‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 38 sur 56 · DS LA GAJJÏTE ST 3S LA 3STTE3AV · texte numérisé non relu

DS LA GAJJÏTE ST 3S LA 3STTE3AV

Être roi!... ne pas Vèln

VICK)!! HC60.

Il est une heure où l'homme en sursaut se réveille, Fronce les deux sourcils el se grattant l'oreille, Se replie en lui-même, ainsi que Quinola; Et découvrant alors son destin pitoyable Arpente sou salon, et se dit : « Diable ! diable ! » Or, moi, François Guizot, j'en suis arrivé là.

C'est quelque chose, allez! de poignant et de triste Que l'état où je suis... L'heure trouble d'Hugo, Celle où, comme l'effet poursuivi par l'artiste, Le dividende échappe à la main duGcgo; L'heure où Montalivet doit solder un mémoire, Le quart-d'heure fatal de l'abbé Rabelais, Certes! sontdcsmomcnsbicn sombres et bien laids!. Or, l'heure dont je parle est encore plus noire!

Jamais, je crois, depuis notre vieux père Adam, Embarras p'us profond ne fit pâlir un homme; Ce n'est qu'un cri du Nord aux bords «Je l'Océan ' Lille me tire un bras, et Bordeaux l'autre; en somme La France l'ait de moi i'àne de Buridau.

0 bourgeois! écoutez : votre douleur me navre : Ou me croit un rocher dans le cœur, c'est à tort. J'adore les colons et les marchands du Havre; J'aime l'Est et l'Ouest, le Sud comme le Nord. En employant, <JU-on, l'intrigue et le mensonge, Je trahis I intérêt sacré des citoyens... Trahir leurs intérêts ! le ciel sait si j'y songe! Je pense seulement à ménager 1rs miens.

La Chambre est bonne, et nul ne doitmal parler d'elle; Mais je veux mieux : je veux une Chambre modèle! Je prétends mettre en jeu des élémens nouveaux; Je veux qu'avant six mois, dans la Chambre muette. Thiers voie, en écumant, étinceler ma tète, Comme un chêne debout parmi des soliveaux.

C'est un hardi projet couvé dans ma cervelle. Ce peuple qu'où appelle encore souverain, Qu'esl-il donc, après tout, si ce n'est une échelle Où monte l'homme fort, avec son pied d'airaiu? C'est en jouant gros jeu seulement que l'on gagne: Un Cleemann imprudent succombe par hasard, On O'Donnel est misa la porte d'Espagne... Mais aussi nous avons Bonaparlo et Musard.

Me croit-on, moi Guizot, homme à croiser les pouces Devant quelques clameurs et quelques quolibets ? Mais, mon Dieu ! je suis fait à toutes ces secousses Comme un paillasse aux coups, et comme les barbets \ voir les écoliers galoper à leur- trousses.

— ii'.l-i

La canne ;i certains droits assez bien établis, La betterave peut étaler quelques titres; Les colons sont des gens bien pensans et polis, Les babitansdu Nord ne sont pas des bélîtres ; J'en conviens. Mais faut-il et de taille etd'cstoc Frapper tous les abus où se heurte la foule? Il vaudrait tout autant prendre la terre en bloc, La repétrir et puis la rejeter au moule.

Que chaque citoyen se rassure! je sais

Tous les maux répandus sur l'empire français ;

Parbleu! ce sont ces maux qui me viennent en aide !

L'homme d'Etat profond ressemble au médecin :

M aime assez que l'air soit épais et malsain,

Car c'est alors qu'on a recours à son remède.

J'ai des ingrédiens d'un effet surhumain : Ma loi sur les rails-ways, et celle sur les sucres, Je puis sur le pays, en ouvrant chaque main, Laisser tomber l'espoir, la joie et les gros lucres. Frais-je sans profit gaspiller tous ces biens, Pour apaiser la faim de quelques gens avides? Et quand j'aurai lâché cet appât que je tiens. Je serai comme Job, à terre et les mains vides!

Non, non! quand l'oiseleur sur le bord des ruisseaux A tendu se9 filets, et que, lente, craintive, S'approche en sautillant une bande d'oiseaux, Il les attend aux lacs cachés sous les roseaux, Et ne leur jette point son blé loin de la rive!

