‹ Struensée: drame en cinq actes et huit tableaux en versChapitre 83 sur 101 · SCÈNE IV LE ROI, LA REINE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV LE ROI, LA REINE

LA REINE, comprenant, et pounant un cri terrible en tombant aux

genoux du roi»

Ah! Sire, j'ai menti, j'ai menti, j ai menti... Non, non, cela n'est pas ; vous ne pouvez pas croire Cette chose honteuse et basse ; ohl l'âme noire !... Mentir ainsi !... L'avoir ainsi lait condamner!... Pour donner à son fils un trône, assassiner La droiture, l'honneur, la vertu, l'innocence!... Forger un crime !.., Ahl Dieu ! Que n'ai-je la puissance D'ouvrir tout grand mon cœur à vos yeux ! vous verriez Tout mon être si pur, qu'alors vous me croiriez. Et vous-même, effaçant la tache avilissante...

Désespérément.

Je jure devant Dieu que je suis innocente ; Donc il est innocent ; vos yeux sont-ils fermés Pour ne pas voir cela?

Sanglotant.

Dieu!

LE ROI

Comme vous l'aimez !

LA REINE, Tlvement.

Non, je ne l'aime pas... je le plains, puisqu'il soufTre Pour moi, par moi. J'ai sous ses pas ouvert ce gouffre, Et par mon imprudence... et par votre bonté : C'était l'apôtre en lui que j'avais écouté.

Je vous gagnais vous-même à son beau rêve austère, Et vos décrets jetaient du bonheur sur la terre, Et nous ne savions pas que ma faveur, un jour, Pût être interprétée à criminel amour.

LE ROI

11 vous aime.

LA REINE

Non, non.

LE ROI

11 vous aime.

LA REINE

Ah! que sais-je?...

Un poète, un rêveur qu'une reine protège Peut s'éblouir, ses yeux dans un songe noyés L'égarent, mais c'est un vertige.

LE ROI, la legardant dans les yeux.

Vous croyez ?

LA REINE

Non, non, c'est vrai ; je crois qu'il m'aimait... oui, peut-être il m'aimait ; vous voyez, je suis franche.

LE ROI, lui prenaot le front et le relevant pour la regarder dans les yeux.

Oh î connaître Le secret de ce cœur 1

LA REINE

Mais vous le connaissez...

Je vous dis qu'il m'aimait, ce n'est donc pas assez?

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