SESSION EXTRAORDINAIRE A GRENOBLE EN AOÛT
-> écailleuses (squammiformes) qui le couronnent. Dans ce système, les bour- « geons envoient perpendiculairement, à travers la niasse cellulaire lors » existante, des corps radiculaires, renfermés dans une gaine qui descend avec » eux, et dont ils percent à la lin l’extrémité pour s’épanouir en ce faisceau » de libres qui occupe la base de la souche. Cette gaine, cette sorte d’étui, » n’est ainsi qu’une coléorhize qui devient peu à peu charnue, globuleuse, et » joue le simple rôle d’enveloppe vis-à-vis du pivot central, qui se renouvelle
» chaque année de celte façon. D’où il suit que la partie souterraine du Cory- » dalis solida n’est ni un rhizome ni un bulbe, mais une véritable racine » pivotante coléorhizée ; cette colonne centrale qui en occupe le milieu est le » pivot, la masse charnue en est l’écorce. Le collet se trouve alors évidemment » au sommet du tubercule, lequel appartient ainsi au système descendant...
’> Voilà deux manières de voir complètement en opposition. »
« Le système adopté par M. Germain de Saint-Pierre, continue M. Micha- ” let, est assurément assez ingénieux. Pourquoi, en effet, le rôle que joue la » coléorhize après la germination ne se renouvellerait-il pas chaque année " pour la formation de la masse cellulaire ? Ce ne sont pas là toutefois les résul- ” tats auxquels j’ai été conduit, et il y a, ce me semble, de graves objections • à faire à cette opinion. »
Si, comme le dit M. Michalet, mon système est ingénieux, je me garderai bien d’en tirer vanité ; j’espère, en effet, démontrer que tout l'honneur en revient à la nature elle-même, à cette nature si ingénieuse, il est vrai, à multiplier sous des formes merveilleuses et infiniment variées les applications des lois au fond desquelles nous retrouvons invariablement, quand nous avons su les comprendre, la sagesse immuable de l’éternel Législateur.
Les objections de M. Michalet sont les suivantes : « El d’abord, dit-il, il " est facile de constater que le bourgeon reproducteur ne naît pas à l’aisselle 0 de l’une des feuilles écailleuses (squammiformes) qui surmontent le tuber- ” cule. » — C’est précisément l’existence du bourgeon à l’aisselle de l’une des feuilles squammiformes que je suis en mesure de faire constater à la Société; seulement celte recherche ne doit pas être faite lorsque la plante-mère est trop avancée dans son évolution, et quand ses feuilles squammiformes sont altérées ou détruites ; la recherche doit avoir lieu lorsque le bourgeon commence à se développer à l’aisselle de la feuille squammiforme axillante. On le voit P°mdre déjà au mois de mai, pendant la maturation de la grappe fructifère ; ’ien n’est plus facile alors, en pratiquant une coupe verticale de la souche, que de reconnaître la position de ce bourgeon (indiqué dans les ligures qui sont sous les yeux de la Société) ; au mois de juin, le bourgeon est un peu plus dével°l»pé, et les feuilles squammiformes du bulbe-mère peuvent encore être bien conservées ; trois mois plus tard, vers la lin de septembre, le bourgeon a pris beaucoup de développement, mais les feuilles squammiformes de la plante-mère *>111 souvent desséchées, et il serait, par conséquent, difficile alors de démon-
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lier que le bourgeon est axillaire.’ C’est sans doute à cet étal que 31. Michalet a dùl’examiner; il indique, en effet, les mois de juillet et d’août comme l’époque à laquelle le bourgeon commence à se montrer ; on vient de voir qu’il n’est déjà plus temps de constater le point où il a pris naissance. Le corps radiculaire de ce bourgeon est alors cylindrique et descend entre l’axe spongieux de la plante-mère et l’écorce charnue (jouant le rôle de coléorhize), de cette plante-mère, dont la tige et les fibres radicales sont alors détruites.
31. Michalet admet, du reste, plus loin que le bourgeon est axillaire, mais qu’il naît à la base du tubercule, dans l’épaisseur de l’écorce charnue regardée par lui comme composée de gaines soudées, et que je considère comme des décurrences des feuilles squammiforines insérées au sommet de la souche. J’ajouterai que, dans les cas normaux ou anomaux de soudures de feuilles entre elles ou avec l’axe, j’ai toujours vu les bourgeons axillaires naître à 1’uissel/e apparente, c’est-à-dire au point où cesse la soudure et jamais dans l’étendue où la soudure existe.
La seconde objection de 31. Michalet est la suivante : « Si, dit-il, la formation de la masse charnue résultait du renflement d’une gaine ou coléorhize » qui envelopperait la fibre radicale émise par le bourgeon reproducteur, cette » formation ne devrait avoir lieu (pie de haut en bas, et le nouveau tubercule » ainsi produit serait attaché à l’ancien par son sommet, non par sa partie
» inférieure. J’ai vu le contraire. Je signalerai deux observations pour dé-
» montrer ce point. »
Les deux observations citées par 31. Michalet présentent deux exemples d un même fait : dans un cas, il s’agit d’une plante florifère dont la souche a continué à vivre dans l’herbier pendant un certain temps; dans l’autre cas autre souche gemmifère a commencé à sécher abandonnée à l'air libre ; dans l’un et l’autre cas, les tiges florifères et les bourgeons s’étant flétris et desséchés, il est né postérieurement, vers la base de la souche, un bourgeon <pii s’est frayé un passage au dehors ; les bourgeons naissent donc, dit
31. Michalet, de la base et non du sommet de la souche bulbiforme. • ' ol<l ma réponse : Le bourgeon supérieur déjà développé, et qui s’est forcément desséché par suite du séjour prolongé de la plante à l’air libre, était le boni geon normal et axillaire; les bourgeons qui se sont développés plus bas pai suite de la destruction du bourgeon normal, sont des bourgeons adventifs. susceptibles, chez cette plante comme dans beaucoup d’autres, de se (lève
une
lopper sur différents points de la racine.
Jci encore mes observations et
les figures à l’appui viennent éclairer la question. J’ai coupé en plusieurs tranches horizontales des souches du Corydalis solida, j’ai subdivisé ccs tranches par une coupe xerlicale passant par l’axe du bourgeon, et j ai plante les fragments appartenant à la partie moyenne du tubercule. Ces fragments ont constitué des boutures ; un bourgeon est né de la face supérieuie d* tranche au point eorespondant à la décurrence ou racine du bourgeon 1101