LE HORTUS DELICIARUM
par le chanoine Keller (1879-1899) sous les auspices de la Société de conservation des monuments historiques d'Alsace (Karl Trùbner à Strasbourg), Herrade^'de Landsberg, abbesse du monastère de Hohenbourg et qui avait succédé en 1167 à l'abbesse Relinde, parente de Frédéric Barberousse, duc d'Alsace et de Souabe, écrivit et peignit, en 1 1 80, le Hortus dcliciarum, dont le texte original comprenait trois cent quarante-deux feuillets. Le manuscrit était encore à Hohenbourg en 1 52 1 . Il passa alors aux mains de l'évêque Erasme de Limbourg à Saverne et demeura chez lui jusqu'en 1609. Il passa ensuite à la Chartreuse de Molsheim où l'on en prit copie. En 1790, il vint à la bibliothèque du département. Le chanoine Rumpler le réclama en 1794 au nom de la famille de Landsberg. Il fut bientôt réintégré par les soins du directeur départemental à la bibliothèque, dont il devint le joyau. Sous Louis -Philippe, le comte de Bastard obtint la permission d'en faire faire la copie pour servir à son ouvrage, Peinture et ornement des manuscrits, à la condition d'en donner un exemplaire à la Bibliothèque nationale. La Société de conservation des monuments historiques de l'Alsace, émue de la perte de l'original, décréta la publication de ce qui pouvait en demeurer sous forme de copies, de calques, d'esquisses. Elle se servit des
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calques qui se trouvaient au Frauenhaus, des esquisses d'Engelhard, des copies de M. de Bastard et des calques du Cabinet royal des Estampes de Berlin. Elle arriva ainsi à reproduire 232 dessins sur les 306 que contenait l'original. C'est une œuvre incomplète, il est vrai, mais qui n'en est pas moins un monument élevé à la gloire d'Herrade de Landsberg, une des figures les plus remarquables du moyen âge religieux et une des gloires de l'Alsace. Le texte explicatif a été confié au savant chanoine Straub, puis après sa mort au chanoine Keller, dont la compétence
La chute des anges [Hortus ddiciarum).
historique est renommée. Parmi les plus belles figures du Hortus deliciarutn. se trouve celle du Christ (planche I, fol. 4) et les Anges qui, frappant les Vices, rappellent les statues mêmes de la cathédrale. Que d'images ne conviendrait-il pas de reproduire, telles que la Fuite en Egyttc, la Création de l'Homme et de la Femme, la Création des Anges, le Spiraculum vitœ, YExil du Paradis, Jacob et Esaù, V Echelle de Jacob, Moïse sur le Sinaï, David et Goliath, Les Prophètes, etc..
Herrade de Landsberg avait été initiée à l'étude des lettres et des beaux-arts par Relinde qui l'avait précédée comme abbesse à Hohenbourg. Elle avait compris le Hortus Deliciaruin , non comme un recueil de poésies, ainsi que Grandidier l'a affirmé à tort, mais comme une sorte d'Encyclopédie portant sur la plupart des connaissances