Pourquoi faut-il qu'un cri parti de tous côtés Trouble les élémens de ma grandeur future? Pourquoi Dieu permet-il que de nobles cités Veuillent d'avance, hélas! briser ma dictature?

Faudra-t-il me courber sous leur arrêt fatal? Au pays tout entier qu'est-ce que je demande? Qu'il se ploie, et me fasse un brillant piédestal ! Kst-ce donc là, vraiment, une faveur bien grande ?

Oh! le génie éprouve, en son rude chemin, Bien des chocs ici-bas ! Plus d'une heure néfaste Rappelle aux glorieux le triste sort humain. Qui de nous, en songeant au destin d'Arbogaste, Est MÏr d'être un grand homme encor le lendemain

SI mars 1842

Donnée à un petit lord par son grand père.

Dédié au poète du pchch, le Charivari de Londres i

Air: Éteignons Ici lumières

Petit enfant, écoutez-moi :

Dieu mène l'Angleterre; Vous, jeune lord, vous êtes roi, Et vous menez la terre.

Levez l'œil, tenez-vous droit, Ne sucez point votre doigt.

Petit héros en herbe, A vous les talens, les succès, 1/air fier, le ton superbe!. • Rien aux chiens de Français!

Petit lord, votre honneur vanlé

Sur l'équité se l'onde, Et votre grande loyauté

Est l'exemple du monde.

I Le punch, Charivari do Londres, publiait, dans un de ses derniers numéros, une chanson intitulée : Première leçon donnée à wn petit Français. La chanson ci-dessus ou est le pendant.

— Mais quoi ! petit détrousseur, Vous filoutez votre sœur ! —

A vous, franchise austère Et cœur généreux à l'excès, A vous grand caractère!...

Kien aux chiens de Français '■

Petit seigneur, on vous chérit

Sous l'ardoise et le chaume ; L'âge d'or en tout lieu fleurit Dans le triple royaume.

—Pourquoi noircissez-vous donc L'Irlande avec ce charbon? —

A vous, fleur des bons princes,

Tons ces millions d'heureux Anglais

Dans d'heureuses provinces!...

Rien aux chiens de Français !

Petit guerrier, de votre nom

La terre entière est pleine ; Vienne un autre Napoléon,

Vous l'abattrez sans peine.

Mais qu'avez-vous , fier vainqueur?

Ce moucheron vous fait peur !

A vous toutes les gloires!

A vous les grands coups, les hauts faits,

Et toutes les victoires !...

Rien aux chiens de Français !

Petit marin, vous êtes grand,

Surtout sur vos navires ; Votre justice vous y rend

L'arbitre des empires.

— Effacez sur la cloison

Ces mots : rapine et poison '. —

Fleuve, île, promontoire, Tout est à vous, petit Anglais ; A vous mer, territoire!...

Rien aux chiens de Français!

Le Frêne h dog nous brave, dit-on,

Prenez votre voix grave, \. changera vite de ton,

Car l'Anglais seul est brave.

— Bien! trottez sur ce bâton ; Vous semblez un Wellington ! —

Milord, Dieu vous protège !

A vous tout pouvoir, tout excès,

Tout droit, tout privilège !...

Kienaux chiens de Français !

42 juin IHii

Où sont, où sont tesjours de splendeur? ô Bizance! I. es jours où Constantin du doigt de sa puissance '

Toucha ton front obscur ; Et, comme Dieu, créant tes hautes destinées,

Sur tes mers étonnées, Te fit étinceler dans des sphères d'azur?

Te souviens- tu des temps où, sur le bleu Bosphore Tu t'offrais souriante aux baisers de l'aurore?

Où la jeune beauté, Perle de l'Orient, étoile de la veille',

Eclipsait, ô merveille !

La Kome des Césars, l'immortelle cité ?

Le monde regardait ta grandeur surhumaine Où s'incrustait le sceau de la force romaine.

L'or, le marbre, l'airain Eclatant aux parois des frontons, des coupoles,

En vives auréoles Resplendissaient partout sur ton front souverain.

