SB ?£VS'J£ DE LA LISTE CIVILS
Àm : Voilà le vrai bonheur (des Bohémiens de Paris.
La Liste dite Civile Vient pour la dixième fois De nous tendre sa sébile, Mais nul n'y mettra les doigts Or, comme de sa détresse Le Système est caution, Amis, dotons la pauvresse Par une souscription.
Donnez quelques gros sous, Bonnes âmes!
Hommes et femmes I Donnez quelques gros sous, Guizot priera Dieu pour vous.
Apportez tous votre offrande A la Cour en désarroi.
Do l'argent qu'on vous demande Vous savez le digne emploi.
i te Moniteur venait de publier un article où on soutenait qu'une dotation élail due à tous les puînés de i.i Famille d'Orléans,
Nul ne peut craindre, je pense, Que l'intendant citoyen Fasse de l'olle dépense, Puisqu'il ne dépense rien.
Donnez quelques gros sous Respectables Contribuables; Donnez quelques gros sous, Guizot priera Dieu pour vous.
La Liste, dit-on, est cbiche; Prodiguer lui plairait fort ; La pauvrette n'est pas riche, Mon Dieu! voilà son seul tort, L'accuser est une honte, Certes! son désir est clair :
Elle vend à si bon compte, Elle achète tout si cher !
Donnez quelques gros sous, L'avarice Est un grand vice ; Donnez quelques gros sous, Guizot priera Dieu pour vous.
Pourquoi farder son langage ?
Il faut qu'on sache partout Que la Liste a mis en gage, Naguère, son vieux surtout :
Pour payer les victuailles Et les plaisirs si cossus Du dernier roui de Versailles, Elle emprunta dix écus.
Donnez quelques gros sous, Faible aubaine Pour tant de peine; Donnez quelques gros sous, Guizot priera Dieu pour vous.
S'il faut qu'aux mots on en vienne, limon pourra prouver net Que la bourse citoyenne A le ventre fort replet.
Soit! et la Cour, à vrai dire, Pour l'arpent n'a nuls souhaits ; Mais sa tendresse désire Un souvenir des Français.
Donnez quelques gros sous, Qu'on se rende A ma demande!
Donnez quelques gros sous, Guizot priera Dieu pour vous.
7 juillet 48'rJ.
1LH iLttlt Q)S !D1I»'0.
Toujours du sang!... Quand (Jonc les maîtres de la terre. Ces contempteurs du ciel et de l'humanité, Ne lèveront-ils plus leur dîme héréditaire Sur le peuple et la liberté !
Il faut donc que toujours la fureur amoncelé, Des cadavres autour d'un pouvoir qui chancelé ! Que toujours la peur pousse aux actes insensés ! Quoi ! le bourreau lassé laisse tomber sa hache, Et les persécuteurs acharnés à leur tâche, Ne diront jamais : C'est assez !
Un lamentable écho retentissait encore : Le peuple d'Alicante écoutait, haletant, L'horrible bruit que font sur la terre sonore Les cadavres en s'abattanl!
Et voilà qu'achevant son affreuse besogne,
D'un pas louche et furtif la mort entre à Bologne ;
1 On venait d'apprendre l'exécution «le six malheureux [laliens, sacrifiés au despotisme ultramontain.
Voilà que, sur un peuple étreinten ses liens, Le plomb entrecroisant sa grêle meurtrière Vient trouer en plein jour, lâchement, par derrière, Six poitrines d'Italiens!...
L'Espagne est le pays des aveugles colères ; Ses maîtres vagabonds, astres sans lendemain, Dans le tiraillement des instincts populaires Peuvent se tromper de chemin.
Et puis, la Péninsule à côté de sa reine Place la liberté, fougueuse souveraine, Qui marche le front haut dans sa rivalité! L'Espagne, quand le fer des combattans se choque. Avec le nom royal à haute voix invoque Le nom saint de la déité.
Vous, quelle est votre excuse, ô sbires d'Italie! Dites? quand le vaincu, les flancs nus, à genoux, Lève vers vous son bras qui menace ou supplie, Au nom de qui le tuez- vous?
Aunomdeslois?-Folie!--AunomdeDieu?--Blasphème! Vos lois sont le bâton domptant l'esclave blême ; L'esclave en le brisant de lui-même s'absout. Quand le peuple qu'au joug la force a su soumetlrc Par la force s'arrache à l'étreinte du maître, La loi n'est rien, le droit est tout!
Dieu!--Ne craignez-vous pas que sa voix vous confonde? L' Homme aux simples dehors, au regard grave et doux, Qui disait : « Mon royaume est dans un autre monde, » Qu'a-t-il de commun avec vous?
