‹ Struensée, drame en cinq actesChapitre 12 sur 16 · L.\ KEINK · texte numérisé non relu

L.\ KEINK

Eh bien ! repoussez donc votre propre saJut.

Je n'exige plus rien pour vous, mais pour moi-même;

Souvenons-nous tous deux.

Madame

Je vous aime.

LA RRINE.

Ciel!

Adieu pour jamais. Vous tiendrez votre foi, Vous serez généreux ; sauvez-moi ! sauvez- moi !

On vient.

Entrent MA.mi<: JUCIE, GULDBERG, SEIGIVEURS et DAMEH, mi^^SQfJKIS.

(La reine remet son masque et s'éloigne rapidement de Struensée. La reine Marie-Julie aperçuit ce mouvement.)

GCLDURRG.

Dies irœ. La fête est monotone Comme un enterrement.

LA REINE JULIE

Faut-iî qu'on s'en étonne?

La reine, que partout je cherche vainement, Nous en fait regretter le plus bel ornement.

Et puis aus&i, madame, on s'étouffe, on suffoque. Chacun de nous longtemps a soufflé comme un phoque Et derrière le masque abrité ses lazzis ; Nous étions gais alors, très gais, mais cramoisis. L'hygiène l'emporte; adieu la mascarade.

Plus de propos en l'air, d'intrigue, d'algarade ; Nous étions à l'envers, nous sommes à l'endroit ; Il fait trop chaud, voilà poui-quoi le bal est froid.

STKDKNSÉE, à part.

Quels éclats! comme ils font as?aut de facéties I Ah! Rantzau, je commence à croire aux prophéties.

LA REINE JULIE

Mais le masque, messieurs, qui sert de paravent. Sous l'intrigue de bal en abrite souvent Une autre

(La reine se démasque.)

Vous ici, madame ? je regrette De vous faire subir ma présence indiscrète î

Mais votre isolement pour nous est peu flatteur

Pardon, je n'avais pas vu monsieur le docteur.

(Au groupe qui l'entoure.) C'est une solitude à deux, un téte-à-téte.

Nous ne sommes pas seuls éti-angers à la fête ;

Car votre fils y manque et bien plus tristement. N'est-elle pas au seuil «le son appartement Où le iien commun du devoir les enchaîne, La place du docteur et celle de la reine?

LA KEINE JULIE

Ah ! c'est juste ; le roi souffre ; pauvre Christian ! Et surtout, m'a-t-on dit, surtout depuis un an.

STRUE.NSÉE.

Depuis un an, madame? autant qu'il m'en .«ouvienne. Son mal est d'origine encore plus ancienne; On le fait remonter au temps ou, m'a-t-on dit, Le prince roya! but un breuvage maudit.

GULDBERG.

C'est un conte.

Les faits m'a-t-on dit, sont notoires.

GUIDBERG.

Une vieille légende !

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