Les fonctions du cerceau, trad. franc., p. 258 et suiv
3. Les recherches de MM. Franck et Pitres ont été communiqnées eu partie à la Société de biologie, nov. etdéc. 1877. V. la Gazette médicale du 3 janvier 1877. — Mais beaucoup de faits donnés ici sont inédits : nous les devons a l'obligeance de notre excellent ami Fr. Franck.
sont insuffisants pour exciter soit toute la périphérie du cerveau, soit les centres ganglionnaires sous-jacents.
Pour ce qui est de l'excitabilité plus ou moins grande de la substance blanche, quand la substance grise est conservée ou détruite, il y a de grandes divergences entre les observateurs. Cependant, en examinant les faits de près, on trouve que ce désaccord tient aux conditions différentes dans lesquelles ils se sont placés.
Dans une des expériences que j'ai entreprises avec M. Bochefontaine dans le laboratoire de M. Vulpian . voici ce que j'ai constaté.
Sur un chien chloralisé, le gyrus sigmoïde est mis à nu : on excite la partie antérieure avec un courant d'intensité variable, et on constate que pour provoquer un mouvement, il faut un courant électrique (induit, de fréquence constante) répondant à la division 12 de la bobine de Dubois-Reymond '.
En sectionnant la substance grise, et en excitant la substance blanche sous-jacente, immédiatement, sans attendre la congestion consécutive aux lésions par l'instrument tranchant, je constate qu'il suffit d'un courant extrêmement faible = 23, à peine sensible à la langue, pour provoquer une réaction motrice.
Après un repos d'une heure, l'excitabilité a beaucoup diminué, et il faut 1 1 pour obtenir un résultat moteur. L'excitabilité s'épuise rapidement.
On met alors à nu l'hémisphère (droit du coté opposé) : à 12, l'écorce grise ne répond pas à l'excitation, tandis
1. Cette graduation, évidemment très-imparfaite, est peut-être, suffisante au point de vue physiologique. Avec une pile Gremet ordinaire, 0 veut dire très-fort, 10 de force moyenne, 20 très-faible, 30 sensible seulement au galvanomètre.
que, eu enlevant l'écorce grise, à 12 la substance blanche est excitable.
Il semblerait donc qu'on put conclure de ces expériences que la substance blanche est plus excitable que la substance grise.
Cependant, comme Franck dans un grand nombre d'expériences a obtenu constamment une grande diminution de l'excitabilité après l'ablation de l'écorce grise, et que mon expérience ci-dessus rapportée est trèsnette, je ne vois pas d'autre explication possible de ce désaccord que dans la différence des conditions expérimentales. Les chiens sur qui j'expérimentais étaient chloralisés, tandis que les chiens de Franck n'étaient ni anesthésiés, ni curarisés. Tout se passe comme si le chloral avait paralysé la substance grise périphérique, qui oppose alors à l'électricité la résistance d'un tissu inerte interposé eutre l'excitation et les faisceaux blancs, seuls excitables.
Ainsi ces diverses expériences semblent prouver que c'est la substance grise qui en réalité est excitée.
A ces faits viennent se joindre d'autres phénomènes qui paraissent particuliers à la substance grise. Ils montrent que la réaction de l'écorce grise à l'excitation diffère de la réaction des troncs nerveux.
En effet, ainsi que j'ai eu l'occasion de le démontrer ailleurs ', il ne semble pas que les excitations successives s'accumulent dans le nerf, tandis que très-probablement, elles vont s'accumuler dans les organes récepteurs, soit musculaires, soit sensitifs.
Il était intéressant de rechercher si l'écorce du cerveau se comporterait de la même manière. Or, voici ce que l'expérience m'a donné.