‹ Strophes et chansons politiquesChapitre 55 sur 56 · CIRCULAIRE D'UN VIEIL ESCARPE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE D'UN VIEIL ESCARPE

DE L'XSJDSÏIUITS PSITCSiSD

Air : Ma mère, quittez la besace, e(< .

Depuis vingt ans je suis escarpe, Ecoutez-moi donc, jeunes gens.

Je sais flairer l'homme à l'écharpe.

Je sais dérouter ses agens ; Oui, mon expérience est faite; Aussi je dis, quoiqu'un peu tard :

Filou, pillard, Voleur, pendard, Font leur métier sans audace et sans art Pour nous créer un sort honnête, Imitons le père Pritchard.

Tirer la bourse dans la rue A quelque bon provincial ; Le soir faire le pied de grue Sous les ponts ou près du canal, C'est une besogne damnée Dont le gain dépend du hasard. Filou, pillard, Voleur, pendard, Font leur métier sans audace et sans art Pour bien gagner notre journée, Imitons In père Pritchard.

— 43fi —

Aux flâneurs, aux belles marquises Le journal apprend notre nom; Mais nos gloires de cours d'assises, Hélas ï se rouillent à Toulon.

Ayons l'âme bien rancunière, Le cœur bien faux, l'œil bien cafard.

Filou, pillard, Voleur, pendard, Font leur métier sans audace et sans art : Enfans, pour qu'on nous considère, Imitons le père Pritcbard.

Nous assommons, — c'est nécessaire, Le bourgeois qui fait trop de bruit; Mais si l'on évente l'affaire, Samson s'en môle, et tout est dit.

Niais ! à quelque bon carnage Contre la France prenons pari.

Filou, pillard, Voleur, pendard, Font leur métier sans audace et sans art Pour que le bourreau nous ménage, Imitons le père Pritcbard.

A l'état suspect qu'il exerce L'escarpe se tient; mais l'Anglais, Prenant patente de commerce, Vend des Bibles, des chapelets;" Plusieurs talons sont nécessaires, L'aune marche avec le poignard.

Filou, pillard,

Voleur, pendard, Font leur métier sans audace et sans art : Pour faire honneur à nos affaires, Imitons le père Pritcbard.

Quand trahis par quelque émissaire, Sans dire gare, on nous surprend ; Tudieu ! comme le commissaire Fait bousculer le tapis franc!

Là-bas, on réclame, on accuse L'agent d'un gros manque d'égard.

Filou, pillard,

Voleur, pendard, Font leur métier sans audace et sans art Pour que l'on nous demande excuse, Imitons le père Pritcbard.

Qu'un des nôtres, dans une affaire, Furieux de se voir marron, Se révolte et pousse à la guerre Tous les sacripans du canton, On assomme le misérable...

Ailleurs, on paira son départ.

Filou, pillard, Voleur, pendard, Font leur métier sans audace et sans art : Pour braver Dieu, justice et diable, Imitons le père Pritcbard.

Enfans, émigrons tous aux îles :

Là, notre état fleurit encor!

Loin d'y pendre les gens babiles, On les couvre d'honneurs et d'or.

Volés nous-mêmes par méprise, Nous rentrons parfois sans un liard.

Filou, pillard, Voleur, pendard, Font leur métier sans audace et sans art Corbleu! pour qu'on nous indemnise, Imitons le père Prilchard.

LE MINISTÈRE A lllUTItE ANS.

air : Allez-vous-en, gens dr la noce.

Le fameux cabinet d'octobre Fait la nargue à ses concurrens.

Qu'il se nourrisse ou non d'opprobre, Qu'importe! il a tenu quatre ans.

Plus d'embonpoint et moins d'estime Fait le compte de nos Judas.

Gloire aux fronts plats !

Aux ventres gras !

Ces gens connaissent la maxime :

On vit de honte, on n'en meurt pas.

Aux coups de Palmerston en butte, Thiers criaillait sans résultat; Guizot, qui préparait sa chute, Dit : « Je puis seul sauver l'État. » Thiers cédait, mais avec menace ; Guizot mit vite chapeau bas...

Gloire aux fronts plats,

Aux ventres gras!

A genoux il demanda grâce...

On vit de honte, on n'en meurt pas.

Devant Beyrouth qu'il incendie, L'Anglais nous blesse sans pitié Dans notre honneur qu'il humilie, Dans les droits de notre allié.

Le pauvre tassai de la Porte Succombe en nous tendant les bras.

Gloire aux fronts plats,

Aux ventres gras !

Guizot dit : a Que Napier l'emporte ! » On vit de bonté, on n'en meurt pas.

Guizot, un jour, — qui n'a mémoire De ce lamentable tab'eau ? - Soutint comme un titre de gloire Sa trahison de Waterloo.

