‹ Structure des orchidéesChapitre 5 sur 18 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

sous un aspect très-simple, à l'apparence, mais qui est le résultat d’une modification congénitale.

Elle se compose de six divisions, dont la réunion forme le périanthe ou périgone des modernes, qui est distinctement composé d’un calice et d’une corolle de trois divisions alternes, en général coloriées, conservant plus au moins d’uniformité. Par la forme et par la structure, aïnsi que par la couleur, il se détache un pétale, tépale de quelques-uns, qui modifié prend une autre dimension, des formes bizarres, entièrement distincte de la simplicité de ses deux autres compagnes; ce pétale a le nom de labelle.

Cet involucre protége les organes de la reproduction, qui intimement unis forment, au centre, et en continuation à l'ovaire, un organe spécial, plus ou moins long et plein d’apparat.

Par sa forme, il est connu sous le nom de colonne ou gynostème (1) qui lui est donné, car il sert d'union entre les mâles et les femelles. Voilä ce qu'on voit dans une fleur, ce qui détermina l’immortel Linné à la classer dans la monandr'ie, et plus tard Jussieu, dans la monoépigynie.

Elle a été ainsi considerée jusqu’à Robert Brown, qui chercha à examiner sa véritable structure et à déterminer le nombre de ses étamines et pistils, ainsi que leur position en relation au périanthe, c’est-à-dire, il a fait une étude théorique qui justifiait la forme qu’en réalité présente la fleur, modifiée de ce qu’elle devait être.

Son étude a été la clef qui a ouvert le chemin pour les autres et son résultat a été peu modifié ensuite. Ses observations, qui ont été publiées dans les Transactions of the

(4) uv pislil, STAHUV, élamine.

Opinion de C.

Darwin,

Opinion du Dr.

Lindley.

SHEREZ

Linnean Society, (1) se résument ainsi : la fleur se compose de trois pétales, de six étamines, disposés en deux ordres de verticilles, dont celui du verticille extérieur est fertile, et de trois carpelles, dont l’une par modification forme le rostelle. Ces quinze organes sont disposés en cinq verticilles alternes, trois à trois.

Le Professeur Brown, croit que trois de ces étamines se combinent avec le labelle. L’orchidologiste anglais, John Lindley, au commencement, adopta l’opinion de Brown, mais plus tard, relativement au stigmate et sa position il la modifia, c’est-à-dire, il était dans le vrai et il passa au faux, comme nous le verrons plus tard. Voilà ce qu'il dit: «While, in common with Dr. Brown Iregarded the stigmate as really consisting of confluence I also supposed the position of the stigmata to be opposite the petals... The opinion I now retracte in consequence of the position of the stigmata in Cypripediurn, which C. spectabilis hence most clearly to be opposite sepals.» ;

Le professeur Lindley en donne ainsi les caractères : « stigmata Saepius in discum mucosum Cavum nunc pr'ominentem con fluentia ; dorsale in marginem superiorem glandulis 1-2 in Vandeis Neotteisque separabilibus instructum, saepe in rostellum elongatum.. .. ; lateralia in plurimis obsoleta nunc basi labelli appendicis s. lamellarum calliorumve formä adnata.»

Il y a déjà une vingtaine d'années que Charles Darwin étudiant homologiquement les fieurs des orchidées après des études anatomiques, faites sur des espéces, la plupart Européennes, établit une autre théorie et présenta une autre structure, qu’on comprendra mieux par le

(4) Observations on the organs and mode of fecondalion in Orehideae and Asclepiadeac, in-4.0 London. 1833.

diagramme ci-joint, avec les explications qu’il en donne.

J'observe, pour compléter les vues de Darwin, que les petits cercles inclus dans les arcs, qu'indiquent les sépales et les pétales, sont des faisceaux des trachées. Je n'expose pas ici largement l'opinion de Ch. Darwin parce qu'elle est dans le livre que vous connaissez très-bien,

Sépale

Es

Sépale .. Sépale

Labelle

Fig. 1—SS. Stigmates. Sr.Stignate mcdifie pour former le rostellum. A 4. Anthere fertile du xerticille exterieur. A 2. À 3. Authères du mêne verlicile combinces avec le pétale inférieur pour former le labellum, @ 1. a 3. Anthères rudimentaires du vcrticille interieur formant généralement le clinandre, fertiles dans le Cypripedium. a 3, Troisième anthère du même xerticille qui, quand il existe, forme le devant de la colonn?.

intitulé: On the various contrivances by which british and foreing orchids are fertiliied by insects, (Det y vous la verrez.

