SAINT-PIERRE-LE-V1EUX
par Wagner, célèbre artiste du xvi" siècle, qui retracent les épisodes principaux de la vie de saint Denis et de saint Pierre ; ces sculptures sont d'une vérité et d'une expression vraiment remarquables.
Eucharius et Valvus demandent à saint Pierre la résurrection de saint Materne, par Wagner;
En suivant la rue du Vieux-Marché-aux-Vins, où étaient jadis d'anciens remparts et le Grenier d'abondance, on arrive à là place Kléber où se dresse la statue du célèbre général strasbourgeois. C'est l'ancienne place des Carmes déchaux ou Cordeliers, dont une communauté s'était fixée là en 1^30. Devant les bâtiments du couvent, un cimetière couvrait le sol de la place actuelle. En 1534, le cimetière et le couvent
disparurent et la place devint le Marché aux vins. On y, vit de 1622 à 1635 un gibet permanent, puis en 1793 l'échafaud révolutionnaire.
Cette place, dénommée place d'Armes en 1 681 , fut le témoin des engagements volontaires en mai 1793, de la promulgation de la Constitution en juillet 1793 et d'une fête funèbre en l'honneur de lloche, le 21 octobre 1797. On y posa en 1800 la première pierre d'une colonne destinée à rappeler la mémoire des enfants du Bas- Rhin morts à l'ennemi, puis le 14 juin 1840, la statue du général Kléber, composée par Grass.
Sur le socle de cette statue on lit ces mots :
. I Kléber
ai frira d'Armes, ses concitoyens,
la Patrie — iS./a.
Ici reposent ses restes
J.-B. Kléber né à Strasbourg le 0 Mai 17-,-,.
Adjudant général à l'armée de Mayence,
Général de brigade à l'armée de la Vendée,
Général de division
à l'Armée de Sanibre-et-Meuse,
Général en chef en Egypte, Mort au Cuire le i| Juin 1800.
Le général est représenté debout, dans une attitude fière et tenant en main la lettre qu'il a reçue de l'amiral Keith, le 20 mai 1800. Il y fait cette réponse devenue historique : e Soldats, on ne répond à une telle insolence que par des victoires. Préparez-vous à combattre ! »
Deux bas-reliefs représentent la victoire d'Altenkirchen et celle d'Héliopolis. Devant la statue de Kléber, chaque année encore, les
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La Résurrection du Christ.
École de Martin Schongauer.
LA PLACE KLRBER
étudiants alsaciens, le soir de leur admission à l'Université, vont défiler et saluer le héros, en un silence émouvant, à une heure avancée de la nuit.
Descente de croix. — Ecole de Martin Schongauer.
C'est sur la demande du duc d'Angoulême que Louis XVIII avait consenti, le 6 septembre 181 8, à laisser transporter les restes du général Kléber, qui gisaient au château d'If, à Strasbourg sa ville natale. Une souscription fut ouverte pour élever un monument au héros, mais la
STKASROURC,
translation des restes ne put se faire que vingt ans après, le 14 décembre 1838. Le clergé de la cathédrale vint recevoir, au grand portail, le corps de Kléber porté par seize sous-officiers. Après une messe solennelle, l'absoute donnée par l'évêque et une salve d'artillerie, un cortège superbe conduisit le corps jusqu'au caveau de la place d'Armes, en attendant la fière statue que devaient lui ériger ses concitoyens et
Place Kléber.
frères d'armes. Les tambours battirent aux champs, la musique joua la marche de Kléber, les troupes saluèrent les restes du général par des feux de salve. Strasbourg avait dignement honoré son plus grand homme de guerre.
Ceux qui ont habité Strasbourg avant l'occupation allemande n'ont pu perdre le souvenir des brillantes revues qui se donnaient sur la place Kléber, aujourd'hui convertie en square et en marché aux fleurs. Je demeurais alors dans la maison qui fait l'angle de la rue de l'Outre et j'admirais les petits chasseurs alertes, les soldats de la ligne, les artilleurs à pied et à cheval, les pontonniers, les cuirassiers et surtout les