ONZIÈME QUESTION
Dans quelle me$ure la culture grande , moyenne et petite , c^rovùtonne-t-elle ou épuùe-t-elle les marchés des villes ? Dans quelle mesure tes pays de grande, moyenne et petite cuiture participent-ils à r accroissement de la population ?
L'influence de la gfande, à% h moyenne et de la petite culture , sur la quantité des produits, peut être diSBcilement appréciée. La grande culture a ses inconvénients , elle ne tire pas du sol^ioui le parti qu'il est possible d'en tirer, elle néglige des productions secondaires, qui ont leur importance. Cependant, c'est à la grande culture que nous devons l'approvisionnement
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de nos principaux marchés de subsistances en grains et bestiaux.
La moyenne culture pourvoit plus directement à rapproybionnemént des villes; ses denrées sont variées^ mais aussi plus coûteuses , la culture à bras participant déjà pour plus de h moitié dans les œuvres de la production, l^ moyenne culture donne peu d'ex-* xaédant; cet excédant se consomme sur place et n'alimente que très rarement les grands centres où va s'approvisionnec le commerce- La petite culture, c'est le morcellement, c'est-àdire, le néant. Non seulement ce mode d'aménagé^ ment de la terre ne livre rien à la consommation générale , mais le peu de produits qu'il donne ne suffît pas même à nourrir les cultivateurs parcellaires. Eu égard au nombre des travailleurs , on n'estime pas à plus de 50 jours de subsistances , le rendement produit par la petite culture. La mise en valeur est donc vicieuse, puisque ces mêmes terrains agglomérés, sagement aménagés et cultivés à la charrue, produiraient plus que ce qui est nécessaire au même nombre, de travailleurs.
La réponse à la seconde partie de la question de M. de Cormenin est traitée dans le livre treizième de cette œuvre. Un excédant de subsistance ne donne pas toujours un accroissement de population , parce qu'il ne suffit pas seulement que le produit existe , mais il faut encore , pour que ce produit ne soit pas
enlevé du pays qui le donne , que les habitants soient assez riches pour le conserver ou le payer. Cependant, il est à remarquer que les contrées de petites cultures donnent un accroissement sensible de population. Cela s'explique surtout , en ce que les parcelles se cultivant à bras , chaque famille a intérêt à voir s'accroître le nombre de ses travailleurs dans une proportion directe au parcellage qui exige plus de main-d'œuvre , quoique , d'un autre côté , il donne moins de produits.
C'est ainsi que les pays de petite culture , en augmentant outre mesure le labeur de l'homme, en multipliant les œuvres dé la production, appellent constamment une augmentation dans le nombre des bras, et, par suite, font accroître les naissances dans une proportion beaucoup plus forte que la somme des denrées alimentaires disponibles.
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