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L'ANCIENNE PREFECTURE

Le plus bel éloge qu'un homme puisse espérer, il l'avait mérité et il l'a obtenu : ce sont les regrets et les larmes que sa mort a fait verser dans toutes les campagnes. » M. Arthur Chuquet, qui cite cet extrait des /ou maux Hcit\ (manuscrit de la bibliothèque de l'Université de Strasbourg), dans son important ouvrage l'Alsace en 1814, nous apprend

L'entrée de l'ancienne Préfecture.

que Lezay-Marnésia avait été contemporain du poète Bùrger de Gœttingue. Royaliste puis Girondin, il s'était fait connaître par des écrits politiques où il attaquait le régime de la Terreur, puis le Directoire. Sa sœur, ayant épousé un cousin d'Alexandre de Beauharnais, contribua à le faire nommer, sous le Consulat, ministre résident à Salzbourg. En 1806, il devint préfet de Rhin-et-Moselle et il s'y distingua comme administrateur de premier ordre. Il se montra tel aussi dans le Bas-Rhin, lorsqu'il en prit la direction en 1810. C'est lui qui eut l'honneur de recevoir Marie- Louise et il le fit d'une façon triomphale. Grâce à lui, le département du

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BaS-Rhih fut transformé comme l'avait été celui de Rhin-et-Moselle.

Les voies de communication, la culture forestière, la culture du tabac et de la betterave, l'hygiène publique, le sort des pauvres et des malades furent entre autres l'objet de ses sollicitudes. Il favorisa l'entrée des Sœurs de la Charité dans les hôpitaux, disant avec l'approbation de ses concitoyens : « C'est tirer nos malades des mains des barbares que les tirer des mains des infirmiers pour les remettre dans les mains de ces Sœurs qui n'attendent que du Ciel le paiement de leurs soins. » Pendant le siège de 1 8 14, il seconda habilement et courageusement la défense dirigée par le général Broussier et le colonel Humbert. Rallié aux Bourbons après la chute de l'Empire, il accompagnait le duc de Berry en Alsace, lorsque, le 6 octobre 1 814, sa voiture versa dans un fossé près du moulin de Haguenau ; s'étant embarrassé dans son épée qui malencontreusement se brisa et lui fit une cruelle blessure, il mourut quatre jours après.

Sur l'emplacement de la préfecture, il y avait autrefois des maisons appartenant à des seigneurs, à des membres du haut clergé et à la confrérie des Mendiants de Saint-André. Le superbe hôtel, élevé là par Klinglin, fut témoin de fêtes magnifiques, entre autres celles de 1744 données à Louis XV qui se plut à louer l'empressement et le loyalisme des Alsaciens, qu'il mettait parmi les meilleurs de ses sujets. En 1790, cet hôtel, dit de l'Intendance, devint l'hôtel de la Commission, puis du Directoire, et en 1800 de la Préfecture. Les préfets qui s'y succédèrent depuis cette époque, furent Laumond, le général Shée, le marquis de Lezay-Marnésia, le comte de Kergariou, Jean de Bry, le comte de Bouthillier, le vicomte Decazes, le baron Malouet, le marquis de Vaulchier, Ermangart, de Champlouis, Choppin d'Arnouville, Louis Sers, Lichtenberger, Eissen, Renauldon, de Chanal, César West, Migneret, le baron Pron, dernier préfet de l'Empire, et Edmond Valentin, dernier préfet de la République. Celui-ci mérite une mention toute spéciale en raison de son admirable courage. Strasbourgeois de naissance, ancien officier et ancien représentant du Bas-Rhin à l'Assemblée législative, il fut choisi par le gouvernement de la Défense Nationale, le 5 septembre 1870. pour aller remplacer le préfet de l'Empire. Valentin partit le jour même de Paris, passa les lignes ennemies à Barr le 8, fut arrêté et échappa aux Allemands, revint à Kehl et put se soustraire encore à une nouvelle arrestation. Il revint à Schiltigheim, traversa le camp ennemi, s'approcha des remparts et sous les coups de feu des sentinelles, pénétra au péril de sa vie dans la place. Il fut emmené au jardin Lips, puis conduit au général

L'ANCIENNE PREFECTURE loi

Uhrich auquel il dit : « Je suis le préfet du Bas-Rhin », en lui présentant son titre officiel qu'il avait caché dans une manche de son vêtement. Il annonça au général la chute de l'Empire, la proclamation de la République, l'installation du nouveau gouvernement qui l'avait chargé de porter les remerciements de la France à la patriotique Alsace et de lui dire qu'un de ses fils était venu s'associer à ses périls et à son sort jusqu'à la dernière extrémité.

L'hôtel de la Préfecture, qui avait terriblement souffert du bombardement, fut reconstruit en 1870 et sert, comme je l'ai dit plus haut, de résidence au statthalter.

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La Bannière de Strasbourg.

Le Kaiserplatz. avec vue sur le palais du Statthalter et le Théâtre.

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