III. Couche des cellules nerveuses
La couche des cellules nerveuses [couche ganglionnaire , couche des vésicules caudales nuclèêes de Bowman) est cararactérisée parla présence de cellules ganglionnaires analogues à celles du système nerveux central; ces cellules, indiquées pour la première fois par Valentin et par Krause en 1842, sont de dimensions très-variables (du simple au double) ; elles mesurent en moyenne 10 à 15 (a de diamètre et forment une couche unique ; au niveau delà tache jaune, elles deviennent plus nombreuses et se stratifient pour disparaître ensuite complètement au niveau de la dépression centrale. Elles sont granulées, mais dépourvues de pigment; cependant, d’après Corti, elles présenteraient dans la rétine de l’éléphant une couleur jaunâtre pouvant aller jusqu’au brun. Elles offrent un beau noyau et un nucléole , comme les cellules nerveuses centrales; leur étude est, comme celle des fibres, plus facile au niveau de Yora serrata (1), où elles se trouvent plus disséminées. À l’état vivant, elles sont d’une transparente parfaite; leur nucléole paraît un peu étoilé (Schultze).
D’après Wecker il serait très-facile de se convaincre de l’existence d’une membrane d’enveloppe sur ces cellules, chez les grands animaux et en particulier chez la baleine. On rencontrerait parfois des cellules éventrées, dont la membrane est munie de prolongements qui eux-mêmes renferment encore une partie du contenu granuleux de la cellule.
D’après Santi-Sirena (2) les cellules ganglionnaires mul-
(I) Voyez plus loin. p. G8.
(“2) Op. cit. in Centrblt. 1872, n° 13, page 206.
tipolaires delà rétine du cheval possèdent, commecelles du grand sympathique et des ganglions spinaux, une membrane renfermant des noyaux, et qui se continue pendant un certain temps sur les prolongements de la cellule. 11 n’a pu retrouver celte enveloppe nuclêêe sur les cellules ganglionnaires de la rétine de la baleine.
Schultze leur décrit une structure par couches plus ou moins concentriques et par fibrilles irrégulières, ainsi qu’on l’a décrit depuis Stilling sur les cellules des centres nerveux (1).
Ces cellules sont multipolaires, rarement bipolaires; ces prolongements sont en général ramifiés et se dirigent, îes uns en dedans vers la membrane précédente, les autres en dehors vers la membrane suivante.
Les prolongements qui se dirigent vers la couche des fibres du nerf optique sont remarquables par leur épaisseur relativement considérable; il est aujourd’hui admis partout le monde que ces prolongements, comme Corli le démontra l’un des premiers en 1850, vont se mettre en connexion avec les cylindre-axes de la couche précédente. Manz, dans des rétines de grenouille préparées par l’alcool, a pu enlever la couche des fibres nerveuses en entraînant celle des cellules et mettre ainsi en évidence cette continuité. Nous pouvons donc dire que les cylindre-axes du nerf optique viennent passer par les cellules nerveuses de cette. couche pour se rendre à la périphérie, mais il est encore permis de se demander, avec M. Schultze, si toutes les fibres du nerf optique passent par ces cellules pour se rendre aux couches suivantes. Le nombre des cellules ganglionnaires, comparativement aux fibres nerveuses, paraît à Steinlin trop inférieur; de sorte qu’il est porté à admettre une autre terminaison de ces dernières. Peut-être des différences de
(î) Yoy. de plus : Grandrv, Bulletin de V Académie royale de Belgique , mars 1808 — et Onimus (noies à la Physiologie de Hermann , p. 482).
ce genre expliqueraient-elles des différences de lonctions dans les fibres.
Les prolongements externes sont relativement plus nombreux, plus petits et plus ramifiés; ils se rendent dans la couche granulée interne, où nous essaierons bientôt de les suivre.
Outre ces prolongements internes et externes, Corli (sur l’éléphant) en a encore décrit d’autres qui uniraient entre elles les cellules nerveuses de cette couche. J’ai cru moi-même, dit Wecker (1), en avoir constaté l’existence; mais des recherches plus assidues, auxquelles je me suis livré pendant quatre années, ne m’ont jamais permis d’obtenir les préparations propres à appuyer cette première opinion. Il est donc probable que je m’étais trompé.
Les cellules nerveuses que nous venons d’étudier sont placées au milieu d’une substance de soutien qui lait directement suite aux fibres radiées étudiées avec la couche précédente. Elle se compose de substance amorphe, de fibrilles et de plaques membraneuses formant de grandes vacuoles pour loger les cellules ganglionnaires, circonscrivant de plus petits espaces pour donner passage aux prolongements nerveux et aux cylindre-axes.