Où sont les monumens, tes arts et ton génie? Tes sculptures d'Egypte et tes chants d'ïonie,

Tes quatorze quartiers, Ton miliaire d'or d'où rayonnaient cent routes,

L'arc do tes grandes voûtes, Tes colonnes de bronze et tes dômes altiers,

Où sont-ils? qu'as-tu fait delà fière Acropole, Forteresse géante offrant sa double épaule

Aux coups de l'ennemi ?

Du grand pilier thébain, du colosse d'Epin*

Et du fût de porphire Dont l'ombre se jouait dans ton golfe endormi ?

De ton passé ebrétien nul vestige ne reste.

—Au moins quand Mahomet, tête sombre et funeste,

Se dressa sur tes tours.

On vit sur la croix morte et moisissant dans l'herbe,

Luire, morne et superbe, L'étendard musulman aux deux becs de vautours.

Sur ton ciel, trame d'or aux riches broderies,- La conquête jeta de sombres draperies;

Un sinistre ouragan Etouffa dans tes murs tout chant de poésie;

Mais les peuples d'Asie Tremblaient tous prosternés aux genoux du sultan !

A l'autel où priait autrefois le pontife Etincelait debout le terrible calife!

Et quand, plein de fureur, Il secouait dans l'air le guidon du prophète,

Dans leur gloire inquiète On voyait frissonner le pape et l'empereur !

Ces gloires du croissant, ô Stamboul 1 où sont-elles? Oii sont tes conquérans aux fureurs immortelles?

— Omar et Soliman ! — Qui plongeant les Etats dans une ombre profonde,

Pour clartés sur le monde Ne voulaient que l'éclair de leur yatagan.

Héla9! île ces grands juurs plus rien, rien qui survive! Tu dors, navire immense échoué sur la rive ;

Ton pouvoir tout puissant, Que la nuit enveloppe et que la tombe glace,

Ne garde aucune trace Des raj ons de la croix ni des feux du croissant.

O reine d'Orient! tu pleures désolée.

Comme une veuve en deuil au pied d'un mausolée.

La lumière des arts, — Flambeau que tu soufflas, — de tous côtés éclaire

Ta couche mortuaire, Où la pourpre des rois pend en lambeaux épars.

Tes soldats qui, broyant les nations rivales, De Bude à Bassora volaient sur leurs cavales

Au vigoureux poitrail ; Te9 Turcs au bras d'acier, vaillans et rudes hommes !

Maintenant vains fantômes, Errent les flancs brûlés des ardeurs du sérail.

Au lieu des Attila dont l'histoire épouvante, Au palais des sultans se traîne, ombre vivante,

Un pâle et frôle enfant, Jouet dont les pachas ballottent la couronne;

Roseau que sur le Irône, O revers ! la pitié de l'Europe défend !

Comme l'eau d'un torrent qui fuit et se retire,

Tes plus beaux (iefs se sont détachés de l'empire :

Tes deux fleuves géans, le Danube <;t le Nil, abreuvent d'autres maîtres;

La Grèce aux fiers ancêtres Etale son cou libre à tes regards béans.

Oh ! tu n'as plus l'épée invincible, sanglante, Dont l'acier flamboyait sur la tête tremblante

Du pâleGiaour; La terreur de Ion nom retombe sur toi-même: Sous le sabre du czar, représaille suprême !

Tu trembles à ton tour.

Dans les brunies du Nord sur ta frayeur éclate. Plus forte chaque jour, la voix de l'autocrate;

Lorsque l'Euxin, la nuit, Endort ses flots houleux, Sébastopol qui veille,

Secoue à ton oreille La chaîne aux mille anneaux qu'on te forge sans bruit.

Avant que ta ruine épouvante le monde.

Tente un dernier effort, ô cité moribonde!

Les jours sont solennels !

Sur le croissant flétri, sur la croix abattue

Elève une statue, La Liberté, déesse aux destins éternels !

2 juin 1844

SE2J LA Ï-J23RS DÏ ÏŒASCÎ.

Air lit- l'Amour meuuiei

La paix quand même brille:

Messieurs, soyons prudens, Et pour une vétille Ne montrons pas les dents.

Fuyant la fausse gloire, Sachons être indulgens Pour de grossières gens.

L'ennemi du Marocain, Tout me porte à le croire,

L'ennemi du Marocain, C'est le républicain.

Il n'est lutte ou querelle Dont mon regard si vif Aussilôt ne démêle La source, le motif.

