ACTE II, SCÈNE
Dans ton âme loyale et haute, et lui confie, Tranquille, mon honneur, c'est-à-dire ma vie.
Ma vie, à moi, répond de ce dépôt sacré! Avant qu'un soupçon touche à ton front adoré Et qu'un indice ait fait croire, ou supposer même, Non que tu m'aimes, mais simplement que je t'aime, Moi, seul auteur du mal, je m'anéantirai ! Ce sera vite fait, va! je m'arracherai. Pour que ton cœur d'enfant i^arde sa paix profonde, A ta chère présence, à la lumière, au monde!
LA REINE lui serre la main dans les siennes.
Bon et grand ami!... — Mais ce souci généreux, Il faudra l'étendre...
Oui, je sais, au malheureux.
Oui, te recevant pure et belle comme un anire, Aussitôt las du ciel, retournait à la fange. Nous lui devons, n'ayant ni remords ni regret. Pour l'homme la pitié, pour le roi le secret.
LA REINE
Ami, ce n'est pas tout ! — Pour que notre amour suive
En paix son cours heureux, nous lui devons... qu'il vive.
Responsable vous seul, sans aide et sans témoins,
Cette santé fragile est commise à vos soins;
Sa vie à tout instant comme aux dés se hasarde.
Ah! c'est un grand danger... pour nous! prenez-y garde!
Oue le roi soit demain par son mal emporté,
Je suis régente ; c'est pour nous la liberté.
Le pouvoir, tout revers de fortune impossible.
Et nous n'avons plus rien à craindre... C'est terrible!
62 STRUEiNSÉK.
STRUENSKK.
Oh! chère conscience! oh! je t'aime, vois-lu, Pour cette blancheur d'àme et pour cette vertu ! Mais tranquilhse-toi ; mes mesures sont prises. Vois, j'ai pu jusqu'ici calmer toutes les crises.
LA REINE
Mais ne disiez-vous pas : les crises s'apaisant,
Le mal n'en fait pas moins des progrès; à présent.
Il faut combattre, il faut vaincre la maladie.
STRUENSKE.
Oui, j'observe le roi sans cesse et l'étudié. Les soudaines fureurs qui le prennent parfois Sont un grave péril; j'y parerais, je crois. Vienne l'accès prévu,
Tirant un flacon de sa poclu'.
voici qui tout de suite V met fin. C'est pourquoi rarement je le (luitte. Va, si quelque souci là-dessus te troubla. Pars en paix... J'ai du moins rempli ce devoir-lii!
1, A UEIM:, linihliMm'ir.
Celui-lii... comme tous.
Hélas !
LA REINE
Grand cœur que j'aime.
Quand donc cesseras-tu d'être dur à toi-même?