‹ Struensée: drame en cinq actes et huit tableaux en versChapitre 90 sur 101 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Après un silence. Avec force.

Du crime qu'il permet tout un peuple est complice, Juges iniques!... Non, assassins! Ce supplice Déshonore avec vous le pays, mais parbleu, Vous comptez sans Rantzau.

ÉTeillant Stniensée.

STRUENSÉE, se rëveillanU

Ah! mon Dieu!...

Le visage illuminé.

Je la voyais... Mathilde...

RANTZAU, vivement.

Ohl malheureux!...

En rêve.

Un beau conte de fée en somme qui s'achève.

C'est fini, tout s'envole et je ne rêve plus. Rantzau, dans ma prison?

RANTZAU

J'ai des gens résolus ; Hâtons-nous. Sous mon toit je vous offre un refuge.

STRUENSÉE, Uës étonné.

Vous? pourquoi?

RANTZAU

Pour sauver mon pays que Dieu juge Du déshonneur d'avoir répandu votre sang.

Mon amour ne veut pas qu'il tue un innocent.

STRUENSÊE, arec joie.

Ahl j'ai donc un ami! vous, mon noble adversaire, Vous!

Lui serrant la main avec effusion.

Merci!

Après un temps.

Mais la mort m'est bonne et nécessaire :

Laissez-moi m'en aller, il m'est doux de partir. Et j'en ai des raisons...

RANTZAU

Que je crois pressentir.

Je puis bien vous parler sur le bord de la tombe De celle que j*adore et pour qui je succombe, Puisque ce saint amour que vous-même plaindrez Ne fut qu'un long silence à ses pieds vénérés. vénération plus douce que l'ivresse Des plus ardents baisers ! Songer : « C'est la maîtresse De mes jours et son cœur l'ignore. 9 S'enfermer Tout en soi, ne vouloir l'aimer que pour l'aimer, Trouver dans ses respects d'adorables supplices Des tortures des sens se faire des délices, Mettre tout son orgueil à n'en rien espérer, Dieu juste! et n'aboutir qu'à la déshonorer!

Très nerveusement.

Où va-t-on reléguer sa jeunesse éperdue?

Sa voix toujours plaintive et jamais entendue, Quels murs Tétoufferont, céleste chant d'oiseau?

Avec une sorte d'effroi.

La reine va souffrir et je vivrais, Rantzau?

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