‹ Stockholm et UpsalChapitre 7 sur 13 · LO · texte numérisé non relu

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analogue enrichit les pieces voisines (chambre a coucher de Gustave III, salle d'audience). Quand les travaux recommencerent en 1728, un gout nouveau commandait un luxe moins ecrasant ; pilastres et colonnes disparaissent ; des couleurs claires egaient les panneaux des murailles, plus simplement et capricieusement encadres. Taraval donne le ton ; autourde lui s'assemblent

les • bonnes volontes ; fondee sur le modele de nos institutions fran- 9aises, I'Academie suedoise de peinture canalise les forces, vulgarise notre enseignement, nos techniques; la peinture suedoise va prendre son essor... Disciple de Lemoyne, Taraval est ici le maitre du rococo, bientot seconde par le peintre suedois Ivundberg : il n'a point de genie, mais une fantaisie aimable et de serieuses qualites de metier : un Boucher, un Natoire emprunterent a Lemoyne leur gamme de tons roses et blancs ; de son maitre, Taraval a surtout retenu un doux eclat vert pale, ces tons de printaniere vegetation qu'il ne se lasse pas d'introduire en ses compositions : il a peuple de ses tableaux mythologiques et de ses allegories le chateau de Stockholm ; il faut etudier de preference ses plafonds de la salle des colonnes, de la salle d'audience et de I'oratoire de la reine... Compositions seduisantes, et non point peut-etre aussi majestueuses qu'il conviendrait en ce vaste chateau, mais gracieuses et souvent charmantes ; Levertin observe qu'elles eussent parfaitement convenu an cadre a demi champetre d'une residence d'ete : Flore bien plus que Venus inspire Taraval ; les glauques harmonies de ses plafonds se fussent accordees aux verdures forestieres ; les faunas et les dryades de ses ciels aux nuances d' olive claire, eussent semble des holes familiers... Tels quels, leurs tons legers, la libre allure de ces groupes espaces, poses 9a et la avec la grace, dit encore Levertin, de papillons parmi des parterres, ces plafonds emerveillerent les

Les amies de Suede, d'apres Dahlberg, Siiecia autiqna et hodierna.

LE XVIP ET LE XVIIl'^ SIKCLE

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contemporains ; leur charme dissipe definitivement le prestige des amplifications a la lyebrun.

Dessus de portes de Boucher, Restou, Hugues Taraval, Ch. Andre van Loo, Natoire, Oudry, meubles, bronzes, cartels, porcelaines, tout notre xviiie siecle est la, represente par quelques-uns de nos meilleurs artistes, nos ciseleurs, nos ebenistes, nos grandes manufactures : Sevres, Gobelins (quatre panneaux de la serie Jason et Medee d'apres des cartons de Francois de Troy, completant ceux de Drottningholm ; Roland, d'apres Charles Coy pel ; serie de don Quichotte d'apres Charles Coypel...), Beauvais (serie de Psyche, d'apres Boucher, executee sur I'ordre de Harleman pour le chateau...). Parcourir ces enfilades de pieces somptueuses, c'est apprendre a quel point la Suede du xviiic siecle fut eprise de nos arts et de nos modes.

On se souvient de Potsdam. On suit avec curiosite les tentatives d' adaptation ou de deformation de nos arts mineurs, seduit parfois par d'heureuses trouvailles, telle variante imprevue, ainsi le style Gustave III, frere de notre Louis XVI.

Gustave III introduisit ici des meubles ; il expedia a Drottningholm de nombreuses portes rococo, et les remplaga par une menuiserie plus severe ; son amour du luxe apparait dans la chambre a coucher d'apparat. Et Ton croit froler encore son ombre galante et musquee dans le meme temps que I'on contemple un Charles XII par Bouchardon, une Desiree Clary par Gerard, ou I'un des nombreux Bernadotte qui glorifient I'avenement de la dynastie regnante.

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.Monument de Descartes, par Sergei.

(Eglise Adolf-Fredrik).

