‹ StrasbourgChapitre 16 sur 38 · LA PLATE-FORME — LE FRAUENHAUS — LE CHATEAU · texte numérisé non relu

LA PLATE-FORME — LE FRAUENHAUS — LE CHATEAU

Le visiteur qui veut avoir une dernière et saisissante impression de la cathédrale, monte d'ordinaire jusqu'à la plate-forme. Les plus hardis s'élèvent dans la tour et gravissent jusqu'au sommet dans les escaliers à jour. Mais de la plate-forme le coup d'œil est déjà superbe. Là, on saisit mieux la structure gigantesque de l'édifice et ses belles proportions, la beauté de la coupole du chœur et des tours de l'abside qui ont subi d'heureuses transformations. En faisant le tour de la plate-forme, on a, par un temps clair, une vue magnifique sur la Forêt-Xoire et ses montagnes, sur les Vosges et leurs châteaux, le mont Sainte-Odile et sur le Rechberg dans le Palatinat. La ville et ses toits grisâtres, les capricieux méandres de 1T11, les campagnes environnantes, le Rhin et sa longue ligne de peupliers se développent harmonieusement aux regards. Ce spectacle enchantait Gœthe. « Je vis, dit-il dans ses Mémoires, les prés d'alentour entremêlés d'arbres superbes et touffus, et cette richesse surprenante de végétation qui, suivant les eaux du Rhin, en marque les rives, les îles et les bas-fonds. Le terrain pla^ qui descend du côté du Sud, et qui est arrosé par 1T11, est également décoré d'une verdure brillante. Même du côté de l'Ouest, près de la montagne, se trouvent beaucoup de vallons, de bois et de prairies présentant un aspect attrayant, tandis que la partie septentrionale, plus accidentée, est coupée de petits ruisseaux en nombre infini qui hâtent la végétation. Si l'on se représente, entre ces plaines qui s'étendent délicieusement et entre ces bois agréablement parsemés, cette terre si propre au labourage et si fertile marquée par des villages et par des fermes, ce grand espace à perte de vue, sorte de nouveau paradis préparé pour la race humaine, terminé à des distances diverses par des montagnes à moitié cultivées, à moitié couvertes de forêts, on comprendra le ravissement avec lequel je bénis la destinée qui m'avait assigné pour un certain laps de temps une

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