VINGT-QUATRIÈME QUESTION
N'y aurait-il pas lieu de considérer en passant comme moyens auxiliaires de solution économique^ certains appareils de mélange et de cuisson, certaines institutions spéciales de charité, certaines associations de secours mutuels, ainsi que les bureaux de bienfaisance , les ateliers de travaux publics, les taxes et tarifs de pain boulangé, les bons de différence^ les fermes agricoles , les greniers de réserve , les lois de douanes, le commerce des blés , etc.?
Les institutions de charité « les associations de secours mutuels surtout, peuvent avoir la plus salutaire influence sur le sort des populations malheureuses ; mais il ne faut pas , comme en Angleterre , créer une loi des pauvres qui engendre , développe et perpétue le paupérisme- Pour être efficace , la charité doit être intelligente, moralisatrice; il ne faut pas qu'elle soit Taumône qui dégrade , mais le travail qui améliore et régénère.
La bienfaisance publique s'exerce en France sur une grande échelle ; quoi qu'on en ait dit , il est peu de pays dont les habitants soient aussi généreux,
aussi hospitaliers, aussi prodigues, et cependant, faute d' une bonne organisation et d'une juste répartition des secours suivant les besoins réels, les institutions charitables manquent leur but , fonctionnent à contre-sens. Si les 115 millions donnés par le Gouvernement et les communes , si les millions fournis chaque année par la charité privée étaient dépensés avec intelligence en travaux productifs^ non seulement on soulagerait avec efficacité les travailleurs malheureux, mm encore on arriverait promptement à fonder un budget du travail assez riche pour rémunérer tous les ouvriers sans ouvrage* Les fonds provenant des revenus de ces travaux productifs , devraient être spécialisés ; ils deviendraient biêntôtassez considérables pour-qu'on n'eut plus besoin d'avoir recours à la charité individuelle qui est, presque toujours, une cause de désordre. La création de caisses de retraite pour les travailleurs , sera le complément indispensable de l'organisation de la bienfaisance. La loi de l'assistance publique ne sera complète que lorsqu'elle aura non seulement pourvu aux besoins du présent , mais encore assuré les nécessités de l'avenir, lorsqu'au travail créé pour l'âge viril , elle joindra la perspective du repos pour la vieillesse invalide.