Or, le conflit funeste De Maroc et d'Alger Esl facile â juger :

I enn< mi du Marocain,

Cela se voit du reste, L'ennemi du Marocain,

C'est le républicain

Indigne calomnie !

On prétend que l'Anglais

Sans cesse s'ingénie

A troubler notre paix.

[.'Anglais soutient le Maure,

C'est vrai ; raison jour nous,

Messieurs, île filer doux.

L'ennemi du Marocain, En cour nul ne l'ignoi ■

L'ennemi du Marocain, C'est le républicain

Abd-er-Raman excite Noire ardent ennemi, Et toujours dans sa fuite L'émir trouve un abri, Eh bien ! Tanger et Londre, Malgré tous leurs efforts, N'ont pas les plus grands lorf?

L'ennemi du Marocain, J'oserais en répondre,

L'ennemi du Marocain C'est le républicain.

On me répondra : « Peste !

Soutenir ces gens-là !

Leur 1 aine est manifeste. »

Je conviens de cela ; Ils ont, dans leur délire, Attaqué notre camp ; Malgré ce trait choquant,

i ennemi du .Marocain Je persiste à le dire, L'ennemi du Marocain,

C'est le républicain.

La Lrance est unanime

Pour maintenir la paix ;

^<>nlt, un guerrier sublime,

Est pour nous, je le J-ais :

« Qui moi, dit ce grand homme,

Causer des déplairais

A l'empereur des cuirs : ■

L'ennemi du Marocain, Toute bouche le nomme.

L'ennemi du Marocain, C'est le républicain.

•27 juin 1844.

IL Fa» SATJTSRA ÇTJS L!I3TJZ.

ai» : C'esl la Coniéd

Sur ma foi ! je me moque fort Des dôiraeleurs du ministère; Lorsque je vois qu'à chaque lort La France écume <ie colère, Je dis, croisant mes bras, « Allons! Système, Sois plat quand même; Plus tu reculeras, Plus vite et mieux tu sauteras. »

Que nos bourgeois, tremblant de peur SurGuizot, à la haine en butte, Lui conseillent un peu de cœur; Moi, qui désire sa culbute, Je répète tout bas :

« Allons! Système, Sois plat quand même ; Plus tu reculeras, Plus vite et mieux tu sauteras »

Guizot craint les coups et le bruit ; Et dès qu'à la guerre on l'appelle, 11 l'ait la grimace et s'enfuit En vrai chien de Jean de Nivelle.

L'honneur est du fatras.

Allons! Système, Sois plat quand même; Plus tu reculeras, Plus \ ite et mieux tu sauteras.

Au Juste-Milieu, quelquefois On dit : « Rendez-vous donc justice, Placez, au lieu du coq gaulois Dans vos armes, une écrevisse. »

11 ne s'en émeut pas.

Allons! Système, Sois plat quand même ; Plus tu reculeras, Plus vile et mieux tu sauteras.

« Gloser est facile, parbleu !

Mais que l'insulte soit réelle, On verra si nous prenons feu,»

Disait Guizot plein d'un beau zèle.

Vraiment! mettre habit ba-!

Allons! Système, Sois plat quand même ; Plus tu reculeras, Plus vite et mieux tu sauteras.

Peel est notre intime ennemi ; Aussi la France, en bonne apôtre, A-t-elle toujours, devant lui, Cédé plus que devant tout autre.

Nargue des fiers-à-bras '.

Allons ! Système ; Sois plat quand même; Plus tu reculeras, Plus vite et mieux tu sauteras.

Le Maure sabre nos soldats ; Erreur n'est pas compte; à merveille Il engage encor deux combats ; Guizot dit en baissant l'oreille :

« Ces gens sont bien ingrats ! »

Allons! Système, Sois plat quand même ; Plus tu reculeras, Plus vite et mieux tu sauteras »

Contre la peur et les affronts Qu'à son gré le cabinet lutte ; Sa venetle, nous l'espérons, Hâtera l'instant de sa cbute.

Chantons donc sans tracas:

Allons ! Système, Sois plat quand même; Plus tu reculeras, Plus vite et mieux tu sauteras. »

-il juillet \Mi.

somiptio\ kathmle

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