ACTE QUATRIÈME
Relevant le front fièrement.
Mais s'il m*aimait, il me vénérait plus encore.
LE ROI
A genoux, n'est-ce pas? Mais dis donc qu'il t'adore î
LA REINE
Gomme un muet, alors. Jamais il ne parla.
S'il m'adore, faut-il le tuer pour cela ?
LE ROI
Il a parlé, puisqu'on m'a redit ses paroles.
LA REINE
Oh ! des mots dénués de sens, des phrases folles, . Rien que l'enfantillage ému d'un cœur troublé ;
Avec une sorte d'autorité.
Puisqu'il se croyait seul, Sire, il n'a point parlé.
LE ROI
Vous le défendez trop ; et votre cri d'alarme L'accuse infiniment, comme aussi cette larme: Vos pleurs, voilà l'outrage impardonnable...
LA REINE, se relevant bruM|uement et s'appuyant sur le donier d'un fauteuil.
Hélas !
Je croyais... qu'en disant...
LE ROI, avec rage.
Vous ne comprenez pas Que cet homme a jeté sur moi, sur ma couronne. Sur toute ma maison, sur toute ma personne Le ridicule ?
LA REINE
Non,
LE ROI, conlinaant.
...La honte?
LA REINE, haletante d'épQuvanle.
Non, c'est trop.
LE ROI
Et que rien ne peut m'en laver que le bourreau?
LA REINE, se cachant la tête dans ses mains.
Ah!
LE ROI, lui saisisfant les mains.
Tu ne comprends pas qu'il doit payer tes larmes ? Oui, n'est-ce pas? Tamour d'un apôtre a des charmes Que celui d'un époux n'eut jamais? Justes cieux ! La belle jeune fille arrive ; dans ses yeux La candeur est écrite et la fierté rayonne ; On Tadmire, on lui ceint le front d'une couronne ; On puise tout orgueil dans ce beau front vainqueur, Toute foi dans ces yeux, tout espoir dans ce cœur ; On l'adore, on s'oublie, on se donne, on se livre ; Elle devient la joie et la raison de vivre ; On la comble d'amour... Oh! l'amour, je le sais. D'un vieillard... qu'ont usé les désordres passés Favorisés par la marâtre... œuvre infernale Qui vous prive à jamais d'une amour virginale !... Mais enfin, malgré tout..., on l'aime, cette enfant ; Et voilà qu'un matin, sûr de lui, triomphant. Le printemps passe avec sa beauté d'auréole, Le printemps, l'homme jeune ; et la jeunesse vole Vers la jeunesse ; et les deux cœurs sont haletants, Parce que c'est la loi qu'on halète au priijitemps. Et le cœur innocent fléchit sous la nature, Et soi, l'époux honni, risible créature,