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LE THÉÂTRE ET LA PLACE BROGLIE

Les groupes d'enfants qui ornent la fontaine, sont cependant d'un art

Le Vater Khein dans le Reinhardtsbrunnen.

meilleur, mais ne rachètent pas la laideur du Rhin. On a dit que c'était une copie d'un bronze antique... Qui l'eût cru ?

Le théâtre, dont la colonnade rappelle celle de notre Odéon. a été inauguré en 1821. Il avait été construit en 1804 sur l'emplacement de bâti-

ments jadis occupés par des charpentiers et des armuriers. Ce qui lui a toujours permis d'avoir une situation à part, c'est-à-dire de bons acteurs, de beaux décors et un excellent orchestre, c'est non seulement l'intelligence de directeurs tels que Halanzier et Emile Marck, c'est surtout la généreuse dotation de l'ancien magistrat Apffell qui lui a laissé un revenu de plus de cinquante mille francs. Il est question, paraît-il, d'en transformer les abords par je ne sais quelles constructions. Les amis de Strasbourg souhai-

îl "

L'ancienne Préfecture.

tent tout simplement qu'on ne cherche pas à l'enlaidir. Le grotesque Rcinhardtsbriinncn suffit.

A l'angle du théâtre et sur les bords de 1*111, le statthalter réside dans l'ancienne préfecture, construite de 1730 à 1734 par le prêteur royal de Klinglin, dont l'administration fut un scandale. En 1752, Erançois-Joseph de Klinglin fut enfermé à la citadelle où il mourut.

Au coin de la résidence apparaît l'élégante statue du marquis de Lezay- Marnésia, préfet du Bas-Rhin : de 1810 à 1 81 4, et que j'ai vu inaugurer en 1855. Lezay-Marnésia, tout l'opposé de Klinglin, méritait bien une statue, si l'on en juge par les témoignages de ses contemporains. « La douceur de son caractère et de ses mesures, sa probité austère, sa bienfaisance éclairée, son activité infatigable pour le bien de toutes les classes d'habitants et sa philanthropie l'avaient fait chérir des ses administrés.

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