‹ Strasbourg d'après les documents authentiquesChapitre 3 sur 13 · ENLEVEMENT DU PRINCE LOUIS · texte numérisé non relu

ENLEVEMENT DU PRINCE LOUIS

Dans cet article, il n'était nullement question du prince. Or, le 12 novembre, on apprit tou' à coup et sans que rien eût transpiré auparavant des intentions du gouvernement, que le prince Napoléon-Louis avait traversé la capitale dans la nuit du vendredi au samedi (1 1 au 1-2 novembre), qu'il n'avait vu que M. le préfet de police, et qu'à Paris seulement il avait su que l'intention du gouvernement français était de le faire embarquer pour les États-Unis. On apprit en même temps' que la reine Hortense, accourue au premier effroi, était venue en France intercéder pour son fils, et qu'elle avait obtenu qu'il ne serait pas mis en jugement.

L'enlèvement du prince fut le germe du salut des autres prévenus, et le principe d'un verd'ct d'acquittement qui devait retentir dans toute l'Europe — Voici les détails publiés sur cet enlèvement par le Courrier du Bas-Rhin :

« Dans la soirée du mercredi 9 sont arrivées à Strasbourg plusiâurs voitures de la Cour qui se sont arrêtées à l'hôtel de la Préfecture.

« L'arrivée de ces voitures faisait l'objet des suppositions de tous ceux qui les avaient vues, surtout parce qu'on savait qu'une personne qui se trouvait dans l'une d'elles avait refusé d'exhiber son passe-port à la porte de la ville, disant qu'elle se rendait directement à la Préfecture et qu'elle repartirait immédiatement,

« A la nuit donc, entre sept et huit heures, ces voitures ont é'é conduites à la Prison-Neuve ; le préfet en est descendu, et, en vertu d'un ordre écrit du minisire de l'intérieur et du ministre de la guerre, il a demandé qu'on lui délivrât le prince Louis.

« Le nouveau directeur de la prison^ M. Lcbel, arrivé da Paris, à ce qu'il paraît, non pour surveiller le prince, mais pour empêcher que les surveillants des p isons de StraS"

bourg, qui ne sont pas habitués à une pareille manière de procéder, missent obstacle à son enlèvement, s'est empressé de le remettre à M. le préfet, qui a émargé lui-même, sur le registre de l'écrou, la sortie du prisonnier,

« Le prince Louis est monté dans l'une de ces voitures, et celles-ci, attelées de chevaux de poste, ont immédiatement quitté la ville.

« Cet enlèvement a eu lieu le mercredi soir, h huit heures, et le jeudi matin, à dix heures, M. le procureur général de la Cour royale de Colmar et M. le conseiller Wolbert, chargés de l'instruction du procès, ignoraient encore le départ du prisonnier.

<t On assure crue M. le procureur général Rossée, quand il apprit le lenaemain , par hasard et non d'une manière officielle, le départ du prince Louis, procéda sur-le-champ à une enquête ; on assure qu'il a commencé une information judiciaire, qa'ii a fait comparaître comme témoins tous ceux qui pourraient lui fournir des renseignements sur l'enlèvement du prince; et il paraît, d'après ces démarches de M. Rossée, qu'il est décidé à évoquer cette affaire devant la Cour royale de Colmar, ^

On verra, dans le courant des débats^ les pièces officielles de cet enlèvement. {Audience du 12 janvier.)

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