ACTE DEUXIÈME
RANTZAU, sortant de l'appartement du roi.
Pourrai-je ranimer ce flambeau qui vacille ? Plus que je ne pensais l'épreuve est difficile. Pauvre peuple, sur qui domine un pauvre roi !
Un OFFICIEH entre, l'épee à la main.
RANTZAU
Que se passe-t-il donc? d'où vieiit cet air d'etfroi?
l'officier.
Un horrible malheur : par la foule agitée La reine vient, ainsi que nous, d'être insultée. « Rangez-vous! » s'écriaient des voix insolemment > < Place! laissez passer la reine et son amant. »
RANTZAU
0 lâcheté sans nom !
l'officier.
Qu'avec vous je déplore.
RANTZAU
Et croyez-vous qu'elle ait entendu?....
L officier.
Je l'ignore.
Mais, comme fléchissant sous un coup meurtrier, Elle a lâché la bride et vidé l'étrier.
RANTZAU
Dieu!
l'officikr.
Le ministre alors, la voyant qui chancelle, D'un bond impétueux s'est élancé vers elle Dont le pressant danger semblait seul l'efïrayer, Et l'épée à la main, il a pu lui frayer Jusqu'au seuil du palais un pénible passage.
RANTZAU
Courez auprès du roi remplir votre message; Je vous ai retenu trop longtemps.
(L'officier sort.) Les voici.
Entrent la REBi^'K, soutenue par ^XRUfli^SÛE et par EmiMY, GULDB£:RG, Suite.
GULDBERG, à part.
Les maladroits ! ils n'ont qu'à moitié réussi ; C'est à recommencer.
RANTZAU
La rébellion gronde ; Il faut la dissiper sans perdre une seconde ; Venez, messieurs, venez ! le péril est pressant.
Permettez. Le comte est ministre tout-puissant; Aux embarras présents que sa sagesse obvie.