Voilà les opinions, excepté celle de Blume, sur la structure des orchidées, mais, qu’en me guidant d’après

(4) Un volume in-60, London, 1826.

Mes doutes,

Difficulté do l’étude.

Faute d'harmonie qu'on rencontre dans une fleur.

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l'harmonie générale de la nature et pénétré de la vérité de la maxime Linnéenne que la natura non facil saltus, je ne pouvais pas admettre. L'étude que je faisais surs

des fleurs, sur de jeunes boutons, sur des fleurs fécon-" dées, ainsi que sur des fruits, me rendait perplexe. Quelques fleurs me semblaient vouloir confirmer les ré-" sultats connus, mais d’autres en présentaient de différents, ce qui m'obligeait à rejeter ce qui était déjà" établi, quoique affirmé par des opinions autorisées. À, la fin, après plusieurs études anatomiques, en sections transversales, et en sections verticales, il me semblan que j'étais arrivé à détacher les organes que je cherchais“ et à séparer leurs respectives positions.

L’union intime des organes rend extrémement difficiles leur séparation, et on ne peut le faire qu'avec l’aide de“ deux microscopes où simultanèment on observe les cou pes transversales et longitudinales. |

Quiconque étudie, même légèrement, une orchidée,« fera tout de suite cette réflexion : comment un organe | femelle, peut-il se terminer en mâle? Je m'explique avant d'exposer le résultat de mes observations.

En prenant une fleur d’orchidée quelconque, on re marque dans son ovaire six divisions, dont trois placen-« tifères, qui correspondent aux trois pétales, et trois divisions stériles, aux sépales. |

Eh bien, celles ‘qui doivent correspondre aux trois. stigmates, se présentent opposées aux sépales dans le. gynostème, ce qui est d'accord avec Lindley et Darwin Mais, comment explique-t-on cette transposition d’un organe contre la loi de l’alternance ? Le gynostème est creux en dedans, c’est-à-dire, il a un cunicule qui se pro“ longe jusqu’à l'ovaire ; comment donc expliquer le passage d’un organe de la face vers le côté opposé sans que celui-ci traverse au dessus de l'ouverture cuniculaire ?

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C’est ce que tout d’abord, j'ai tâché d'étudier, me basant sur l'harmonie de la Création, ne pouvant pas pour cela accepter, sans contrôle, l'opinion des maîtres celèbres.

Je présente le diagramme que j'ai élabli, fondé sur mes observations, qui pourront n'être pas vraies, mais qui ont été consciencieusement faites et qui expliquent beaucoup mieux l’anomalie des fleurs en question, comme vous le verrez plus loin.

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Fig. I1.—E. E’tamines qui forment les côtés et la face du gynostème. E’ E’tamine qui forme le dos du gynostème et uni aux latèraux forment le clinandre. E.” E’tamines qui subdivisées forment non seulement les côtés que les staminodcs. etc. $S., Stigmates unis, fertiles dans le Cypripedium, S.” Stigmate dorsal qui forme le rostele.

Avant d'y arriver, il me convient de faire une observation. On a établi pour les végétaux ligneux un nom pour désigner le point où la tige se sépare de la racine, pourquoi n’établissons nous pas aussi un nom pour indiquer la séparation entre l'ovaire et le calice, quand celui-ci est distinct et ne peut pas être confondu avec des bractées ?

Plan divisoire entre l’ovaire et lo calice des orchidées. Mézanthe.

© Harmonie. Modifications sans être motivées par les gérations.

Fleur anomale.

Dans les orchidées, le calice a toujours une ligne de séparation bien nette, ligne qui est occupée par un calicule dans les genres Zpisthephium, Lecanorchis et dans quelques Vanilles, pourquoi donc ce plan de division, ne porte-t-il pas un nom pour l'indiquer ? Dans ce moment, par exemple, l'absence d’un nom m’embarasse pour pouvoir clairement etnaturellement expliquer la position des filets des stigmates, et, dans ce cas, je n’ai pas hésité à créer un nom pour la ligne ou plan de division entre l’ovaire et la racine du calice. Pour cette ligne, je propose donc le nom de mezanthium, On mésanthe, dont l’origine grecque vient de uécos, milieu et avûcs, fleur. Après cette remarque je crois pouvoir continuer.

