chancelier, pâle et défait
Reniant te Système, S'écrie : « O jeunes prétendans?
Contre vos ciîorts imprudens
J'ai lancé l'anathème ; Mais qui voudra de moi vaincra -, Roussissez, puis on verra...
— Et rin, tin tin, Chantait le lutin-,
Monsieur Pasquier blasphème. »•
Pasquier s'éveille en ce moment, Et pour chercher son compliment
Aussitôt il se lève; 11 le déclame tout transi, Espérant apporter ainsi
A ses maux quelque trêve.
Mais il entendait une voix Ricaner aux plus beaux endroits :
«Et rin, tin tin, Chantait le lutin,
Le grand chancelier rêve. »
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Air : J'entonne sur les troubadours, elc.
En foulant les champs espagnols Ainsi qu'à votre aurore, Écoutez-vous encore La vois pure des rossignol? :> Quand votre \i> S'ouvrait ravie Sur un beau trône, objet de foute envie, Vos yeux sur la foule à genoux Rayonnaient si vifs et si doux ; Qu'avez-vous fait de vos airs andalous?
Voyez ! chaque front ploie, Le fer partout flamboie, Enivrez-vous de doux chants et de joie!
Vous souvient-il qu'alors les pleurs N'attristaient point vos fêtes?
Dans l'air et sur les têtes Ce n'était que vivat, que fleurs Flatteurs à gages, Et plats visages Pour d'autres jours réservaient leurs hommage? Mais (rêve à tout noir souvenir; L'espoir seul ici doit s'offrir, L'espoir, baiser que donne l'avenir.
Allons! chaque front ploie, Le fer partout flamboie, Enivrez vous de doux chants et de joie !
U>s courtisans ballont des mains, Êi la cohue acclame ; Mais regardez, madame, (les hommes au boni des chemins.
Ils ont naguère, Vers la frontière, Yn fuir la femme aujourd'hui reine altière Qui sait ? votre char fastueux Demain peut-être devant eux Repassera solitaire et fangeux.
Allons, chaque front ploie, Le fer partout flamboie, Enivrez vous de doux chants et de joie l
Dans i'Escurial, sombre lieu Tout peuplé de scandales, De vos amours royales Vous allez rallumer le feu.
Vieil arbre casse ; Sur votre race Qui Munoz greffe un rejeton vivace !
Mais les hommes du carrefour Diront, comme ils l'ont fait un jour : « Soyez du peuple autrement qu'en amour. Allons l chaque front ploie, Le fer partout flamboie, Enivrez-vous de doux chants et de joie !
Vous reverrez, ô jour heureux !
Près de voire Isabelle La cohorte fidèle De vos défenseurs, de vos preux; Dressant la crête, l'oing sur la brette, Narvaez marche intrépide à leur tête.
Souriez au fier dictateur ; Puis par quelque propos flatteur Récompensez Bravo, votre insulteur.
Allons! chaque front ploie, Partout le 1er flamboie, Enivrez-vous de doux chants et de joie!
L'air retentit d'hymnes ronflans Étoiles d'hyperhol' s ; Les muses espagnoles A l'envi se battent les flancs.
Chantez, poètes, La cour tient prêtes Les laveurs qui paieront vos épithètes.
Mais écoutez dan» le lointain Ce murmure sombre et hautain :
Le vos couplets, barde», c'est lé refrain. Allons! chaque front ploie, Le fer partout flamboie, Enivn z vous de doux chants et de joie!
Alieaute, teinte de sang, Sous vos yeux se démène, Et sa sœur Carthagène Vous jette un regard menaçant.
Morne, éplorée, Désespérée, Au despotisme, a la terreur livrée, L'Espagne, où le sabre prévaut.
Se tord au pied de l'échafaud ; Mais c'est ainsi, reine, qu'il vous le. faul Allons! chaqu- front ploie, Le fer partout flamboie, Enivrez-vous de doux chants et de joie'.
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MESSIEURS LES DÉFUTÉS ?
Ai» : S'il «'ii resle une goulle encore.
Le fronl libre de nobles soin-.
Vous parlez, ô bons mandataires ; Vous allez humer sur vos terres L'odeur des bois et des sainfoins.
Déjà, tout en passant vos guêtres, Vous voyez, sensibles époux, Femmes, enfans, courir à vous, Sous les pommiers ou sous les hêtres; Bon \oyage, Solons eharnpêlres, ,/ • Allez arroser vos choux !
Dignes campagnards et bourgeois, Qui de votre épaisse poitrine Formez l'enclume où la Doctrine Nous forge ses brutales lois ; Claqueurs, et fauteurs de discorde, Bardes aux fatidiques chants, Vous qui recherchez en marchands Le mandat que le peuple accorde; Bon voyage, danseurs de corde.
Allez sauter dans les champs
Vous qui deviez tuer t< ut net Le Système qui nous désole, Et qui laites la cabriole Devant tout nouveau cabinet; Rhéteurs gontlés de suffisance, Dont le jargon est si désert, Et qui prêchez dans le désert D'un ton si rempli d'arrogance, lion voyage! à votre éloquence Faites prendre un peu le vert !
Au fisc, qui toujours tend les bras Et vers notre bourse s'élance, Vous deviez rogner la pitance ; Certes! le monstre est assez gras.
Or toujours de nouvelles sommes Qu'en rechignant nous acquittons Gorgent ses appétits gloutons.
Après avoir tondu les hommes, Bon voyage, gens économes, Allez tondre vos moutons !
Vos fils, petits-fils et neveux, En face du peuple qui crie, Soutiennent que de la patrie Vous comblez sans cesse les vœux ; Chaque jour vos mains complaisantes, En s'ouvrant, répandent dans l'air Sur tous ces fruits de votre chair Les faveurs le> plus séduisantes.
Bon voyage, âmes bienfaisantes, Vos fils nous coûtent trop cher !
Le scrutin, à ce qu'on prétend, Va prononcer sur vos mérites, El maintes gloires décrépites Ont le regard sombre en parlant.
Plats orateurs, troupe bavarde, Marchands au sourire aigre-doux, Pasquins, qui viendrez à genoux Nous juésenter votre cocarde.
Bon voyage, que Dieu vous garde!
Oui, que Dieu vous garde.. . chez vous
2 juin isiJ