‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 50 sur 56 · TS FO"J?.RA JAMAIS STSS RÉTABLIS · texte numérisé non relu

TS FO"J?.RA JAMAIS STSS RÉTABLIS

Aib d< 1 Aveugle de BagnoleU

Le ministère aime la Charte,

C'est un fait reconnu par tous;

La Gauche dit qu'il s'en écarte,

Mais la Gauche a l'esprit jaloux, [bis.

Au front de la presse indocile,

Guizot lance maint projectile ;

Maison ne rétablira pas,

— La France peut dormir tranquille!

Mais on ne rétablira pas

La censure, dans aucun cas.

Les arrêts pleuvent sur la presse, Un rit de ses vaines clameurs; Les tribunaux dans sa détresse Enveloppent les imprimeurs.

In proie à figure morose Chaque soir pèse notre prose; Mais on ne rétablira pas.

— Ce serait une belle chose r Mais on ne rétablira pas

La censure, dans aucun cas.

Le parquet, dardant ses béticles Sur chaque journal courageux, Dans les plus innocens articles Pointe des crimes monstrueux.

Vite à la justice gourmande Il faut alors payer l'amende ; Mais on ne rétablira pas,

— Qui l'oserait, je le demande? Mais on ne rétablira pas

La censure, dans aucun cas.

Duchâtel, comme chausse-trappe, ^ux écrivains tend son jury ; Chaque joui' un arrêt les frappe Et laisse un journal tout meurtri, lin hasard qui vaut de l'adresse, Fait qu'on tue à coup sûr la presse ; Mais on ne rétablira pas,

— C'est consolant, je le confesse !

Mais on ne rétablira pas

La censure dans aucun cas.

Dans son arsenal politique,

Le pouvoir à court de moyens,

Déterre quelque loi gothique,

Aux articles draconiens;

Puis sur les gens, sans dire : a Gare!

11 décharge l'arme barbare;

Mais on ne rétablira pas,

— Cassagnac tout haut le déclare, Maison ne rétablira pas

La censure, dans aucun cas

— soi —

Martin, pour mieux saisir sa proie, D'abord tue un obscur journal. (I) Mais Coste lui fraîra la voie Pour frapper le National; Bientôt il voudra sous sa botte Broyer aussi notre marotte ; Mais on ne rétablira pas.

— On mettra la presse en compote, Mais on ne rétablira pas La censure, dans aucun cas.

20 mai lKi:i.

I I.i' Temps.

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Elle vient de rugir encor puissante et fière, La voix «lu léopard, mêlée au bruit du vent! Vous le disiez mourant au fond de sa lanière; El lui, qui vous guettait des rocs de la frontière. Vous a hurlé : « Je suis vivant ! »

Et pour preuve, aussitôt, au flanc de notre armée II a laissé sa dent toute rouge imprimée. Sous la mitraille aux flots dévorans et pressés, Il a fui, mais hautain, et jetant, plein d'audace, A son vainqueur maudit un regard de menace , Il a fui furieux et les crins hérissés.

Allez ! la sentinelle errant sur la montagne Plus d'une fois fera battre encor le rappel, Et crîra : « Le voilà ! le voilà qui nous gagne ! Son bataillon, là bas, grossit dans la campagne, Comme un nuage noir s'épaissit dans le ciel!. .»

Et comme le pilote, au bruit de la tempête, L'armée à ce signal soudain se tiendra prête. Tous les yeux brilleront d'une sombre fierté; Et chasseurs, fantassins, dans leur morne attitude, Assureront, sachant que le choc sera rude, Leur jugulaire au front et leur sabre au côté.

Il Ahd-el-Kader avait à cette époque fait une trouve sanglante el inattendu'1 dans nos possession» africaines.

Car lous savent forl bien que, fier dans les défaites, Prudent dans le succès, ardent dans le combat, L'Arabe fait d'un coup voler au loin les têtes ; On sait qu'il brave, nu, des murs de baïonnettes, Et que, la bride aux dents, des deux mains il se bat.

Voyez-le, quant le soir laisse tomber son ombre, Voyez-le sur le bord de quelque marais sombre, Piquant de» deux talons son cheval des déserts ; Le large burnous blanc sur ses reins se déploie ; Il passe soucieux, comme un oiseau de proie Qui rôde affamé dans les airs.

Et qu'un de nos soldats dans la plaine chemine, Sur les crins du coursier il penchera son front, Et de l'œil pointera sa longue carabine.... Le soldat tombera frappé dans la poitrine, Et l'homme et le cheval courront.

Car il nous porte à tous une effroyable haine ; Nous avons apporté sur sa plage lointaine L'incendie et la mort ; maintenant sous le frein Nous voulons assouplir son orgueil Indomptable ; Nous voulons le chasser du royaume du sable Dont il était le souverain.

Et lui, meurt étouffé sous nos abris en pierre; Il veut l'air du désert, l'ouragan, le mistral ; A ses membres il faut le sommeil sur la terre. Et pour tout oreiller, sous l'arbre solitaire, Le cou poudreux de son cheval.

Il porte sur le front un trait que rien n'effaee ; Il a l'œil noir et fait pour regarder en face ; Son haleine est de feu, ses deux bras sont de fer : Il est Arabe, lui, vagabond noble et brave ; Il ai:ne mieux mourir que de passer esclave Aux senti >rs où son père a passé libre et H r.

Mai** sa terre est a non- ! notre armée y complète Parles pins durs travaux ses titres de conquête. Combien de fils sont morts sur ses bords étouffans! Or, l'on n'a pas le droit, après douze ans de guerre, Douze ans d'un dur labeur, de quitter une terre Semée en tant d'endroits du sang de ses enfans.

Et puis, n'avons-nous pas à braver la défense Du grand tyran des mers, du monarque du do!, Du peuple anglais, à qui la gloire de la France Pèse comme un échec, ses gains comme une offense Son agrandissement, ses succès comme un vol !

Dans ce temps où l'Europe à grands coups nous fustige. Où du nom de la France on raille le prestige , Nous tous qui conservons au cœur un peu d'orgueil, Sans les champs de bataille où notre fière armée Soutient si noblement sa vieille renommée, Aurions nous un endroit où reposer notre œil ?

Guerre donc I en avant, tous mes beaux capitaines, Changarnier, Cavaignac, Lamoricière 1 et vous, Vous glorieux soldats aux figures hautaines, Qui marchez, dédaigneux des chances incertaines, A la gloire, à la mort, sans ployer les genoux,

En avant! le lion a tracé son domaine,

Il faut que son pied seul désormais s'y promène !

Le léopard aura son abri dans les monts;

Et s'il ose troubler le roi dans sa limite,

Que le lion, sortant hérissé de son gîte,

De son ongle d'acier lui crève les poumons !

Eh! ne fallait il pas qu'un jour pour héritage L'Afrique nous échût ? nos pieds avaient passé Dans tous les lieux où Rome a marqué son passage; Il fallait bien aussi qu'aux bords où fut Carthage Des modernes Romains le talon fût tracé.

Guerre ! guerre ! l'Afrique est une fille brune, Altière, et que d'abord tout contact importune, Mais nos hardis soldats enfin la dompteront, Et bientôt, déchirant sa parure sauvage, Nous la verrons sourire et tendre son visage A la France, sa sœur, qui baisera son front.

\\ avril i»ii

LES CREDITS SUPPLEMENTAIRES

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