Comme nous le savons, les unions des organes fioraux sont très-communs parmi les monocotylédonées ; la loi organogénique et celle de l’alternance ne sont jamais démenties, quand on connait bien la morphologie vegétale et pourtant guidé par ces principes établis dans la science et par ce qu’on voit dans la nature, je suis arrivé à un résultat, quoique contraire à celui déjà connu, mais qui nous montre bien les modifications par lesquelles a passé une fieur d’orchidée, pour arriver à l’état où on la voit aujourd’hui ; c'est-à-dire, sans les modifications des gérations, mais comme telle qu’elle est sortie des mains cu Créateur, qui, dans sa sagesse, nous présentant ce que nous voyons naturellement, n’a pas laissé, au fond, de suivre organogéniquement le type établi, qui caché on peut néanmoins le démasquer.

Nous pouvons considérer une fieur d’orchidée comme une fieur anomale, car l’anomalie, selon la bonne définition de Sainte-Hilaire, n’est qu’un autre arrangement qui a ses limites et ses régles, en nous offrant des transitions d’un ordre habituel pour un autre nouveau. En considérant bien l’anomalie, elle n’entre pas dans les faits

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tératologiques, car jamais elle n’attaque la santé du végétal.

En faisant une section horizontale dans l'ovaire d’une orchidée,on voit facilement qu'il est composé de six carpelles et non de trois, quoiqu'il présente trois placentas seulement. Pour n’en admettre que trois, comme en général les placentas occupent les bords des feuilles carpellaires, et non la nervure médiane, nous aurons trois placentas occupant les bords des feuilles carpellaires et la déhiscence du fruit se faisant par les nervures, ce qui n’a pas lieu dans ce cas et même ce fait est très-rare dans d’autres fruils. Outre cela, dans l'ovaire uniloculaire, les placentas pariétaux ne peuvent pas, d'aucune manière, laisser d’appartenir à deux carpelles différentes, par conséquent trois placentas représentant six carpelles. Nous avons alors six carpelles, comme nous le verrons mieux plus loin, mais outre ces six, nous voyons encore en plus trois divisions stériles et nous observons encore sur le dos des carpelles fertiles quelque chose qui les modifie toujours, ce qui, d’après la loi de la symétrie, nous permet de dire que la fleur contient douze carpelles. (Fig. III. a. D. c.)

Cela nous semblerait absurde, si nous ne savions pas que deux verticilles peuvent se lier intimement en nous présentant de nouvelles formes et une nouvelle consistence. Ainsi, le type primitif de ces fleurs, s’il a existé, ce dont je doute, devait être composé: d’un calice de six sépales (Fig. III b. c.), d'une corolle de six pétales (a.), d’un androcée de six étamines (d.) et d’une gynécée de six stigmates, ( Æ. ) groupés par trois.

Il semble que cette hypothèse est contraire à ce qui est établi, c’est-à-dire, que le nombre trois caractérise les monocotylédonées, mais je ne m'éloigne pas de ce principe, tant que le nombre trois est celui que je

Trois valvulot qui correspondens à six carpelles.

Type théorique d'une fleur.

Exemplo de do1ze carpelles.

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présente prédominant dans les verticilles de la fleur, comme nous la voyons aujourd’hui.

En recherchant les parties qui la constituent, je rencontre le nombre trois, mais venant de six, ce qui ne fait pas exception à la loi, parce que ce fait le confirme, présentant clairement des verticilles de trois organes.

Les feuilles carpellaires en formant un verticille au lieu de se souder par les bords, ont souffert une compression qui a servi à les diviser en deux, six en cercle extérieurement (b. c.) et les autres six en dedans. (a.) Là commence l’anomalie avec l’union des unes avec les autres, en formant les deux verticilles au sommet de l'ovaire et un à la base.

Les six qui sont devenues intérieures, alternativement, se sont soudées deux à deux et ont conservé la proprièté reproductrice, pendant que les six extérieures, trois sont devenues stériles et trois s? sont liées intimement aux intérieures, protégeant les bords liés, où les placentas se présentent, en déterminant ainsi la forme qu’elles offrent aujourd’hui.

Voyez le diagramme que j'ai établi pour l'ovaire et le gynostème.

Dans quelques Epidendres, (Encyclium) nous rencontrons clairement la preuve que les trois des six carpelles stériles se lient avec les six fertiles. (7ab. I].

Sig. 3-4.)

En prenant le fruit de l'Epidendrum odoratissimum on voit que les six carpelles fertiles (&. a.) sont lisses extérieurement, pendant que les trois stériles (b. b.) sont granuleuses ; et bien, dans l'union des carpelles fertiles, opposées aux cordons placentifères, existe une raie profonde, dans chacune des paires, dont la concavité est granuleuse, comme les trois carpelles stériles et nous montrent qu’elles sont de la même nature.

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