Il quêtait d'un regard sinistre Des bravos qui ne vinrent pas.

Gloire aux fronts plats,

Aux ventres gras !

Cbacunbua le noir ministre. .

On vit de honte, on n'en meurt pas.

Vint Taïli, piteuse affaire !

l'n de nos amiraux croyait Que môme devant l'Angleterre, Jamais noire droit ne ployait.

Entre Pomaré, sotte Altesse, Et l'un de nos plus tiers soldats...

Gloire aux fronts plats,

Aux ventres gras!

Guizol excusa la princesse...

On vit de honte, on n'eu meurt pas.

Plis au piège qu'il voulait tendu", Pritchard, loup singeant le mouton, Des Françaii n'avait droit d'atlendra Que la corde, ou bitn le bâton

MaisPeel prononce une parole; Et c'est nous qui paierons les plats.

Gloire aux fronts bas,

Aux ventres gras ! Guizot indemnise le drôle...

On vit de honte, on n'en meurt pas.

Pendant quatre ans, peuple de France, C'est ainsi qu'on te gouverna.

Un tel passé donne espérance; Chantons ensemble un Hosanna\ Certes, Guizot, l'homme superbe, A l'air si rogue, au cœur si bas,

— Gloire aux fronts plats,

Aux ventres gras! — Confirme à jamais le proverbe :

0,i vit de honte, on n'en meurt pas.

M novembre 184.".

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Qu'od se range. Espagnols, el que chacun se penche!

Criez : vivat ! bravo!

Voici passer, l'œil lier et le poing sur la hanche, Les deux modernes Cids : Narvaez et Bravo!

Devant vous, paladins, malheur à qui se cabre! Gare aux exaltados, aux parleurs imprudens! En dignes modères, du fil de votre sabre Vous pourfendez tous ceux qui desserrent les dent?. Sur la place, appelant la bravade à votre aide, Votre valeur se drape en gestes Iriomphans; Mais, hélas! vos grands airs, vos lames de Tolède, 0 héros! sur vos pas font rire les enfans.

Qui s'attaque à vos droits est un lâche rebelle,

N'est-ce pas? Que vous font Et les lois, et l'enfant que l'on nomme Isabelle? C'est sous votre ordre seul qu'il faut courber le front.

Du despotisme! allons, vous vous trompez d'époque,

D'hommes et de pays. Jeter le quos ego

Au milieu du conflit où l'Espagne se choque,

De votre part, seigneurs, c'est par trop hidaldo!

Aux cris du goéland la vague reste sourde.

Le Rubicon d'un bond par César fut pa

Pour tenter cel emploi voire jambe est trop lourde:

Vous resterez p'antés dans les caus du f<

Vous possédez des lois, traquenards que sait tendre

Tout violent pouvoir ; Des codes oppressifs, pièges où vont se prendre Tout esprit qui raisonne et tout œil qui sait voir.

Mais la pensée au fond de sa prison bouillonne ; Sur ses feux comprimés frémissent les États. C'est la vapeur crevant l'airain qui l'emprisonne Et répandant sa force en terribles éclats; C'est l'ennemie ardente, au combat toujours prête; C'est le droit éternel, le sentiment vainqueur, Qui, lorsque la douleur fait incliner la tête, Se redressent plus fiers au piédestal du cœur.

Vous avez une armée insolenle du verbe,

Aux grands airs fanfarons ; Qui, de bons citadins épouvantai! superbe, Caracole en faisant sonner ses éperons !

Vain appui! ces soldats, béros patibulaires, Ravageurs de maisons, égorgeurs de bourgeois, Dont la main est tendue aux plus honteux salaires, Adorent vos duros, mais méprisent vos droits; Ne le savez- vous pas : esclaves à tout maître, Machines à tout rôle, êpée à toute main, Ces bravi que votre or aujourd'hui sait soumettre, L'or d'un plus intrigant les soumettra demain.

Vous vous dites : « 11 est deux grands leviers sur terre,

Leviers que rien ne rompt; Deux forces d'un effet largement salutaire : Le sabre qui retranche et l'argent qui corrompt. »

Le sabre, vous l'avez. Allons ! à vos Espagne', Pays de noble orgueil, d'antique loyauté, Pour chasser le parfum si pur de vos montagnes, [risufflez l'air pesant de la cupidité.

Mais, tristes Augias, do vos réduits immondes La vapeur lassera bientôt tous les poumons ; Et le peuple viendra, torrent aux fortes ondes, Emporter vos fumiers au fond de ses limons.

Vous aviez pénétré les secrets du cénacle

Où Guizot trône en Dieu ; Et, prêtres apportant et le fer et l'oracle, Vous marchiez couronnés par le Juste-Milieu.

