reconnaissable ; des incendies periodiques aueantissaient des quartiers entiers ; la frequence des reglements royaux iiiterdisant la construction en bois temoigne de I'mipuissance de I'Etat a abolir un usage national et immemorial ; en
Inttirieur de Storhwlan.
1297 I'hotel de ville et une partie de la cite sont incendies ; en 1407 quatre cents habitants perissent par le feu ; accident analogue en 1419, et qui endommage a la fois I'hotel de ville dont les archives sont detruites (au grand dam de I'histoire de I'ancien Stockholm), et le chateau. I^e chateau luimeme, auquel les restaurations des Vasa avaient clonne le pittoresque aspect cju'on lui voit sur mainte gravure ancienne, devait disparaitre a la fin du XVII'' siecle, et n'a rien legue au palais qui surgit de ses mines.
lyorsque les vieilles pierres subsistent, elles servant de support a un art que les architectes n'avaient point prevu : ainsi a Storkyrkan (la Grande figlise, Saint-Nicolas), dont les trois nefs primitives furent fondees probablement vers 1260, et qui est etrangement defiguree : la Reforme, si cruelle
Le maitre-autel de Storkyrkan.
a I'art catholique, ne se contenta point de depouiller la plus -ancienne paroisse de la ville ; vStorkyrkan faillit etre rasee au temps ou disparaissaient les chapelles suburbaines de Klara et de Jacob, abris possibles pour un ennemi assiegeant, et le monastere des Dominicains, en plein Stockholm (des fragments en ont ete retrouves, notamment des caves magnifiquement voiltees, sous la maison qui porte le n" i Tyska Stallplan). Trop voisine du chateau, elle pouvait favoriser un assaut ; Gustave Vasa renversa une partie du choeur
LE MOYEN AGE
pour elargir ses fosses ; une inscription latine, qui se lit sur la fa9ade orientale, vante I'operation par ou I'eglise gagna en largeur ce qu'elle perdait en longueur ; deux nets supplementaires surgirent en effet du sol (des pierres taillees, inserees dans les galets du pavage, indiquent les limites du choeur primitif, retrouvees au cours de fouilles en 1908). Au xviiie siecle, une restauration
Storkyrhan.
jjIus grave determina I'aspect actuel : J.-E. Carlberg italianisa de son mieux un gotliique deteste ; la tour ruineuse qui supportait une fleche « d'une liauteur incro3'able », fut coiffee d'une mediocre lanterne quadrangulaire ; les facades, surmontees de frontons circulaires, n'exprimerent plus qu'une morne platitude.
Storkyrkan ne possede aujourd'hui que I'attrait d'une ornementation composite ; le baroque y flamboie, rappelant les plus glorieuses epoques de
I'histoire suedoise ; contraste de I'exterieur aux crepis iiicolores, et de I'iiiterieur que rechauffe uiie cliatoyante lumiere ; contraste de ce luxe et de la simplicite ou I'emploi d'une grossiere brique rouge condamna les architectes des voutes et des piliers qui divisent les cinq nefs. Les tons crus de la brique s'opposent ici aux blancheurs d'un mobilier cossu ; le contort d'une
paroisse riche s'etale parmi le somptueux decor qui drapa assez etrangement, au « temps de la grandeur )>, une archaique nudite :
trones royaux aux pompeux baldaquins, aux anges et aux draperies dores (1694), dont le dessin, encore conserve au Nationalmuseum, est du a Nikodemus Tessin le Jeune, chaire dessinee par Nikodemus Tessin le Jeune et executee par Burchardt Precht (1701) avec le luxe des modeles versaillais du temps (comparez la chaire de la cathedrale d'Upsal par le meme), peintures d'Ehrenstrahl, tombes, monuments commemoratifs, bustes et portraits, qui signalent au visiteur une aristocratique necropole ; parmi les hotes dont les dalles funeraires abritent les restes (Jesper Kruus et sa femme Brita de la Gardie ; Stenbock ; Wattrang ; Ehrenstrahl, etc.) figure I'un des orgueilleux negociateurs des traites de Westphalie, Johan Adler Salvius ; pour perpetuer sa memoire, sa veuve donna (1654) un somptueux autel en bois noir rehausse de figures d'argent auquel collabora le HoUandais Jehan van de Velde ; une curieuse grille, qui rappelle les capricieuses ferronneries de la cathedrale de Roskilde (tombeaux des souverains danois), entoure cet autel.
Une des chapelles abrite I'une des rares ceuvres d'art importantes des temps catholiques : le groupe de Saijit Georges el le Dragon fut eleve par souscription publique apres la victoire de Brunkeberg (1471) ; les Suedois
Tombe de Salvius [Storltyrkan)
LE MOYEN AGE
de Sten Sture ii'avaient-ils point vu le chevalier celeste accourir a leur secours centre les Danois clu roi Christian ? Un artiste lubeckois sculpta et peignit ce groupe enorme, qui fut solennellement place a Storkyrkan en 1449. 1.orsque vers 1596 Kric Skieppare, pasteur impitoyable, purifia I'eghse des souvenirs papistes, il respecta Saint Georges; ce monument, symboled'un grand evenement national, et qui rappelait I'affranchissement de la patrie, etait trop affectionne des Stockholmiens. Aujourd'hui encore on en admire la
Saint Georges et le dragon (Slorkyrkan).
curieuse complexite, la ruclesse et la naive puissance, qui temoignent de I'habilete des anciens travailleurs allemands du bois. Une replique en bronze en a ete ingenieusement erigee au plein air de la Cite (Kopmanbrinken) en 1913. Tel est r aspect actuel du temple ou la Suede venere le souvenir de I'un de ses heros nationaux : sous la chaire, une inscription signale la tombe d'Olaus Petri, retrouvee en 1907, pres d'un pilier voisin ; une petite statue du meme Olaus Petri, « pretre de I'eglise Saint-Nicolas », est accolee a la fagade; sur le socle les fieres paroles : « Wij Swenske Hore och Gudhi til sa wel som annat folk, och thet maal wij haffve thet haffver Gudh giffvit oss »!.
