L.\ KEINK
Eh bien ! repoussez donc votre propre saJut.
Je n'exige plus rien pour vous, mais pour moi-même;
Souvenons-nous tous deux.
Madame
Je vous aime.
LA RRINE.
Ciel!
Adieu pour jamais. Vous tiendrez votre foi, Vous serez généreux ; sauvez-moi ! sauvez- moi !
On vient.
Entrent MA.mi<: JUCIE, GULDBERG, SEIGIVEURS et DAMEH, mi^^SQfJKIS.
(La reine remet son masque et s'éloigne rapidement de Struensée. La reine Marie-Julie aperçuit ce mouvement.)
GCLDURRG.
Dies irœ. La fête est monotone Comme un enterrement.
LA REINE JULIE
Faut-iî qu'on s'en étonne?
La reine, que partout je cherche vainement, Nous en fait regretter le plus bel ornement.
Et puis aus&i, madame, on s'étouffe, on suffoque. Chacun de nous longtemps a soufflé comme un phoque Et derrière le masque abrité ses lazzis ; Nous étions gais alors, très gais, mais cramoisis. L'hygiène l'emporte; adieu la mascarade.
Plus de propos en l'air, d'intrigue, d'algarade ; Nous étions à l'envers, nous sommes à l'endroit ; Il fait trop chaud, voilà poui-quoi le bal est froid.
STKDKNSÉE, à part.
Quels éclats! comme ils font as?aut de facéties I Ah! Rantzau, je commence à croire aux prophéties.
LA REINE JULIE
Mais le masque, messieurs, qui sert de paravent. Sous l'intrigue de bal en abrite souvent Une autre
(La reine se démasque.)
Vous ici, madame ? je regrette De vous faire subir ma présence indiscrète î
Mais votre isolement pour nous est peu flatteur
Pardon, je n'avais pas vu monsieur le docteur.
(Au groupe qui l'entoure.) C'est une solitude à deux, un téte-à-téte.
Nous ne sommes pas seuls éti-angers à la fête ;
Car votre fils y manque et bien plus tristement. N'est-elle pas au seuil «le son appartement Où le iien commun du devoir les enchaîne, La place du docteur et celle de la reine?
LA KEINE JULIE
Ah ! c'est juste ; le roi souffre ; pauvre Christian ! Et surtout, m'a-t-on dit, surtout depuis un an.
STRUE.NSÉE.
Depuis un an, madame? autant qu'il m'en .«ouvienne. Son mal est d'origine encore plus ancienne; On le fait remonter au temps ou, m'a-t-on dit, Le prince roya! but un breuvage maudit.
GULDBERG.
C'est un conte.
Les faits m'a-t-on dit, sont notoires.
GUIDBERG.
Une vieille légende !