‹ Struensée et la cour de Copenhague, 1760-1772Chapitre 19 sur 42 · REVERDIL A SA MÈRE, A NION · texte numérisé non relu

REVERDIL A SA MÈRE, A NION

Hanau, le 14 décembre 1767.

Ma très chère mère.

Quel empressement que j'aie de vous joindre, je n'ai pu éviter de m'arrêter ici trois jours.

J'y ai trouvé une famille dont je croirais être membre si je restais une semaine de plus, tant on m'y traite avec amitié et distinction. C'est tantseulement Madame la landgrave de Hesse, ses trois fds et ses deux brus, nées princesses de Danemark.

Je n'ai point eu d'autre table que les leurs pendant ces six repas. On m'a prié d'y passer plus longtemps et même d'y passer l'hiver; j'ai répondu que je vous préférais, et que mes compagnons de voyage étaient pressés. On s'est rendu.

Je pars demain plein de reconnaissance pour toutes ces illustres personnes, et aussi plein d'admiration pour la digne maman de la famille. C'est un jugement si sain, une pénétration si sûre , tant d'amour et si peu d'aveuglement pour ses enfants, une fierté personnelle si bien entendue, aucune de celles que donne le rang et la naissance , de la bienfaisance sans faiblesse , une extrême simplicité d'habits : en un mot, ma chère mère, ce que vous auriez été, si vous étiez née dans ce rang, et que vous eussiez éprouvé autant d'adversités.

Je vous embrasse avec des larmes de joie , de tendresse et de respect.

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