‹ Struensée: drame en cinq actes et huit tableaux en versChapitre 11 sur 101 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

STRUBNSéE.

Moins funeste cent fois que ces jours sans clarté.

RANTZAU

Oui, s'il n'est pas suivi de plus d'obscurité.

Je n'incrimine rien ; vos desseins sont sublimes,

Mais votre illusion s'ébat sur des abîmes.

Et, courant au hasard dans le mystère humain.

Vous dansez sur la poudre, une torche à la main.

L'esclavage ferait courir au chaos même.

RANTZAU

Mais vous estimez donc les hommes?

Je les aime.

RANTZAU

Vous en serez haï, maudit, persécuté...

Quand Socrate vainqueur met l'âme en liberté, A son esprit ailé qu'importe la ciguë ?

Hélas! la calomnie est une flèche aiguë

Pire que le poison de Socrate ; ses coups.

Pour nous toucher au cœur, frappent autour de nous.

Prenez bien garde.

A quoi? que dit-on?

12 STRDENSÉE.

RANTZAU

Que la reine.;.

STRUENSÉEy Uenaillant d'inquMtade.

Dieu!...

RANTZAU

Vous regarde en femme et non en souveraine,

STRUENSÉE, indigné.

Qui dit cela?

RANTZAU, lai donnant un libelle ooTert.

Lisez.

STRUENSÉE, après aToir Jelé les yeax sur le libelle.

Infamie!... Ah! parbleu!...

Voilà qui veut du sang ; je jure qu'avant peu Le billot châtiera l'auteur de ce libelle...

Dédaigneusement.

Mais non, c'est un laquais, j'en ferais un rebelle.

Rendant le libelle à Rantzau.

La fange n'atteint pas un front dont la beauté Est faite de candeur, d'honneur et de fierté... Une âme où la splendeur morale est infinie.

Le firmament, monsieur, craint-il la calomnie? La reine s'intéresse à mon œuvre, en effet... Et vous verrez le peuple heureux par son bienfait. Mais son auguste époux qui sait s'inspirer d'elle, Comme elle, se confie à son sujet fidèle Et mon œuvre lui plaît, car il est sûr de moi.

RANTZAU, Ini tendant la main.

Je jure sur l'honneur, monsieur, que je vous croi.

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