Orgueilleux de son chateau, Stockholm au xviiie siecle ne connait pas la fievre architecturale qui caracterise le xvii^ siecle ou I'epoque contempo-

raine ; a peine cite-t-on I'hotel Bonde (3 Drottninggatan) , la Douane, edifiee par Gustave III sur des modeles italiens... Periode des petits appartements, qui valent par rintimite et I'ingeniosite du decor ; periode qui favorise la peinture, mais n'exige nulle vaste construction. Stockholm developpe ses relations commerciales et ambitionne une activite industrielle ; les dietes de r « ere de la liberte « I'emplissent d'un vain tumulte ; les rivalites des Bonnets etdes Chapeaux, les intrigues de I'etranger semblent dissoudre les forces de I'Etat. Periode fremissante et trouble oii la noblesse demeure impuissante a reprendre son ancien role. Un ordre monarchique reparait avec Gustave III — ordre favorable a une floraison d'art dont nous avons aper9u 9a et la les seduisantes manifestations. Floraison trop tot interrompue par les guerres et le regicide.

Gustave III avait de grands projets : combien symbolique I'histoire de ce Haga dont il fut I'inventeur! En un de ces admirables sites des environs immediats de Stockholm, dont on ne se lasse pas de dire la beaute poetique, Gustave III reva de construire un vaste palais : I^ouis Desprez dressa le plan d'une sorte de temple hellenique (on en montre encore a Haga un modele reduit en bois) ; une fete m3'thologique marqua I'ouverture des travaux, bientot abandonnes faute de ressources ; ces fondations croulantes sont aujourd'hui I'un des ornements du pare de Haga... Du moins faut-il voir le petit chateau construit a la fin du xviii^ siecle, et surtout le delicieux pavilion dont la durete des temps obligea Gustave III a- se contenter ; decore dans le gout antique par I,ouis Masreliez, son salon des glaces, ses fins trumeaux, ses marbres en font comme une « folic » princiere delicate et pimpante parmi une idylle bocagere.

Comme Ulriksdal, comme Drottningholm, plus humble, mais favorise ' d'un pare et de perspectives d'eau ou la lumiere se joue en une paix incomparable, Haga demeure I'un des joyaux de la capitate suedoise. I,a poussee ' des faubourgs et des constructions industrielles semble en menacer les abords. On y pent toutefois gotiter encore la seduction d'une nature que depuis deux siecles surtout les Stockholmiens out appris a aimer. Depuis longtemps certes, les Stockholmiens exploraient avec delice ces forets, ces lacs ces archipels : dans la seconde moitie du xvme siecle, un poete sut dire les raisons de leur amour ; il est impossible d'evoquer le Stockholm de Gustave III sans rappeler le nom de Bellman — car ce poete aima et chanta sa ville, et surtout la Cite, en amoureux epris jusque des travers et des tares de I'objet aime — la gageure serait plus insoutenable encore de ne point prefer I'oreihe a ses cadences legeres en ce voisinage de Stockholm ou il aima celebrer avec une joie paienne les rites meles d'une sorte de culte de la

nature et d'un souriant epicureisme. Humbles cabarets, simples huttes de femllages, il a immortalise maints carrefours, la Porte Bleue, le Vert Bosquet, la Vallee d'argent, le Chant des oiseaux... Son buste domine I'entree de Djurgarden, le bois de Boulogne stockholmien. Et son romantisme avant la lettre, debraiUe, avine, et qui fait songer a notre Saint-Amant, sa mjthologie, ses deesses-gothons, son humour, et parfois, entre deux hoquets, sa melancolie peuvent bien deconcerter un Fran9ais... Mais sa musique est en partie fran9aise ; et Ton demeure surpris que ces pipeaux rustiques et ces maigres violons aient sii meler a nos vieux airs de France, rondes, marches et chansons, tant de Ij-risme bachique, de fantaisie biblique, et d'indefinissable langueur scandinave.

Ancienne borne raarquant la limite des provinces d'Uppland et de Soderraanland.

(Vasterlanggatan).

Le Norrbro et le palais du Riksdag (Parleraent)

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