Qu'importe la hauteur où l'Eglise vous place. Si les feux de la haine empourprent votre face,
Si l'ardente vengeance échauffe votre bras? Le Dieu qui sur la croix oubliant son tonnerre, Pour adieux en mourant amnistiait la terre. Oh ! ce Dieu ne vous connaît pas.
Le code de Jésus : « Aimez-vous, soyez frères ! » Le peuple s'en souvient; c'est dans ces mots touchans Qu'il trouve chaque jour des fleurs pour ses misères, Et des pardons pour les rnéchans.
Mais vous, ô fiers prélats de la sanglante Rome, Comment pratiquez-vous la loi du Dieu fait homme? Allez-vous par les champs et les moûts, chaque jour . Pénétrant les esprits d'une divine fièvre, Tendant la main au pauvre, et tenant chaque lèvre Suspendue à vos mots d'amour?
Non ; vous êtes les dieux de la nue enflammée; Votre voix c'est la foudre éclatant dans les airs ; Et quand vous paraissez, votre droite est armée D'une épée aux rouges éclairs !
Un silence de mort enveloppe le Tibre; Et quand, troublant ses flots, la voix d'un homme libre S'élève en maudissant des décrets inhumains, Par un mondain courroux votre main animée De la crosse d'argent en verge transformée Frappe l'enfant des vieux Romains.
Pontifes, votre main joue avec la tempête : Quand vos peuples ployés se lèvent, l'œil en feu, Vous n'avez pas le droit de refouler leur tête, Car la liberté vient de Dieu !
21 mai !8H.
lis CONSEILS GÉNÉRAUX Di U1AR1V1RI.
Ajr de l'Aveugle de Bagnolel.
La franchise n'est plus de mode, Le monde a le cœur perverti ; Et puis la loi n'est pas commode, Il faut en prendre son parti.
Mais quand un candidat doit nuire, Vin droit que l'on ne peut proscrire, Electeurs bourgeois et ruraux, Parbleu ! c'est de ne pas l'élire. . .
Electeurs bourgeois et ruraux, Voilà nos conseils généraux.
Vos élus, en petits ministres Dont l'œil voit jusqu'au bout du nez, Tous les ans sur de beaux registres Couchent mille projets mort-nés. Ces hobereaux au fier langage, Faisant grand bruit et mince ouvrage, Electeurs bourgeois et ruraux, Renvoyez-les à leur village...
Electeurs bourgeois et ruraux, Voilà nos conseils généraux.
- su -
Plus d'un conseiller dynastique, Dans un but tort louable en soi, Par une adresse politique, Naguère a violé la loi.
La pièce était de fort bon style ; Mais quand on aime tant l'idylle, Electeurs bourgeois et ruraux , On la cultive à domicile...
Electeurs bourgeois et ruraux, Voilà nos conseils généraux.
Le peuple solde la dépense ; Or, on l'a tant de fois refait Qu'il doit avoir le droit, je pense, D'éplucber un peu son préfet.
Trop long temps traités en gérontes.
Faites donc qu'au lieu de sots contes, Electeurs bourgeois et ruraux.
On vous fournisse de bons comptes.
Electeurs bourgeois et ruraux, Voilà nos conseils généraux.
A tous ces dignes philanthropes.
Qui pour les enfans, les vieillards, Dans la tête ont de fort beaux tropes, Mais dans la main n'ont pas deux liards ; A ces vertueux personnages, Qui donnent à l'eau mille usages, Electeurs bourgeois et ruraux, Faites avaler leurs pelages...
Electeurs bourgeois et ruraux, Voilà nos conseils généraux.
L'agronome d'un air champêtre.
Parle colis, conraissemens ; Le boutiquier d'un ton de maître, llépond moissons, assolemens.
Dans la mélasse où l'un s'empêtre, Dans les champs où l'autre pénètre, Electeurs bourgeois et ruraux, Envoyez donc ces ânes paître...
Electeurs bourgeois et ruraux, Voilà nos conseils généraux.
Chaque année on (race à grand'peine On plan do canal ou de rail, Puis à la session prochaine On refond vite le travail.
Laissez les Roui dans leur Gascogne, Les maître Adam dans leur Boulogne Electeurs bourgeois et ruraux, El l'on fera de la besogne...
Electeurs bourgeois et ruraux, Voilà nos conseils généraux.
Bref, aux Gros-Jean, à lourdes tôfes, Uix législateurs villageois, A tous les conteurs de sornettes, Dites : a C'est assez de patois. »
Quant aux ventrus, cette cohorte Qu'en province la Chambre exporte.
Electeurs bourgeois et ruraux, lâchez que le diable l'emporte!...
Electeurs bourgeois et ruraux, Voilà nos conseils généraux.
|T> un uibri l ■ ■
&a>aâ®a ^>2 ±m& (ùvza*)^