Hidicule triomphe! espoir imaginaire!

Les peuples, en voyant pendre à votre manteau Les lambeaux mal cousus de l'habit doctrinaire, Ont sifflé les jongleurs sur leur royal tréteau. Prenez garde ! aux sifflets opposer la bravade Est un jeu de roué, mais qui porte malheur; Le public fatigué, pour finir la parade, Pourrait bien culbuter Ihéàtre et bateleur !

El l'œuvre est commencée! en pesant sur la tête

Des populations.

Nains piteux, revêtus d'un costume d'athlète, Vous pensiez étouffer les révolutions.

Or, voyez! Carlhagène, Alicante, Murcie, Trois redoutables sœurs, ont bondi contre vous ; Et l'Espagne, qui bout dans sa morne inertie, S'essaie à redresser ses vigoureux genoux ; Bientôt, fière, debout et dardant ses colères, Elle vous cernera, terrible bataillon ; Et le monde verra vos fronts impopulaires Di paraître emportas dans un noir tourbillon!

23 février 18*4

LE SIEtR MAURICE Ul'VH

AUZ TOULOUSAINS (i;

Air: A coups do pieds, à coups de poings.

Messieurs, vous m'avez sans façon Traité comme un pelit garçon, Maintenant je vous fais la nique ; Vous avez l'esprit tapageur, Mais Duval est un vieux rageur :

Dansez, mes mignons,

J'ai de bons canons Que je tiens tout prêts pour la musique.

Vous pensiez que j'allais d'abord Faire feu par ebaque sabord ; De Mabul ce fui la taclique, Mais Mabul s'en est repenti ; Moi, j'ai pris un autre parti :

Dansez, mes mignons,

J'ai de bons canons Que je tiens tout prêts pour la musique.

i \u momenl de l'émeute, provoquée à Toulouse par le recensement.

— 44îj -

J'ai fait venir tout doucement Maint escadron, maint régiment Remplis d'un beau feu monarchique,

Pour exemple ils auront d'ailleurs Le zèle de mes tirailleurs :

Dansez, mes mignons, J'ai de bons canons Que je tiens tout prêts pour la musique.

Rhullière, ce vrai lansquenet, Dont la tête est près du bonnet.

Va vous inculquer sa logique ; Ce guerrier, sans écouter rien, Tue un Français comme un Prussien :

Dansez, mes mignons,

J'ai de bons canons Que je tiens tout prêts pour la musique.

Vous comptiez, dignes Toulousains,

Sur le secours de vos voisin?;

Ils allaient marcher, mais bernique !

J'ai si bien mêlé l'écbeveau

Que leur zèle est tombé dans l'eau :

Dansez, mes mignons,

J'ai de bons canons Que je tiens tout prêts pour la musique.

Le maire Arzac, ce proconsul Qui passa la jambe à Mahul Et faisait de la république, Vient d'être dégommé tout net Comme un Robespierre qu'il est :

Dansez, mes mignons,

J'ai de bons canons Que je tiens toul prêts pour la musique.

Vos fameux soldats citoyens N'étaient tous que de francs vauriens; S'ils maintenaient la paix publique, C'était — le beau profit, ma foi!

Aux dépens des hommes du roi :

Dansez, mes mignons.

J'ai de bons canons Que je tiens tout prêts pour la musique.

33 L'ESrTSfflrTS C03DIAI3.

Air : Voulez-vous savoir l'histoire, etc.

D'un quartier de viande anglaise

En deux partagé, PeeletGuizot pl-urant d'aise

Naguère ont mangé.

Ne rien être en cette fête

Cerle! eût été neuf:

Toujours quand un grand banqueté

Le pauvre est le bœuf. [bis.

Guizot, chaque jour apprête,

Sous le nom de paix, Une sorte d'omelette

Que mange l'Anglais.

Le digne John Bull nous laisse

L'écaillé de l'œuf; Dans tout plat de celte espèce

L'honneur est le bœuf.

En Afrique où le Kabyle

A du plomb anglais ; A Taïti, joyeuse île,

En pleurs désormais ; De la mer Blanche au Bengale:

Du Caire au Pont-Neuf, Grâce à l'entente amicale,

La France est le bœuf.

Malgré nos cris de détresse

Dont le pouvoir rit, Chez nous le budget engraisse,

Et l'honneur maigrit.

Le peuple sur sa litière,

De sa gloire veuf, Lsl la vache nourricière

Ainsi (pie le bœuf.

Mais il arrive une époque

De juste retour; Alors la France se moque

Des gens à son tour.

Quand gais, (rainant la rapière,

Sans pain, sans Elbeuf, Nous allons à la frontière,

L'Europe est le bœuf.

7 janvier 4845.

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