I. '•- Nous Suedois, appartenons a Dieu aussi bien qu'aucun autre peuple, et le Iangage que nous avons, c'est Dicu qui nous Ta donne. /^
C'est ici en effet que la protection de Gustave Vasa accueillit I'eloquent apotre suedois de la Reforme, et du revolte orgueilleux et suspect fit le pretre officiellement accredite d'une Eglise nouvelle ; evenement capital, crise d'ou Strindberg a tire le sujet de I'un de ses drames les plus fre-
quemment j cues a Stockholm, MaUre Olof, en sorte que certains soirs, les voutes couleur de sang de Storkyrkan evoquent j usque sur la scene un emouvant chapitre d'histoire spirituelle.
I<e Temple allemand {Tyska Kyrkan) ne dissimule guere moins des origines presque aussi venerables : non loin du monastere des Dominicains s'elevait I'edifice de la confrerie vouee a la devotion de sainte Gertrude, patronne des vo- 5'ageurs et des indigents ; de graves deliberations s'3' tinrent entre bourgeois suedois et allemands : Karl Knutsson y fut elu roi (1448), et Sten Sture regent. Confisquee par Gustave Vasa, la chapelle, apres divers avatars, fut, en 1607, attribuee a la colonic allemande ; une opulence non moins redoutable que les pilleries du fisc ro3-al ou les exces iconoclastes des antipapistes allait en achever la totale « renovation «. Riche, la colonic allemande pretendit orner le simple vaisseau carre d'une tour — qui fut construite (1613-18) par Hubert Gillisson de Besclie ; une fleche octogonale pointa vers le del ; elle fut, en 1702, flanquee de quatre pyramides au chiffre de Charles XII. La colonic etant nombreuse, un agrandissement s'impo-
La Fontaine et i'Eglise allemandes.
T.E MOYEN AGE
sait; I'architecte strasbourgeois Hans Jakob Kristler fit agreer son plan ; aux inquietudes, du conseil de la paroisse, qui lui demandait solennellement : « si, avec I'aide de Dieu, un habile architecte pourrait elever sur deux colonnes un edifice qui fit honneur a tous les AUemands, les
Porche ineridional de I'Eglise allemande.
anciens, les assesseurs, les principaux », il repondit par la plus
resolue promesse de solidite ; de fait, les deux piliers qu'il substitua au mur meridional soutiennent encore les voutes de I'ancien hall et celles, egales en superficie, de I'aile nouvelle ; la paroisse, heureuse 'de tenir a raise sous une double nef, ne s'offensa po' ,t des proportions insolites ; elle ne marchanda pas son concours ; les p.liers portent encore les noms et ecussons des donateurs.
Un incendie ayant detruit en 1878 la fleche de Hubert de Besche, la re-
construction en fut confiee a I'Allemand Raschdorff ; I'ancienne silhouette ne fut pas modifiee, sauf que quatre petites fleches remplacerent les pyramides : I'interieur de I'eglise fut remis en etat par I'architecte Magnus Isaeus avec une parfaite piete (1887). Nouvelle restauration en 1911. Le Temple allemand demeure comme un precieux musee de I'art mis en honneur par la bourgeoisie riche du milieu du xvii^ siecle ; art d'autant plus remarquable qu'il marque une date presque unique en un paj-s ou I'initiative des feconds mecenats appartiendra longtemps a la cour et a la noblesse.
Art plus luxueux que delicat. Kristler avait dans une certaine mesure respecte les formes du gothique : voutes et fenetres ignorent la Renaissance; les quatre demi-colonnes des piliers medians arborent de vagues chapiteaux toscans, mais leur groupement rappelle les faisceaux de nos cathedrales. Un bas-relief de pierre du xvi° siecle, representant 1' Ascension du Christ, s'accordait avec cette architecture. I,e porche (sud) que Ton eleva en 1643 rompt deliberement cette harmonic : fronton triangulaire, colonnes, anges parens, statues a ritalienne, son classicisme, encore gauche, annonce des pretentions nouvelles. Un autel colossal, don de Johan Bremer (1641), etale une profusion de peintures, statues et ornements du baroque le plus exuberant; la meme abondance caracterise la chaire en bois noir criblee de statuettes d'albatre, don de Peter Hansen et Anna Steker (1660), le lustre surmonte d'un Gustave-Adolphe equestre, clon de Baltzar et Maria Weissman (1651). La tribune roj'ale, on Ton soupQonne I'intervention de N. Tessin le Vieux, temoigne d'un gout plus sobre ; une ordonnance classique, les colonnes doriques, la frise, la decoration, or sur fond bleu, trahissent un art d'une elegance plus mesuree, ou se reconnaissent des influences venues de France.
Un dedale d'etroites ruelles enserre le temple allemand ; de hauts tilleuls ombragent des inscriptions a demi effacees, de curieuses grilles, des dalles moussues ; ce coeur de la Cite laborieuse exhale du silence, et repand comme rme atmosphere de recueillement, aux heures ou soir carillon ne lance point aux echos des fjard et des falaises une eclatante volee de notes joyeuses.
Gripsholm.